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samedi 7 mai 2016

L'AFFAIRE PANAMA PAPERS ET LE LANCEUR D'ALERTE ATTEND QUE LES GOUVERNEMENTS PROUVENT LEUR BONNE FOI

Le feuilleton Panama-Papers est toujours d'actualité et apparemment rien ne se perd en route.
Le lanceur d'alerte a l'origine du scandale des "Panama Papers", connu sous le pseudonyme de John Doe, a choisi de donner des informations sur lui et sur ses motivations. Il explique n'avoir jamais travaillé pour un gouvernement ou un service de renseignement, que ce soit directement ou en tant que consultant. Son identité et sa nationalité restent protégées tant qu'il n'aura pas toutes les assurances pour sa sécurité. Par ailleurs, ce n'est pas n'importe qui, car il est très bien informé sur les situations politiques des Etats-Unis et du Royaume-Uni.
John Doe explique pourquoi, il a livré 11,5 millions de documents, prouvant les pratiques illégales de nombreuses entreprises et personnalités, orchestrées par le biais de la société panaméenne Mossack Fonseca. "J’ai décidé de dénoncer Mossack Fonseca parce que j’ai pensé que ses fondateurs, employés et clients avaient à répondre de leur rôle dans ces crimes, dont seuls quelques-uns ont été révélés jusqu’à maintenant". Il se dit également prêt à coopérer avec les autorités dans la mesure ou on lui en donne les moyens. John informe que la remise complète des documents se fera sous certaines conditions, méfiance oblige. Il demande donc aux gouvernements de mettre en place des protections juridiques pour les lanceurs d'alerte, une manière de prouver leur bonne foi. Il veut ainsi éviter de tomber dans le piège et, de voir sa vie réduite à néant, pour avoir dénoncé des milliers d'escrocs, citant, entre autres, les exemples d'Antoine Deltour, dans l'affaire LuxLeaks, ou encore Edward Snowden, qui avait révélé le scandale des écoutes de la NSA et, pour lesquels rien ne fut fait pour assurer leur protection, tant ils mangent tous dans la même gamelle.
Pour John, l'heure est venue pour mener une action véritable afin de changer le système devenu véreux, celui que l'on appelle ultra-capitalisme, mais qui est aujourd'hui plus proche de l'esclave économique, pour le bien-être de quelques industriels à caractère mafieux avec la complicité de nombreux politiques corrompus. "Ils auront à répondre de leurs crimes." On est loin du simple dépôt bancaire du particulier qui veut protéger ses quelques milliers d'euros des taxes abusives liées à un état devenu trop gourmand pour avoir trouvé un plan facile.

Il s'agit dans cette affaire d'une importante base de données qui inclue des informations très importantes sur plus de 200.000 sociétés, trusts, organisations, et fondations immatriculées dans 21 paradis fiscaux, de Hong Kong en passant par le Nevada aux Etats-Unis, qui blanchissent, planquent ou détournent des millions d'euros.
Depuis plus d'un mois, ces révélations ont provoqué l'ouverture de nombreuses enquêtes sur le globe et conduit le Premier ministre islandais et, un ministre espagnol à la démission. De nouveaux articles restent à venir. Les millions de documents des "Panama Papers", qui ont mis au jour un vaste scandale d'évasion fiscale sur le globe, seront accessibles au public à partir du 9 Mai.

Le directeur général de Société générale sera entendu le 11 Mai par la commission des Finances du Sénat, spécialisé dans la création de sociétés offshores dans des paradis fiscaux. Multiricidiviste, il est accusé de "blanchiment de fraudes fiscales aggravées" par le Parquet national financier.
La Société générale est la quatrième banque derrière HSBC, UBS et le Credit Suisse à avoir eu le plus recours à Mossack Fonseca : elle a créé 979 sociétés offshore, via le cabinet d'avocats panaméens, pour le compte de clients.Tout en assurant que seules quelques dizaines d'entre elles seraient encore en activité et qu'elles seraient gérées de façon "totalement transparente". Ce directeur général qui n'a cessé de mentir depuis 2012, a de toute évidence un gros problème avec la transparence.
Son ex-trader Jérôme Kerviel, qui est devenu sa bête noire depuis plusieurs années, pour avoir voulu lui faire porter le chapeau, l'a ouvertement accusé de multirécidivisme pour persister à cumuler les infractions.
Cette banque, marquée au fer rouge, et qui ne manque pas d'air, a annoncé, afin de sauver la face, qu'elle allait engager des poursuites en diffamation contre Jérôme Kerviel. Qui ne tente rien n'a rien !. Souhaitons que Jérôme Kerviel, dont j'admire le courage et la ténacité, obtienne enfin réparation. Les mensonges éhontés de la hiérarchie de cette banque, son arnaque aux fonds publics d'1,7 milliard d'euros vont devoir se payer au prix fort. Les nouvelles enquêtes montrent que la banque était bel et bien au courant des positions de son trader Jérôme Kerviel. Les documents de Panama prouvent que Jérôme n'a jamais menti. La direction  savait la vérité, et où l'argent s'envolait. Reste à savoir si la justice, qui est tout aussi responsable de ce fiasco, va enfin faire son travail et le blanchir définitivement. Car en voulant blanchir 1,7 milliard, ils n'ont pas hésité à mentir effrontément, à le salir et à le broyer pour assouvir leur cupidité maladive.