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lundi 30 novembre 2015

LE YABUSAME : LE TIR A L'ARC A CHEVAL, UN SPORT DE HAUT NIVEAU.




Yabusame se dit ''Yabusamé'' .
Le Yabusame est l'art de tirer des flèches sifflantes sur une cible fixe à l'arrière d'un cheval au galop.
Il fut retrouvé, un écrit datant du 9ème siècle qui relate déjà l'existence cet art martial.Durant la période Heian (794-1192), le Yabusame connaissait déjà ses lettres de noblesse, notamment avec les archers de la garde royale. Puis avec le temps, ce sport fut pratiqué par les Samouraïs.
Le Yabusame débuta à l'occasion de la formation militaire combinant l'équitation et le tir à l'arc.
Mais, il est fort possible que cette coutume fut observée bien plus tôt.
Cette pratique du tir à l'arc à cheval, fut développée et maitrisait dés le 10ème siècle. Les samouraïs s'affrontaient lors de duels d'archers à cheval. Ils chevauchaient l'un vers l'autre et essayaient de décocher au moins trois flèches. Ces duels ne se finissaient pas nécessairement par la mort, tant que l'honneur était sauf.
Il s’agit, assez simplement, d’une technique de tir à l’arc, mais à cheval. Technique qui fut affinée au fil des expériences.



En résumé, un cavalier est sur un cheval lancé au galop sur une piste de 255 mètres de long. Équipés de flèches sans pointe, les cavaliers doivent, durant cette course effrénée, atteindre trois cibles en bois disposées à intervalles réguliers.
Lorsqu’il approche d’une cible, il charge son arc, le monte au niveau de son oreille et tire en criant un mantra «In-Yo-In-Yo» (obscurité/lumière).
La cible la plus facile à atteindre est généralement la première, si le cheval se déplace rapidement, il devient vraiment difficile, en se plaçant sur l'arrière, de tirer sur la prochaine cible, surtout si l'archer est légèrement déséquilibré. Mais les archers les plus expérimentés atteignent très souvent les trois cibles et ceci quelque soit la rapidité de leurs chevaux. Ce qui n'est pas le cas des débutants.


La grande difficulté réside dans le fait de pouvoir toucher les 3 cibles et les faire partir en éclat en un minimum de temps. Entre chaque cible, l’archer à moins de 3 secondes pour réarmer son arc et tirer, le tout sur un cheval lancé à pleine vitesse. Autant dire, que ce n'est pas à la portée du premier venu. Ce sport demande des qualités concentration, self-contrôle, rapidité, maîtrise du corps et des gestes ainsi que mental. C'est un excellent cavalier qui est en parfaite coordination, ou harmonie avec son cheval. Le tout étant lié au Bushido, qui est le code d'honneur des samouraïs.
Pour parfaire la maîtrise du tir à l’arc à cheval de ses samouraïs, le shogun Minamoto no Yoritomo impose au début de la période Kamakura (1192-1334) , les cavaliers-archers avaient pour rôle d’entraîner les samouraïs afin qu'ils soient en forme pour la guerre.

Le Yabusame en tant qu'art martial permettait aux samouraïs d'apprendre à se concentrer, à être beaucoup plus disciplinés, moins anarchiques et moins violents. Le Zen enseignait des techniques de respiration pour renforcer et apaiser l'esprit et le corps. Être capable de bander son arc dans le plus grand calme sans exprimer la moindre peur, puis viser et tirer, et recommencer immédiatement, dans la fureur d'une bataille, démontrait la grande maîtrise du samouraï. 
Les cavaliers-archers, après une période d'incertitude, réapparurent à l'Époque d'Edo (1600–1867), grâce à Ogasawara Heibei Tsuneharu, à la demande du shogun Yoshimune Tokugawa. Étant donné que la nation était en paix, le tir à l'arc comme les autres arts martiaux militaires devinrent davantage une méthode pour renforcer son mental qu'un entraînement militaire dénué de spiritualité.
Parfois des samouraïs se sont donnés la mort par seppuku (Harakiri en Français)- en raison de performances très médiocres. C'était une question d'honneur pour eux comme pour leur famille qui pouvait se retrouver à la rue si le samouraï était désavoué par le shogun. Mais ce n'était pas chose courante !
L’arc est depuis toujours un symbole de maîtrise de soi aussi bien pour les Japonais que pour des peuples qui manient encore l'arc en Afrique. Savoir manier un arc correctement, permettait de vivre et de se protéger.




