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lundi 12 octobre 2015

LE MANUSCRIT DE VOYNICH, UNE OEUVRE IMAGINAIRE


Le manuscrit de Voynich apparaît le 19 août 1666, lorsque le recteur de l'Université de Prague, Joannes Marcus Marci, l'envoie au célèbre jésuite Athanase Kircher qui était entre autres choses spécialiste de cryptographie. Il se présente comme un octavo de 15 cm sur 27, la couverture manque et selon la pagination, vingt-huit pages sont perdues. Le texte est enluminé de bleu, de jaune, de rouge, de brun et de vert. Les dessins représentent des femmes nues de petite taille, des diagrammes (astronomiques?) et environ quatre cents plantes imaginaires ou symboliques dont on ignore la signification.

L'écriture semble une écriture médiévale tout à fait courante. L'examen graphologique permet de conclure que le scribe connaissait la langue qu'il utilisait: il a copié d'une façon cursive et non pas lettre par lettre. Le chiffre employé paraît simple, mais personne n'arrive à le résoudre. En 1912, un libraire appelé Wilfred Voynich achète le manuscrit à l'école jésuite de Mondragone, à Frascati, en Italie. Il le ramène aux États-Unis, où de nombreux spécialistes se mettent à la tâche, dont les célèbres cryptanalystes Newbold et Friedman. Le manuscrit est maintenant propriété de l'Université de Yale
La grille de Cardan, introduite par le mathématicien italien Girolamo Cardano en 1550, est une possibilité prometteuse. C'est une sorte de carte à trous. Lorsqu'on la superpose sur un texte apparemment anodin créé à l'aide d'une copie de la même carte, les fenêtres révèlent les mots du message caché. Nombreux sont les chercheurs qui s'échinent à vouloir le décoder.


Ces travaux ne démontrent pas que le manuscrit est un canular, mais ils montrent que sa réalisation était possible à l'époque. Le fait que l'érudit élisabéthain John Dee et son associé Edward Kelley se sont rendus à la cour de Rodolphe II dans les années 1580 renforce cette hypothèse. Kelley était un faussaire notoire, un mystique et un alchimiste familier des grilles de Cardan. Certains experts du manuscrit de Voynich le suspectent depuis longtemps d'en être l'auteur. E faussaire était parfaitement capable de créer cette œuvre insensée pour extorqué de l'argent à Rodolphe II. L'empereur aurait acheté l’œuvre 600 ducats, soit près de 50000 euros.
Le manuscrit de Voynich semble n'être à première vue ni un texte codé, ni un langage inconnu, ni une production aléatoire. 
Alors quoi ? L'estimation selon laquelle les caractéristiques du voynich sont incompatibles avec tout langage humain est fondée sur une expertise linguistique pertinente et solide. L'impuissance des meilleurs cryptanalystes face au texte rend peu plausible l'existence d'un message caché. Reste l'hypothèse de la mystification, rejetée par la plupart des connaisseurs, qui considèrent que le manuscrit de Voynich est trop complexe pour être un faux. Cette opinion ne repose cependant sur aucune évidence. On ne sait presque rien des méthodes de reproduction d'un long texte médiéval codé, car il n'y a pratiquement pas d'exemples de ce genre.
Quant à dire que c'est un érudit qui serait devenu fou, c'est peu probable car la complexité linguistique du manuscrit semble infirmer cette théorie.Je penche pour un faux savamment imaginé pour escroquer 600 ducats. Ce document qui n'en est pas moins, un casse tête chinois pour bon nombre de chercheurs en quête de gloire, restera une belle oeuvre d'art qui vaut son pesant d'or et qui en vaut bien d'autres !