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mardi 10 mai 2016

CANADA : LA VILLE DE FORT MACMURRAY ENCERCLÉE PAR UN OCÉAN DE FEU. MAIS EST-CE LA SÉCHERESSE LA SEULE COUPABLE


Quand la nature se met en colère faute d'eau. La forêt boréale est extrêmement sèche. Il y a un niveau d’humidité très faible et des vents violents et imprévisibles qui changent de direction soudainement ; des conditions parfaites pour des feux de forêt. Mais est-ce vraiment la sécheresse qui est la seule coupable ?

Il faut savoir que dans cette région, les enjeux, environnementaux et économiques, sont considérables. L'extraction des sables bitumineux (un mélange de sable et de pétrole brut très visqueux et très dense), dont les principaux gisements se trouvent dans la province de l'Alberta,détruit des forêts et des zones humides, pollue les sols et les eaux, tout en générant des rejets de gaz à effet de serre très supérieurs à ceux des forages pétroliers conventionnels.
Le porte-parole des services contre les incendies en Alberta, Chad Morrison, s’attend à un très long combat : sans au minimum 10 centimètres de pluie, la lutte pourrait prendre des mois selon lui, en précisant qu’une telle échéance n‘était pas rare pour des incendies de cette ampleur. Les flammes se rapprochent maintenant dangereusement d’importantes exploitations pétrolières à 50 km de la ville, où la production a déjà été arrêtée. Un coup dur pour les compagnies pétrolières dont la production va tomber de près de moitié, avec des évaluations de 1 à 1,5 million de barils par jour, et par conséquence pour la région frappée de plein fouet par la chute des cours du brut depuis deux ans.


Si la ville de Fort McMurray a été en grande partie sauvée ou épargnée, plusieurs quartiers ont été entièrement ravagés. Près de 500 pompiers sont toujours mobilisés, pour protéger le centre-ville et certaines infrastructures vitales. L'incendie gigantesque qui ravage cette région du Canada, dépourvue d'humidité, a déjà détruit plus de 205.000 hectares de forêt : soit un tiers du Finistère. Ils ont baptisé cet incendie ''la bête''. Une ''bête'' que la bête humaine irresponsable a du mal à combattre !
Construites en bois, plus de 2000 maisons sont parties en fumée ainsi que divers locaux. Elles étaient, dans leur immense majorité, situées dans les faubourgs de la ville.
Par mesure de prudence: les autorités ont annoncé que les évacués ne pourront pas rentrer chez eux avant deux semaines. Enfin, pas tous, plus de 2000 familles ont tout perdu !. Elles vont devoir prolonger leur séjour en centre d'hébergement.
Des pans entiers de la ville sont désormais à reconstruire.Et cette fois, ils vont devoir construire en dur , car le bois ça brûle !!!
Ensuite, ils vont devoir s'accoutumer à l'eau et a l'air chargé en carbone qui seront fortement contaminés et vivre au milieu d'un écosystème fortement détruit. Sans oublier que de tels brasiers laissent derrière eux des cendres corrosives et des métaux lourds toxiques. Pour avoir brûler des produits fabriqués à partir d'hydrocarbures comme les panneaux de vinyle, les tapis en nylon et des produits chimiques conservés dans les maisons. Le feu incinère la plupart de ces matériaux comme les réfrigérateurs, cuisinières, machines à laver,...Mélangées avec de l'eau, ces cendres sont aussi corrosives que du nettoyant à four. De plus, ces cendres sont contaminées avec des métaux, certains d'entre eux toxiques :arsenic, plomb, cuivre, zinc et chrome. Les particules de cendres des incendies urbains sont facilement inhalées, ce qui ne facilite pas les choses.
Ils ont détruit l'environnement en moins de temps qu'il faut pour le dire, pour avoir déboisé massivement sans se soucier des conséquences au futur. Aujourd'hui, ils ont la réponse. Ils vont devoir apprendre à vivre sur un caillou et se passer de verdure et d'oxygène !


Côté dégâts : s’il est encore trop tôt pour évaluer le coût des dégâts matériels, on sait déjà que la note sera salée pour les assureurs. La Banque de Montréal estime déjà la facture à environ 6 milliards d'euros, un record pour une catastrophe naturelle au Canada. Et, l’État devra également débourser des centaines de millions d’euros pour la reconstruction des infrastructures réduites en fumée ou endommagées. Le gouvernement provincial a déjà débloqué 68 millions d’euros pour répondre aux premières nécessités d’urgence des personnes évacuées.
Par ailleurs, ils n'auront plus à se préoccuper dans cette région de la gestion des feux de broussailles ou de végétation. La lutte contre de tels feux sera désormais beaucoup moins coûteuse.
Quant au feu , il continue sa course au Nord, bien décidé de réduire leur peine !

Les citoyens de Los Angeles sont déjà assis sur une méga bombe avec la faille San Andréas, le Canada s'enflamme, moi, je dis que ça sent le brûlé, reste à savoir à qui le tour !
J'ai tout de même une pensée pour les réfugiés Syriens qui viennent en aide aux Canadiens échaudés. Après s'être réfugiés au Canada pour ne plus avoir à subir les feux d'artillerie, les voilà confrontés aux feux de forêts. Pour avoir voulu fuir devant l'ennemi, on est rattrapé par son destin. Il y a des karmas qui vous brûlent et vous collent à la peau !