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lundi 27 juin 2016

UN HOMMAGE A UNE ICONE AFGHANE AU DESTIN TRAGIQUE


Qui n'a pas vu ce visage sur le Net qui occupe la toile depuis plus de 15 ans. Tous les internautes l'on vu au moins, une fois. Mais combien parmi vous connaissent son destin. Cette photo occupe mon bureau depuis longtemps. J'ai voulu en savoir davantage sur ce visage douloureux. Et quand, j'ai appris la vie de cette jeune femme, je n'ai pu m'empêcher de pleurer face au destin tragique de cette jeune beauté qui fut maltraitée toute sa vie. Malheureusement, c'est le lot quotidien des femmes au Pakistan. Des vieillards ou des hommes mal pourvus épousent des enfants, les maltraitent, leur offrant pour ultime salut, l'enfer au nom de l'Islam et des traditions barbares et d'une jolie burqa toute bleue grillagée pour qu'elles ne puissent éveiller le porc qui sommeille en chacun de ces hommes archaïques. Avec ou sans burqa, il y a fort à parier qu'elles n'auraient pour ces mâles qu'un profond dégoût et pour certaines, des envies de meurtres. Quant aux jeunes garçons, ils les livrent dés l'âge de 10 ans, à la prostitution. Comment ne pas comprendre les militaires européens qui ont séjourné dans ce pays et qui croyaient avoir tout vu. Quand mon doudou, me disait n'avoir jamais rencontré d'hommes aussi arriérés et dépourvus de conscience, les mots sont faibles. Voilà pourquoi, je ne supporte pas les gens qui se plaignent pour quelques épines. Il est difficile de s'apitoyer pour n'importe quoi, lorsque l'on a vu de prés la vraie souffrance, celle que des milliers de femmes subissent au quotidien sans jamais se plaindre. Préférant se taire que de mourir dans les pires conditions parce que des hommes s'octroient le droit de les briser dés leur plus jeune âge, sans que cela n'émeuve personne. Hitler n'a vraiment rien inventé et la relève est depuis longtemps assurée ; en Israël, au Pakistan et ailleurs. En enfer, une fois tous réunis, ils devraient pas se sentir seuls !

UN DESTIN TRAGIQUE
Cette photo a fait le tour du monde. De grands yeux d'un vert clair vous transpercent, un regard intense, hypnotique, envoûtant, tragique et digne. Un regard qui vous scrute et qui incarne la détresse et une grande lassitude, mais aussi un regard profond et fier. La tête recouverte d'un voile orangé qui valorise un visage parfait sous la lumière dorée d'un matin d'automne. La beauté tragique de cette madone afghane a fait la UNE de National Geographic. Ce portrait fut la photographie la plus importante et la plus connue dans toute l'histoire du magazine.
Gula Sharbat devint – bien malgré elle – une icône internationale. L'illustration de l'innocence perdue, diffusée à des centaines de milliers d'exemplaires sur toute la planète. Un regard et une histoire que l'on ne peut pas oublier.

UN PHOTOGRAPHE AMERICAIN SOUS LE CHARME
En 1984, dans un camp de réfugiés, près de Peshawar au Pakistan. Steve McCurry, grand photographe américain effectue un reportage dans une école de jeunes filles. Sous une tente à l'écart, il est fasciné par une jeune femme de 18 ans, au regard inquisiteur, pénétrant et envoûtant. Une icône mariée de force à 14 ans, à un homme trop vieux pour elle. La belle Gula Sharbat n'avait jamais été photographiée de sa chienne de vie. L' avait on seulement, regardé une seule fois. Aux yeux du monde, elle deviendra pourtant la plus belle des femmes afghanes. Une descendante Aryenne, qui nous parle en silence de nos origines, qui aurait aimé vivre une autre vie, ailleurs, en d'autres temps, sous d'autres cieux.

