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samedi 28 novembre 2015

JAPON- KYOTO : LE TOH-SHIYA OU DE LA PREMIÈRE FLÈCHE DE L'ANNÉE



Ces articles permettent d'éclairer ceux qui se perdent dans les explications qui se baladent sur le net, quant aux fêtes concernant entre autres, la célébration de la majorité. Il est vrai, qu'il n'existe rien de vraiment claire sur la toile, et je comprends que quelques personnes s'y perdent. J'espère pouvoir vous éclairer au mieux. Je vais donc commencer par vous parler du festival et en profiter pour vous donner les clefs qui résoudront, je l'espère, vos petites lacunes linguistiques et vous empêcheront de vous torturer l'esprit. En espérant bien sûr que ma mémoire ne me joue pas de vilains tours !




Le festival de Toh-shiya. Ce festival se déroule au Temple de Sanjusangen-dô à Kyoto. Il rassemble les plus grands archers du Japon pratiquant le Kyudo. Ce festival est donc consacré dans un premier temps, aux meilleurs archers du pays. Ce concours annuel de tir à l'arc entre initiés est l'occasion de tirer leur première flèche de l'année. Cette première flèche se nomme Toh-shiya (fléche se dit ya). C'est donc le festival de la première flèche de l'année. Puisque celui-ci se déroule logiquement le 2ème dimanche de Janvier. Voilà pour la première étape !

Mais, depuis le 19ème siècle, ce festival est également ouvert aux jeunes majeurs débutants ou déjà sur la voie pour lesquels, c'est un grand honneur de pouvoir démontrer leur talent dans le plus grand sanctuaire du monde, le temple de Sanjusangen-dô à Kyoto et de tirer également leur Toh-shiya !. Ce cérémonial et non la compétition, se déroule dans tous les temples shintos et bouddhistes du pays car tous les jeunes ne peuvent se rendre au même temple. Mais pour cela, ils doivent avoir célébrée officiellement leur majorité le lundi précédent le festival. Ce lundi fut décrété férié pour l'occasion, et ce jour là, se dit seijin-no-hi. C'est lors de seijin-no-hi qu'ils officialisent et fêtent leur seijin sheki, c'est à dire leur majorité. J'espère que tout le monde a compris la petite gymnastique linguistique !. 
J'avoue que parfois, c'est coriace !. Je rappelle que le tir de la Toh-shiya se pratique dans de nombreux temples, le même jour, dont celui de Sanjusangen-do, temple bouddhiste très célèbre. Ouf, alors si je me suis plantée sur le déroulement du concept, trouvez-vous des amis Franco-Japonais !!!





Les jeunes gens viennent des quatre coins du pays pour avoir le plaisir de tirer leur première flèche en compagnie des maîtres archers, selon les règles instituées par les maîtres, dans le respect des traditions qui datent de l'époque Edo et donc du Moyen-âge.

Le festival de Toh-Shiya permet aussi de rappeler aux jeunes adultes leur histoire et leurs racines ainsi que les valeurs qui font d'eux une nation bien encrée ou enracinée dans le présent. Les jeunes archers tirent sur une cible installée à 60 mètres du périmètre de tir. C'est un rassemblement riche en couleurs, et la beauté du temple de Sanjusangen-do et de ses jardins complètent cette magnifique cérémonie d'initiation. Cette première flèche est sensée leur porter chance sur tous les plans pendant les 12 mois à venir. Mais c'est aussi destiné à montrer aux jeunes majeurs que la vie d'adulte exige patience et maîtrise de soi.

L'impulsivité et l'émotionnel n'ont jamais été des preuves de sagesse.





LE TEMPLE SANJUSANGEN DO

Ce temple mesure 118 mètres de long, il est le bâtiment en bois le plus long du monde. Sa décoration intérieure constituée de multiples statues dorées à l'or fin représentants des divinités bouddhistes, ce qui lui confère une atmosphère particulière où la spiritualité transpire toujours entre ses murs et ses colonnes. J'ignore si, il y en a vraiment 1001, ce dont je doute. Quoi qu'il en soit, je ne les ai jamais compté !. J'opterai pour 500 paires de bras + 1, l'autre à dû se perdre !!!

Cette cérémonie date du 12ème siècle, où seuls les grands maîtres archers étaient capables d’atteindre la cible à 118 mètres, séparant ainsi la face Nord de la face Sud du temple Sanjusangen-do.

On peut y voir Bodhisattva de la compassion, et les 28 saints serviteurs de Kannon : Nijūhachi Bushū, et les deux gardiens traditionnels des temples bouddhistes : Raijin, le dieu du tonnerre, et Fūjin, le dieu du vent.