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samedi 28 novembre 2015

LE KYUDO, LA VOIE DE L'ARC EST NE DU KYUJUTSU



Passionnée par les art martiaux et le tir à l'arc en particulier, c'est un sport que j'ai pratiqué pendant plus d'un an, lorsqu'il a débarqué en France. J'ai dû y mettre un frein car l'enseignement en France ne correspondait pas à ce que je recherchais. Il ne suffit pas de tirer à l'arc, de viser une cible et d'étaler ses prouesses, cet art est beaucoup plus complexe que cela. En fait, il faut être né Japonais pour en comprendre toutes les subtilités et les aplliquer.
Comme dans toute civilisation, le caractère des individus est forgé par l'éducation, le passé, les habitudes traditionnelles. Au Japon, le respect de l'autre est une valeur forte. Les Japonais ont su, mieux que quiconque, créer une hiérarchie dans laquelle on voue à l'ancien, qui possède la connaissance, un respect absolu.
Le Japonais se ressent d'une dimension spirituelle, donc d'une culture et d'une tradition inaccessibles aux étrangers ; ce qui ne facilite pas du tout les choses, car quoi que l'on fasse la spécificité de leur pensée reste immuable. Sur le chemin de la tradition, sacré et profane sont indissociables. 
La tradition, nous la rencontrons dans tout ce qui touche l'art et, plus particulièrement, dans le Budo, l'art floral, le thé et bien d'autres domaines.
Après la dernière guerre mondiale, l'arc, comme les autres disciplines du Budo, a subi un changement, notamment dans la technique. Contraints de ne plus faire référence directement au passé guerrier, mais en s'inspirant des écoles traditionnelles, les maîtres Japonais créent après bien des hésitations un système simplifié pour les européens, mais vide de l'essence et du cérémonial des écoles japonaises. Ce sera le Kyudo version aseptisée. Cette nouvelle technique, les Japonais  allaient pouvoir l'enseigner aux européens.




LE KYUDO UN SPORT AVANT D'ÊTRE UN ART
Le kyudo est un sport d'agrément, apparu en France, il y a une trentaine d’années. Le tir d'agrément se dit shagei, il est issu du Kyujutsu. Aujourd’hui, en Europe, le plus ancien des arts martiaux, dont le nom signifie «la voie de l’arc», est relativement méconnu.  Il y a environ 600 passionnés pour qui cette discipline et perçue comme un sport avant d'être un art pour n'avoir qu'un seul but, planter ses jolies flèches dans une cible et marquer un maximum de points. En comparaison, le Japon compte quelques 130000 licenciés pour qui cette discipline est enseigné comme un art avant d'être un sport, pour inclure la dimension spirituelle.
Cette discipline est considérée comme la plus confidentielle des arts martiaux et aussi la plus pure pour être emprunte de zen et de shinto.
C'est ce qui fait toute la différence.  Judo, aïkido, kendo… dans les arts martiaux en «do = la voie», le processus prime sur le résultat. Du moins, à l’origine. Ce qui n’est plus forcément vrai, pour les sports devenus olympiques, au grand désespoir de la court impériale, mais qui l’est toujours pour le kyudo.




LE KYUDO ET KYUJUTSU

Le kyudo trouve son origine dans le kyujutsu, un art guerrier pratiquait par les Samouraïs à l'époque médiévale.
La philosophie du kyudo est résumée par ses trois buts: la vérité, la vertu et la beauté. 
le Kyudo est aussi pratiqué dans toutes les cérémonies shinto. Le tir au but reste toujours secondaire, l'accent est placé sur l'union de l'homme et du ciel. En Europe, le Kyudo est une version soft, aseptisée où le shinto et le bouddhisme sont absents, et donc, les techniques d'approche différentes.
Le Kyujutsu : ou le tir à l'arc guerrier, celui-ci utilise un arc plus court, étudié pour une plus grande efficacité. Cet art, purement technique et physique, était pratiqué par les Samouraï.
Si le kyujutsu est un art martial très ancien, le kyudo est très récent, puisqu'il fera son apparition dans diverses écoles à partir du 17ème siècle. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale, suite au désarmement imposé par l'occupant américain, qu'une fédération japonaise de kyudo (la Zen Nippon Kyudo Renmei) voit le jour. Elle allège les enseignements afin de les adapter aux européens et établit une pratique commune afin de permettre des compétitions. 
Le Kyudo ; l'arc est plus long, il mesure autour de 2,20 m.
La poignée est placée de façon asymétrique au tiers inférieur de l'arc pour un tir à genou ou à cheval.
Cet arc, moins fonctionnel qu'un arc court, est pourtant conservé par les archers, car ses défauts sont compensés par ses matériaux naturels, la simplicité de sa forme presque primitive, son élégance et sa beauté.
Pour le pratiquant japonais de Kyudo, l'arc et les flèches sont des objets de vénération (Tempyo), investis de spiritualité et utilisés avec respect.




