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samedi 3 septembre 2016

L’ARRÊT DES NÉGOCIATIONS SUR LE TAFTA, UN PIÈGE ÉLECTORALE FRANCO-ALLEMAND

Arrêt pur, simple et définitif des négociations. Après l’Allemagne, c’est au tour de la France de réclamer l’arrêt des négociations autour du TAFTA, et ce n’est pas faute d’avoir déjà émis de sérieux doute quant au traité…

L'accord de libre-échange entre l'UE et les Etats-Unis (TTIP ou TAFTA) continue de faire des vagues. "Il n'y a plus de soutien politique de la France à ces négociations, la France demande l'arrêt de ces négociations", selon Matthias Fekl.

François Hollande a déclaré lors de son discours diplomatique face aux ambassadeurs français que "les discussions sur le traité ne pourront pas aboutir à un accord d'ici la fin de l'année". C'est-à-dire, pas d'accord avant la fin du mandat d'Obama.
Une bonne nouvelle. Cela dit, il est un peu prématuré d'enterrer le TAFTA, parce qu'il va y avoir de très grosses pressions pour que les négociations continuent de la part des atlantistes.



Les dernières déclarations ne sont rien d'autre que de la poudre aux yeux de la part de Hollande et de Merkel une manière de calmer le jeu et donc l'opinion majoritairement contre ce traité pourtant nauséabond mais qui peut rapporter gros. Il se peut que les pouvoirs français et allemand essayent de spéculer sur le thème afin de gagner des voix supplémentaires aux élections, ce dont je doute que nous soyons aussi naïfs.

Les Etats-Unis pensent peut-être qu'ils auront plus de chance avec de nouveaux élus en France et en Allemagne qui seraient moins regardant et plus manipulables. L'espoir des Américains étant que, notamment en France, arrive un nouveau gouvernement qui sera plus disposé à se soumettre aux exigences américaines comme un Sarkozy, un Hollande moins soucieux du peuple et de l' image du pays.



Si les négociations sur le TAFTA échouent pour de bon, il restera le CETA, l'accord économique et commercial global entre l'UE et le Canada qui doit être ratifié par les parlements nationaux et qui fait tout autant de bruit pour son côté tout aussi sulfureux, qui pourrait bien cacher derrière le Tafta.

Paris et Berlin jouent la carte du TAFTA avant les élections qui approchent. Mais comme le soulignent les experts, rien n'est définitif sur la question : les négociations pourraient reprendre avec les nouvelles équipes issues des élections dans les deux pays, pourvu que le peuple ne vote ni Marine ni j.L Mélanchon.