APRES L'AVOIR RECHERCHE, 20 ANS APRES, IL L'A RECONNAIT
En 2002, Steve McCurry retourne en Afghanistan, après l'avoir longtemps recherché. Il retrouve Gula Sharbat. Le dernier cliché qu'il réalise alors, sera terrible. Il reconnait son regard absent, détaché du monde, les mêmes yeux verts, mais les traits durcis d'une femme meurtrie, détruite, et anéantie, par les horreurs de la guerre et par une vie qui n'a jamais été un conte de fée, juste une vie tragique. À 38 ans, cette madone incarnée est devenue une vieille femme qui n'attend plus rien de la vie ni des autres. Un mariage douloureux, une enfance inexistante, des grossesses prématurées, des fausses couches, et pour finir la mort de sa quatrième et dernière fille et, un vieil épouvantail comme mari, toujours violent. Une vie de bagnarde sans joie ni rêve.

Gula Sharbat, n'a pas eu la chance de naître sous un ciel plus clément, dans un peuple plus civilisé et moins endoctriné. Elle devient orpheline à 9 ans à la suite de l'invasion de l'Afghanistan par les Soviétiques, puis par les Talibans et les américains. Son village est bombardé et ses parents tués. Elle n'a pas d'autre choix que de s'enfuir avec ses frères, ses sœurs et sa grand-mère. Ensemble, ils franchissent les montagnes et rejoignent à pieds, dans la neige, en plein hiver, le camp de réfugiés de Nasir Bagh au Pakistan, où la célèbre photo sera prise 8 ans plus tard…Entre temps, sa grand-mère l'avait vendu au plus offrant des maris potentiels. Il est vrai que des filles ne rapportent rien. A 14 ans, elle sera forcée d'épouser un vieux boulanger, trimant du matin au soir, violée par ce mari pervers tout en continuant à se taire.

UNE ICONE INOUBLIABLE , UN VISAGE IMMORTEL
Alors que sa photo a fait plusieurs fois le tour du monde, des millions de T-shirts et de posters ont été vendus à son effigie. Et si Gula n'a découvert son effigie que 20 ans plus tard à sa grande surprise, elle a reçu, de la famille McCurry qui avait réussi à  l'a retrouver, une aide financière régulière, assortie d'un suivi mensuel afin de s'assurer qu'elle en disposait vraiment et qu'on lui volait pas ce revenu. Cela perdura, jusqu'en 2015, pour lui assurer un minimum de bien-être pour elle et ses trois enfants.

EN 2016 , GULA A AUJOURD'HUI, 46 ANS
Elle a pu survivre grâce au soutient des McCurry, mais surtout à cette photo, qui l'avait propulsée telle la Joconde à la tête de toutes les meilleurs ventes du magazine National Géo. Icone éternelle dont la photo circule toujours malgré les années. Gula,  dans son malheur au quotidien, avait découvert que depuis longtemps des milliers de personnes l'admiraient et pensaient quelques instants à elle, même si elles ignoraient tout de son triste destin. Elle sait aujourd'hui, à 46 ans, qu'elle existe ailleurs dans les cœurs, quelque part dans le monde, loin de l'enfer que des hommes incultes lui ont inventé.
Mais voilà, Islamabad n'a plus voulu de ces réfugiés devenus trop encombrants, et les a poussé vers la porte de la sortie en les invitant à rentrer dans ce pays que Gula, un matin d'hiver, a quitté il y plus de 30 ans. Gula Sharbat, comme ses semblables, a été obligée de reprendre la route pour l'Afghanistan. 
Mais voilà, depuis plus d'un an, plus personne n'a de nouvelle de Gula. Personne ne sait si elle est parti seule ou avec sa famille, si son vieux mari est mort. Le visage Aryen le plus beau et le plus connu du monde, depuis plus de 30 ans... a disparu de cette scène tragique. 
Le rideau est tombé sur une histoire douloureuse parmi tant d'autres. Impuissants face à tant d'épreuves douloureuses, d'injustices, de cruauté et d'indifférence, nous ne pouvons que lui souhaiter d'avoir trouvé enfin, la paix et un peu de bonheur qu'elle n'a pas volé. Pour moi, Gula est toujours sur mon bureau et elle incarnera encore longtemps, mes ancêtres lointains, une grande civilisation que l'histoire a un jour effacé ; il y a déjà, bien longtemps et dont elle aurait été fière d'être l'une des descendantes.