Ce sport considéré au Japon comme étant un agrément et non plus un art guerrier, implique une discipline corporelle, émotionnelle, mentale et spirituelle, si on est bouddhiste ou shintoïste, elle permet de mieux gérer son stress, de conserver son self-contrôle. Un art où l’adversaire n’est plus l'autre, mais uniquement soi-même. 

Si le Shinto est une religion du vivant, le bouddhisme, implanté au Japon depuis l'an +552, apporte de son côté des réponses sur la mort. En 1191, le moine Eisai introduit le zen et offre une solution au paradoxe des samouraïs : ''Pour vivre, il faut savoir mourir''. Si le guerrier craignait la mort lors d'un combat, il marquait un instant d'hésitation, qui lui était souvent fatal. L'apport du zen sera déterminant dans le développement spirituel des guerriers qui apprendront ainsi à mourir pour mieux vivre.
 
Au Japon, les maîtres du kyudo tirent sur des cibles particulières afin d'affiner un peu plus leur tir. Pour cela, ils font choisir de petites bougies, ou de fines feuilles de papier. Ils suivent en cela la tradition des archers de jadis, qui réussissaient à atteindre de telles cibles dans des conditions très difficiles, comme dans la pénombre ou l’obscurité totale, et parfois même les yeux bandés, ce qui révèle une très haute initiation. 
J'ai eu la chance d'assister à ce spectacle fabuleux à Paris, il y a bien longtemps. C'est d'ailleurs, lors d'un Yabusame les yeux bandés, que j'ai commencé à me passionner pour la philosophie bouddhiste, le kriya-yoga, le kyudo, le Taï-chi les arts martiaux en général et au Japon en particulier. C'est le dépassement des limites et la maîtrise de soi qui a toujours retenue mon attention. Et pourtant ce n'est pas simple pour un esprit occidentale plus déformé que bien formé ! Nous avons était trop intoxiqué par 1500 ans de christianisme obscure !

Le kyudo permet de discipliner le corps par la maîtrise des gestes. Le pratiquant recherche un mouvement parfait, qui puisse transcender à la fois le corps et l’esprit.
Le principe consiste à percer d'une flèche une feuille de papier servant de cible, avec un minimum de tension musculaire et un maximum d’énergie spirituelle. Atteindre la cible de façon précise sous-tend un bon équilibre entre le corps et l'esprit disciplinés et harmonisés. Lorsque l'esprit et l'ouverture sont parfaits, la flèche atteint obligatoirement le centre de la cible.




LE KYUDO EST UN ART TRÈS CODIFIE
Dans le kyudo, chaque mouvement est très codifié, exécuté de façon lente. Le mouvement d’ouverture doit venir du dos et non des bras. Le kyudojin doit donc apprendre à ne pas se servir de sa force physique. C’est difficile à comprendre pour les débutants et en particulier pour les européens, il faut plusieurs mois pour parvenir à maîtriser ces mouvements et en saisir l'essence.
Après une pause, lors de laquelle le corps se trouve en tension, la flèche est propulsée. Durant tout le mouvement, le kyudojin rassemble son énergie «ki» en japonais, qui explose au moment du tir. Le kyudo demande donc une concentration extrême ainsi qu’une conscience accrue de tout ce qu’il se passe autour.
Le kyudojin devient, si je puis dire, la flèche, après avoir fait corps avec son arc.
Cette discipline se distingue de l'enseignement occidentale par les influences propres à la culture japonaise : le Bouddhisme zen, le Confucianisme, le Taoïsme et Shintoïsme.
Cette discipline est composée de 8 étapes :
Ashibumi : enracinement des pieds. Dozukuri : affermissement de la posture. Yugamæ : éveil de la vigilance. Uchiokoshi : élévation de l'arc. Hikiwake : extension répartie (la force aux coudes). Kai : union. L'harmonie, l'unité entre le lieu, le corps, l'esprit, l'arc, la flèche et la cible. Hanare : séparation. Zanshin : persistance de l'esprit ou continuation du tir. Cette dernière phase est suivie par un mouvement annexe, le yudaoshi.

