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dimanche 13 juillet 2014

JEAN GABIN : MAINTENANT JE SAIS QU'ON NE SAIT JAMAIS . CE N'EST PAS UN POETE MAIS UNE OEUVRE NOSTALGIQUE


Quand j´étais gosse, haut comme trois pommes
J´parlais bien fort pour être un homme
J´disais : je sais, je sais, je sais, je sais
C´était l´début, c´était l´printemps.
Mais quand j´ai eu mes dix-huit ans
J´ai dit : je sais, ça y est, cette fois, je sais.

Et aujourd´hui, les jours où je m´retourne
J´regarde la Terre où j´ai quand même fait les cent pas
Et je n´sais toujours pas comment elle tourne !
Vers vingt-cinq ans, j´savais tout :
 l´amour, les roses, la vie, les sous.
Tiens oui l´amour! J´en avais fait tout l´tour !
Mais heureusement, comme les copains,
 j´avais pas mangé tout mon pain :
Au milieu de ma vie, j´ai encore appris.

C´que j´ai appris, ça tient en trois, quatre mots :
 Le jour où quelqu´un vous aime, il fait très beau
J´peux pas mieux dire : il fait très beau !
C´est encore ce qui m´étonne dans la vie.
Moi qui suis à l´automne de ma vie
On oublie tant de soirs de tristesse
Mais jamais un matin de tendresse !

Toute ma jeunesse, j´ai voulu dire "je sais"
Seulement, plus je cherchais, et puis moins j´savais
Il y a soixante coups qui ont sonné à l´horloge
J´suis encore à ma fenêtre, je regarde, et j´m´interroge :
Maintenant je sais, je sais qu´on n´sait jamais.
La vie, l´amour, l´argent, les amis et les roses
On n´sait jamais le bruit ni la couleur des choses
C´est tout c´que j´sais! Mais ça, j´le sais !