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mardi 13 décembre 2016

LE GOUVERNEMENT TRUMP SE RENFORCE . LE MILLIARDAIRE REX TILLERSON FUTUR SECRÉTAIRE D’ÉTAT RENTRE A LA MAISON BLANCHE



Donald Trump, pour qui les affaires priment sur la guerre, a choisi le roi du pétrole, l'un des hommes le plus puissant de ce monde, le PDG d'Exxon Mobil, Rex Tillerson, pour le poste de Secrétaire d'État. Un excellent choix, qui ravit l'Axe de résistance et, rassure les marchés.

En tant que chef d'Exxon Mobil, Tillerson a maintenu des liens étroits avec la Russie et a reçu de Vladimir Poutine l'Ordre de l'Amitié, un honneur pour des citoyens étrangers dignes de confiance et méritant.
Pourtant, ce choix n'est pas allé sans provoquer critiques et inquiétudes dans tous les milieux qui craignent les changements radicaux, entre autres au sein du Congrès pour qui la Russie reste l'ennemi n°1, convaincu que Poutine veut leur ravir la première place du podium.La roue tourne.

Rex Tillerson avait présidé la représentation du groupe en Russie en 1998. En évoquant cette période, le Wall Street Journal, mauvaise langue, souligne qu'il est l'Américain le plus proche de Poutine. Quoi de plus étonnant dans le monde des affaires.
Quoi qu'il en soit, des signaux positifs existent pour un rapprochement avec la Russie et confirment que ce rapprochement est avant tout lié à la relance économique, dont les Etats-Unis ont bien besoin face à leur crise.

Lors de l'introduction des sanctions antirusses en 2014, Rex Tillerson s'était prononcé contre ces mesures, qu'il qualifiait d'abusives et inappropriées,ce qui laisse au moins augurer des changements positifs dans les relations russo-américaines. S'il ne s'agit pas d'une suppression totale des sanctions, Rex Tillerson cherchera au moins à les alléger pour améliorer le développement économique.
En Octobre 2016, les pertes d’Exxon, liées aux politiques de rétorsion économique, s'élèvent à plus d'un milliard de dollars. De quoi revoir sérieusement sa stratégie.

Le gouvernement Trump est constitué de grands patrons, des Généraux, quelques femmes et des conservateurs purs et durs... Donald Trump bouleverse les vieilles coutumes et, porte ses choix vers un bon nombre de personnalités, hors du circuit politique,et curieusement, souvent ceux qui étaient contre sa candidature pour craindre le pire.

Au sein du cabinet : près d'une dizaine de futurs ministres sont très fortunés comme, le ministre du Commerce Wilbur Ross (fortune 2,5 milliards de dollars), Linda MacMahon, en charge des PME, Ex-PDG et milliardaire de catch WWE, ou encore Betsy Devos, ministre de l'Éducation, belle-fille du milliardaire fondateur du groupe de cosmétiques Amway et grande bienfaitrice d’œuvres de charité. Le Ministre du Trésor, Steven Mnuchin, banquier d'affaires et investisseur - Ministre du Travail Andrew Puzder, PDG d'un groupe de restauration rapide - Ministre des Transports Elaine Chao, fille d'un magnat du fret maritime, mariée à un puissant Sénateur. Bref de grosses pointures aguerries au monde des affaires, et avec 120 millions de désœuvrés, ils vont avoir du pain sur la planche.

Quant au futur Secrétaire d'Etat Tillerson, en 41 ans de carrière, il a amassé 218 millions de dollars en actions d’Exxon et, 69,5 millions de dollars dans un plan de retraite. Une situation qui pourrait générer des conflits d'intérêts, quand Rex Tillerson succédera à John Kerry en Janvier 2017. Il a aussi fait des affaires de part le monde notamment au Yémen, en Arabie saoudite et au Qatar. Ce qui pourrait être un atout pour faire pression.

Tillerson aurait acquis également, une réputation de négociateur redoutable. En 2015, il déclarait ; "Le gouvernement russe sait que si je dis non, c'est non. Et en discuter n'y changera rien. Un NON est un NON. Au fil des ans, chacun a gagné le respect de l'autre. Et quand on dit OUI, on sait que l'on tiendra nos engagements." Ce qui est vrai. Rien de plus dangereux qu'un négociateur qui est prêt à se vendre pour quelques miettes.
Ce côté "négociateur déterminé qui ne s'en laisse pas compter " plait à Trump, qui lui-même possède ces mêmes capacités à négocier des contrats, pied à pied et pour qui un euro est un euro. C'est aussi, rassurant pour Trump, de savoir qu'il défendra leurs intérêts avant tout.