L'ÉQUIPEMENT DU KYUDOJIN
L'équipement coûte cher. Il faut compter entre 1000 et 1500€.
L'arc japonais, (yumi) est sans doute le plus grand et le plus étrange au monde avec sa forme spécifique. Long de plus de deux mètres, en bambou ou fibre de verre, il est proportionné au pratiquant selon son allonge (yasuka) et est asymétrique, c'est-à-dire que sa poignée ne se situe pas au milieu de l'arc, mais au tiers inférieur. L'utilisation de l'arc japonais (yumi) n'est pas limitée au kyudo. Il est aussi utilisé dans d'autres disciplines (yabusame) ou d'autres pratiques (cérémonies shinto).
Les flèches (ya) sont habituellement en bambou et empennées de plumes d'oiseaux de proies. Elles vont toujours par paires et sont élaborés de manières différentes : l'une a l'empennage penché vers la droite, et l'autre vers la gauche. Cette astuce évite (théoriquement) de tirer sur la flèche précédente. Les flèches du tir à bout portant (makiwaraya) sont différentes du tir à longue distance (matoya).
L'archer utilise un gant (gake) pour tenir la corde. La corde est alors crochetée à la base du pouce, particulièrement rigide. C'est une technique d'origine mongole. Il y a des gants à trois, quatre ou cinq doigts. La tenue de l'archer se compose du kimono respectant les traditions avec un hakama, obi et des tabi. Cependant, pendant l'entraînement, la tenue cérémonielle est remplacée par une blouse blanche à manches courtes nommée keikogi. Le kimono entrave l'archer, le contraint à cultiver des déplacements et des postures parfaites. Le kimono devient alors, un soutien pour la progression de l'archer. 

 

LES OBJECTIF DU KYUDO
Dans le manuel de kyudo, les senseï japonais ont rappelé les buts du kyudo. Ils indiquent que le kyudo n'est pas une discipline sans finalité. Ces buts sont : la vérité (shin), la vertu (zen) et la beauté (bi).
La vérité : Concerne l'archétype du tir et de réalisation du tir sans volonté du tireur. Elle transparaît par le son que produit la corde, l'arc et l'impact de la flèche dans la cible, on perçoit la «limpidité du tir» (essayer de tirer des arcs forts impose de ne pas tricher. )
La vertu : Sous entend aussi la bonté. Se trouver d'une humeur identique quel que soit l’événement et être par conséquent détaché de sentiments tel que l'envie, la colère, l'euphorie, la joie. L'objectif est gérer les conflits internes et externes pour réalisé un tir correct.
La beauté : Elle résulte des déplacements et mouvements harmonisés avec la respiration et par l'économie dans l'utilisation de la force.

LE KYUDO ET SES VARIANTES
Dans le kyudo, d'autres courants existent, ils incorporent les éléments d'autres traditions orientales. Ils ont des finalités divergentes que celles définies par la majorité.
Dans ces autres courants, des différences significatives sont à noter, techniquement, dans les kihon, dans la manière d'ouvrir l'arc, la tenue des flèches, mais en particulier sur le fond. Pour certains, le tir est axé sur la respiration comme le kriya-yoga. Pour d'autres, c'est un test de manifestation du ki, ou encore une thérapie anti-stress, une méditation en mouvement, un rituel shinto, koto-dama, Shambhala. Cette liste n'est pas exhaustive, le kyudo, comme toutes disciplines, donne naissance à de nombreuses variantes; les pratiques évoluent selon les archers qui les adoptent.
Certaines écoles restent indépendantes de tout organisme qui voudrait imposer, par exemple, l'usage des dan. C'est le cas de l'école Heki-ryu bishu chikurin-ha de la lignée de Kanjuro Shibhata Senseï, facteur d'arc de l'empereur du Japon organisée en fédération. Zenko Mondial. Quelques dojos privés existent aussi, des chercheurs y enseignent une pratique qu'ils transmettent de génération en génération.