Le Yabusame, contrairement à ce que l'on raconte sur la toile est bel et bien un sport de haut niveau dont la pratique est très difficile. Des femmes ont désormais accès à ce sport mais la pratique diffère et elles ne bénéficient pas du cérémonial shinto.
Il y a également des cavaliers qui pratiquent le Yabusame les yeux bandés ou qui corsent ce sport en tirant sur des bougies ou des feuilles de papier réduites au minimum.
Il est étonnant que tous les européens parlent de rituel dés que l'on aborde un sport Japonais. Est-ce que le football, le basket sont des rituels ? Si une compétition de judo fait l'objet d'une bénédiction avant que celle-ci est lieu, est-ce que cela fait de ce sport un rituel ?.
Les rituels sont seulement des cérémonials d'ouverture liés à la religion. Ensuite, vient le sport et ses règles !
Les chevaux utilisés sont formés exclusivement à cet art afin d'être parfaitement synchronisés avec le tireur. Les chevaux de course sont également utilisés, c'est juste une question de moyens financiers. Les cavaliers montent à cheval dés le plus jeune âge, afin d'apprendre à galoper sans tenir les rênes, debout dans les étriers traditionnels et ils doivent faire totalement confiance à leurs chevaux.
L'écurie : avant toute compétition les chevaux sont placés en boxe et ils sont minutieusement contrôlés ainsi que le matériel, arc et flèches.

Pendant l’époque de Kamakura, alors que les pouvoirs civils et militaires sont réunis dans les mêmes mains, le samouraï acquiert statut et prestige. Mais au fil des décennies, rien n'allait plus.
Avec la disparition progressive des guerres civiles, puis des Samouraïs, et l’arrivée des armes à feu fournies par les marchands d'armes européens, la pratique du Yabusame tombe en désuétude vers le 18ème siècle.
Aujourd'hui deux écoles, Ogasawara ryu et sa rivale Takeda ryu, continuent à perpétuer la tradition du Yabusame. Un ensemble de règles, compilées dans un manuel nommé "Yabusame-shahou", a permis la transmission des principes ancestraux de cet art martial. Le Yabusame est souvent pratiqué et donne lieu à des compétitions, à l’occasion des fêtes religieuses ou pour amuser les dignitaires étrangers et des chefs d'état en visite au Japon.
L’une des plus importantes est organisée chaque année au mois d’Avril par l’école Takeda ryu à Kamakura (à une heure de Tokyo) dans le sanctuaire Tsurugaoka Hachiman-gu. Ces événements spectaculaires par leur mise en scène des cérémonials et le talent des jockeys, comme ils sont appelés par les Japonais, attirent les foules, venues admirer les prouesses de ces cavaliers-archers peu ordinaires qui rappellent les exploits des samouraïs d'antan.
On peut voir également une compétition à Asakusa, dans le magnifique Parc de Sumida. Quel que soit l'endroit où cela se déroule, le spectacle vaut vraiment le détour.
La cérémonie de Yabusame réalisée au mois de Novembre au Kasama Inari Jinja et qui utilise les rites de la Hachimangu Tsurugaoka (Kamakura) et du Toshogu (Nikko), est considérée comme l'une des trois grandes cérémonies de Yabusame de la région du Kanto au Japon.
Chaque année pour l'événement,plus de 100.000 passionnés se rassemblent au Jinja Kasama Inari, jouissant d'un véritable tableau vivant des guerriers Kamakura, ainsi que d'une représentation historique.


L'inuōmono ( chasse aux chiens) était un tir à l'arc à cheval pratiquait sur de pauvres chiens. La pratique du Inuoumono ne suggère pas que les Samouraï étaient particulièrement cruels envers les chiens. Les chiens de combat furent utilisés à des fins militaires et des animaux de toutes sortes furent sacrifiés aux différents dieux.
Les bouddhistes, pour qui toute vie est sacrée, persuadèrent les samouraïs de rembourrer leurs flèches afin que les chiens ne soient pas tués. Ce sport est interdit aujourd'hui. Mais les flèches sans pointe sont restées.
L'Inuomono continua à être pratiquée au Japon jusqu'en 1879, le président américain Grant, en compagnie de l'Empereur du Japon, assista à une démonstration.

Le Kasagake était utilisé pour aiguiser des compétences des guerriers tirant à l'arc à cheval. Comme le Yabusame, le Kasagake est constitué de trois cibles (trois de même taille sur le côté gauche de la course du cheval), mais de différentes tailles et positionnées à différentes hauteurs, l'archer doit tirer des deux côtés du cheval.
Autres arts martiaux pratiqués à cheval : le Naginata, avec hallebarde : le Tachi Uchi avec un sabre : et le Yari avec une lance.