Contrairement à Kerry, Tillerson n'accepte pas de s'ingérer dans les affaires des autres pays et, s'est toujours opposé à la politique de Obama en Syrie, en Irak et Afghanistan, n'hésitant pas à le défier au Kurdistan en négociant un contrat pétrolier indépendant avec le gouvernement régional kurde, discréditant ainsi le gouvernement irakien. Sa diplomatie pétrolière a toujours consisté à investir dans des pays offrant une stabilité politique. C'est ce qui fait qu'il est bien vu en Russie dont il adopte la philosophie, pour qui seuls les peuples doivent régler leur divergence avec le pouvoir. Cela évite les chaos provoqués par des ingérences inappropriées et malsaines.

Il fustige d'ailleurs, Paris, Berlin et Washington ainsi que l'OTAN, pour vouloir maintenir les sanctions envers la Russie. Cela commence bien, on va finir par se mettre tout le monde à dos !

Tillerson, après avoir vanté les mérites de la taxe carbone refusée par la majorité des actionnaires, il croit en la réalité des changements climatiques. La compagnie pétrolière, ExxonMobil a publiquement soutenu l’accord signé à Paris lors de la COP21 en 2015 où là encore 81% des actionnaires ont voté contre cette prise de position de crainte de voir leurs revenus diminuer.

Ce qui coincera entre Trump et Tillerson, c’est le libre-échange. Tillerson est un apôtre du libre-échange tout azimut,  il avait déclaré en 2009 :"Le besoin de coopération internationale offre au gouvernement une opportunité de jouer un rôle unique et positif en encourageant le libre-échange. L’histoire nous montre que l’innovation et le progrès économique dépendent de la libre circulation des biens, des services, du capital et des expertises au-delà des frontières.". Tillerson a réaffirmé son ancrage libre-échangiste en 2015 en promouvant le libre-échange dans le secteur de l’énergie.

Certains critique son inexpérience sur le plan diplomatique en disant que représenter son entreprise à l’étranger est une chose, et défendre les intérêts d'un pays sur la scène internationale en est une autre. OK ! Mais quant-on est l'un des hommes les plus influents de la planète, je crois que cela vaut bien quelques piètres diplomates comme Kerry, Johnson, Ayrault, Fabius, et Juppé réunis.

Tillerson est un donateur régulier des républicains. En 2012, il avait soutenu la campagne de Mitt Romney à hauteur de 50.000 dollars. Pour la campagne 2016, anti-Trump, il s’est beaucoup moins investi : il n'a donné que 5.000 dollars à Jeb Bush, le souffre-douleur républicain de Donald Trump.
Comme quoi, Trump préfère avoir ses ennemis à ses côtés.

Le sulfureux John McCain a déclaré à propos de la nomination de Tillerson :
"J’aurai à l’examiner. Vladimir Poutine est un voyou, une brute, un meurtrier, et quiconque le décrit autrement est un menteur." Des critiques excessives de la part d'un homme pour lequel, on a le même diagnostic !

"Un journal m'a reproché de ne pas nommer des gens modestes. Pourquoi ? Parce que je veux des gens qui ont déjà fait fortune !" a expliqué Donald Trump. Sous entendu, ceux-là, au moins, ne chercheront pas à se laisser corrompre ou à voler l'Etat, pour s'enrichir, c'est déjà fait !
Par ailleurs, qui de ces milliardaires s'amuserait à piller l'Etat risquant de ruiner leur économie, et leur propre renommée ?
Il a également choisi ses ministres en lien avec leur profession,et leurs compétences. Est-ce-que Donald Trump a le choix ? Je ne crois pas, on ne combat pas la corruption en reprenant les mêmes gugusses, ou en piochant dans le même panier. On ne redresse pas un pays sur le plan économique avec des politiques qui n'ont aucune connaissance du business, et qui ne se soucient aucunement du gaspillage et des rappels à l'ordre de la Trésorerie. Aux Etats-Unis ce sont des milliards de dollars qui disparaissent sans que nul ne sache dans quelle poche ils sont planqués.

La majorité des élus sont également à la retraite et n'attendent plus rien, leur fortune étant assurée et leur confort aussi, contrairement aux jeunes loups qui visent avant tout leur carrière et leur compte en banque avant l'intérêt du pays. Ces hommes n'ont plus qu'un seul rêve laisser leur nom dans l'Histoire. Mais, seul l'avenir nous dira s'ils auront été une bénédiction pour leur pays.

Par ailleurs, il semblerait que les industriels aient décidé de prendre le pouvoir et de virer du jeu, les politiques amateurs trop va-t-en-guerre. Il ne manque plus que Sarah Palin admiratrice de Marion Le Pen et, fervente admiratrice de Donald Trump, qui dit vouloir ''botter le cul'' de Daesh, après s'être armée jusqu'aux dents et, qui espère certainement une place de choix au cœur de la Maison Blanche, certainement comme Ministre de l'armement !