L'HISTOIRE DU KYUJUTSU
On a retrouvé des vestiges d'arcs vieux de 2000 ans. Utilisé tout autant pour la chasse que pour la guerre, l'arc était l'unique arme capable de tuer à distance et fut une des armes préférées des guerriers japonais (Kyujutsu) avec le sabre, en particulier entre le 12ème et le 15ème siècle. Il disparaît alors progressivement au profit du mousquet, importé par les Portugais.
Cette école de guerre appelée alors jujitsu, s'est distinguée sous un nom heikiryū. Cet art martial s'est perpétué jusqu'à nos jours, en gardant ses gestes et ses codes millénaires. On le retrouve dans le Yabusame, le tir à trois cibles.
Parallèlement à l'école herikiryu, une autre école de tir à l'arc s'est développée, l'école d'ogasawaryū. Cette dernière délaisse totalement l'aspect guerrier de l'arc pour ne retenir que son aspect symbolique, et l'utilise dans les rituels. Particulièrement proche des prêtres shintos, cette école use des pouvoirs magiques assimilés à l'arc dans l'imaginaire japonais. Ainsi, on baptise la construction de tout nouvel édifice au Japon par un lancé de flèches purificatrices, avant d'installer un arc sur le toit de la maison. De même, lors d'une naissance, on peut demander un tir de purification. On connaît aussi la danse de l'arc des sumos, qui a la même vocation.




LES PLUS GRANDS ARCHERS DEVENUS LÉGENDES
Les noms des grands archers samouraïs se trouvent dans les manuscrits et chroniques consacrés à cet art.
Yoshiie du clan Minamoto (ancêtre de Yoritomo qui créa le système Kamakura du féodalisme militaire) avait droit au titre officiel de Hachiman Taro (fils aîné de Hachiman le Dieu de la Guerre), en raison de ses exploits lors des combats contre les aborigènes du nord. Sa présence à la cour garantissait à l’empereur de pouvoir dormir paisiblement.
Tametomo, un autre oncle de Yoritomo, bandait un arc avec une telle puissance, qu’il transpercait deux hommes d’une seule flèche. Il réussit ce haut fait d’arme lors de la guerre du Hogen (1156-1158). Il parviendra à planter d’une flèche le casque de son frère contre les portes de la citadelle ennemie, en signe d’avertissement, ceci sans le blesser. Lorsqu’on captura cet indomptable guerrier, on lui enleva un tendon dans le bras droit, puis on l’envoya en exil sur l’île d’Oshima. Selon la légende, malgré sa mutilation, il continua néanmoins à décocher ses flèches mortelles.
Tatebito ; est cité dans les archives officielles pour avoir transpercé le premier bouclier en fer présenté à l’Empereur Nintoku (313-99) par un émissaire coréen. A la suite de cet exploit, il eut droit au surnom d’Ikuba (cible). 
Au 13ème siècle, Asamura, archer au service de Yoritsume, réussit à rattraper, sans le tuer, un oiseau de grande valeur. Mutsuru, un archer de l’Empereur Toba (1108-1123) coupa d’une flèche fourchue les serres d’un aigle qui s’était emparé d’un poisson dans l’étang royal. Il sauva ainsi le poisson sans violer pour autant la règle bouddhiste qui interdisait de tuer quiconque sur les terres de l’Empereur.
Shigeuji, l’un des capitaines qui combattit avec Nitta Yoshisada l’armée de Ashikaga Takauji à Hyogo, tua un aigle qui planait au-dessus des forces ennemies. Admiratifs ses adversaires lui demandèrent qui il était. Shigeuji en guise de réponses envoya une flèche gravée à son nom sur une tour ennemie située à 360 pas, touchant la sentinelle qui la gardait sans le blesser.


