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vendredi 13 novembre 2015

LES TAMBOURS JAPONAIS, UN ART MARTIAL ARTISTIQUE ET PARFAIT




En écoutant un CD , j'ai voulu consacré un article à cet art que je connais depuis plus de 25 ans grâce à mon compagnon musicien. Ayant toujours aimé davantage les percussions au saxo, pour avoir grandi en Afrique et au Maroc, j'ai accroché immédiatement au Daïko dont les sons sont autrement plus...percutants que ceux des Tambours du Bronx qui me stressent au bout de 15 minutes !
Cet art Japonais est très ancien. Dés le 15ème siècle, le Daïko (ensemble de tambours) et Taïko (tambour seul) ou encore wadaïko a vu son usage croître et sa maîtrise s'enrichir au fil du temps.
Le mouvement fut créé en 1971. Suite à des discordes, une nouvelle troupe est fondée officiellement en 1981 et prend le nom de Kodo

La compagnie Kodo a donné à ce jour, plus de 3600 concerts aux quatre coins du monde.
Le taïko est avant tout un tambour. C'est donc un mélange de percussions et d'arts martiaux sans lesquels, il est impossible d'atteindre ce niveau de haute technicité. Une alliance entre endurance, précision, puissance, rapidité, synchronisation et performance.
Les musiciens sont souvent renouvelés, car il est très difficile de s'y consacrer entièrement quant la vie vous appelle ailleurs ou que l'on se marie. Les musiciens-athlétes se forment au sein d'une école spécifique au Japon. Les Tambours de Tokyo, est une appellation Française.
Les Japonais préfèrent nommer leur tambour wadaiko, qui signifie tambour japonais, associé depuis longtemps à leur histoire.
Quant à leur formation , elle se nomme en Japonais : O edo Sukeroku taïko, qui signifie les Tambours Japonais.



Le Daïko désigne les différentes sortes de tambours au Japon, dont le taiko traditionnel, en bois, est en forme de tonneau dont une ouverture est recouverte par une peau de daim ou de cheval. Ces instruments sont joués avec des baguettes courtes ou des mailloches. Le terme général pour tambour est Taiko, qui se change en daiko quand avec un préfixe, il désigne un ensemble de taiko.
Shime-daiko est un terme général qui désigne les tambours dont les cordes sont tendues par encordage, aujourd'hui par visserie ou tourillons.
Le nagado-daiko est aujourd'hui le plus répandu des taiko, il est un instrument de fêtes, mais aussi de cérémonies religieuses. Il a un fût long et un son très réverbéré.
Le odaiko est un nagado-daiko géant
Les hira-daiko sont des tambours à fût court. Il sont en général de petite dimension mais certain peuvent être surdimensionnés.
Les byou-daiko ou  byou uchi-daiko sont taillés dans un seul bloc avec des peaux clouées.
Les oke-daiko, ou  okedo ont un fût en lattes assemblées et des peaux tendues par des cordages
Le tsuzumi est un instrument de la musique classique japonaise. C'est un tambour en forme de sablier. Les deux membranes sont fixées sur des cercles de bois plus larges que les orifices du fût. Un cordage relie les deux cercles et on peut varier la hauteur du son d'une main sur le cordage.
C'est un art martial artistique et sport et une philosophie. Il est nécessaire de s'astreindre à une certaine discipline de vie rigoureuse. Le taïko fait appel à toutes les parties du corps, des muscles à la voix et le respect entre les musiciens est un plaisir à voir.
Pour obtenir un son parfait, cela demande une grande maîtrise du corps, un ancrage et une stabilité du bassin qui permet une grande souplesse dans les gestes et d'obtenir une paix et une joie intérieurs profondes . C'est en cela que le taiko est considéré, selon les sensibilités comme un art martial, une méditation, une musique ou une danse. Personnellement, je considère cet art comme martial artistique et méditatif.


Kodo, c'est le nom de la troupe de joueurs de tambours japonais, la plus prestigieuse de l'archipel nippon. Les musiciens sont reconnus comme étant l'élite des joueurs de tambours japonais voir des tambours tout court !.
La beauté du geste, amplifiée par une mise en scène en sept tableaux conçus et perçus comme des œuvres d'art, la puissance la coordination et la précision du mouvement des 14 jeunes musiciens (12 garçons et 2 filles depuis peu) sont le fruit d'un entraînement physique intense, mais aussi d'un fort engagement spirituel. Sans cela comment expliquer le combat titanesque que livre le puissant tambourinaire Yosuke Oda contre le tambour géant pesant pas moins de 370 kg, à la peau parfaitement tendue. Si tendue, qu'il est difficile d'obtenir un son sans y être entraîne.
Un art époustouflant face auquel les tambours du bronx peuvent aller s'habiller chez Emmaüs !

Sur Youtube : vous pouvez écouter des démonstrations de la compagnie Kodo : '' O.Daïko '' ou encore '' Spirit of Taïko ''. Le TAO est magnifique ! . Vous découvrirez également un groupe Japonais tout aussi sympa ! '' Japanese drum group''