 

LES 24 HEURES DE TIR A L'ARC
Au printemps, depuis la fin du 17ème siècle, a lieu également un concours de tir à l'arc rassemblant les plus grands archers du Japon. Pendant 24 heures, chaque archer doit tirer un maximum de flèches sur des cibles éloignées d'environ 60 m.
L’ère Edo soit en 1688, a vu naître une compétition qui durait 24 heures (6h du matin au lendemain 6h), où les meilleurs archers aguerris du Japon s’affrontaient dans le seul but de planter un maximum de flèches dans la cible en 24h. Cette année là, le samouraï Wasa Daihachiro marqua l’histoire en réussissant l’exploit de ficher 8132 flèches dans la cible sur 13053 flèches tirées. Cet exploit fut réalisé à l’intérieur du temple dans un couloir de 2,20 mètres de large, parcouru de colonnes en bois massif sur lesquels, on peut voir encore aujourd’hui, les impacts des flèches des samouraï ayant ratés leur cible. Ceci pour dire que le Japon possède également un esprit très conservateur.
Mais, si l'on compare la civilisation Japonaise et la notre en l'occurence, il faut avouer qu'elle fait rêver énormément de Français pour la simple raison, qu'ils ont su protéger les valeurs et à ne pas mélanger les serviettes et les torchons en faisant tout et n'importe quoi et en bradant leur identité. On peut -être ouvert au monde, cultiver la paix et la joie de vivre, conserver ses valeurs ancestrales, et promouvoir son histoire sans être ringard. Il en faut jamais oublier notre passé, car l'on finit par se perdre en chemin et donc ne plus savoir qui l'on est vraiment. C'est ce qui manque à notre peuple aujourd'hui, l'absence de nos repères qui ont été bradés aux quatre vents par des politiques absurdes et dépassés par les événements.




UNE COURTE PAGE D'HISTOIRE 

De 1603 à 1868 : la paix fut instaurée entre les clans, par  Tokugawa. Le pays ainsi unifié, les samouraïs n'avaient plus de raison de se battre, mais ils n'avaient pas le droit non plus de commercer, ou de faire autre chose en dehors de  pratiquer leur art guerrier, et pour combler ce désœuvrement, la Voie des Guerriers (Bushido) deviendra la Voie de l'éveil. En 1660, le Maître archer Morikawa Kozan fonde ainsi une nouvelle école et crée à l'intention des Samouraïs, le concept du Kyudo (composé de deux idéogrammes) : Kyû = Arc, et Dô = Voie.
Pendant l'ère Meïji (1868/1912), le Japon, après avoir été fermé pendant deux siècles, s'occidentalise malgré eux, sous l'égide des Américains qui commercèrent par la force avec les nippons. Les Samouraïs disparaissant peu à peu, le Kyudo courait également le danger de disparaître avec eux. Sa survivance est due à Maître Honda Toshizane, professeur de Kyudo à l'université impériale de Tokyo, qui eut l'idée de démocratiser cet art hybride en l'enseignant à ses étudiants.

Au début de l'année 1930, le Dai Nippon Butokai,(Association des Valeurs Martiales du Grand Japon), invita les diverses écoles de tir à l'arc à participer à l'élaboration d'une réglementation universelle.
Cela provoqua d'énormes polémiques entre ceux qui étaient contre le fait d'ouvrir cet art aux occidentaux, perçus comme des ''porcs'' et les autres qui pensaient commerce. Ce fut des discussions interminables, avant de finaliser non sans mal, un accord en 1934.
En 1949, crée la fédération Zen Nihon Kyûdô Renmei, dont la dénomination internationnale sera : All Nippon Kyudo Fédération.
En 1953, elle publie le Kyûdô Kyôhon, manuel qui consigne les normes précises concernant les formes,le comportement et le tir. Il fut traduit en anglais en 1992 et en français en 2004, par les trois fédérations francophones Belge, Suisse et Française.
Eugen Herrigel (1884 – 1955),fut le premier occidental à recevoir le 5ème dan au Japon, dans les années 20. 

Pour les passionnés des arts martiaux 
Lire l'Encyclopédie des arts martiaux de l'Extrême Orient Techniques et Historique de Gabrielle et Roland Habersetz 
Sur Youtube : un magnifique documentaire : 2000 ans d'histoire japonaise. Une manière d'affiner ses connaissances et de découvrir la véritable histoire des Samouraïs qui n'a rien de romantique.