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samedi 8 février 2014

L' HISTOIRE DU SARI INDIEN . LE VETEMENT LE PLUS ANCIEN DU MONDE.



J'ai toujours adoré l'Inde et en particulier leurs saris colorés et très pratiques.
Le sari est loin d'être un vêtement vieillot ou ringard, c'est une tenue des mille et une nuit qui a traversé le temps et supplanté toutes les modes, toutes les époques et qui a encore de nombreux beaux jours devant lui. Il inspira également de nombreuses civilisations orientales,Grec et Romaine.
S'il me fallait remarier, je me ferai un plaisir de l'adopter, juste pour changer de nos robes traditionnelles qui manquent justement d'originalité et de féerie. Sans oublier qu'il est moins coûteux que nos chiffons occidentaux, et qu'il a un avantage loin d'être négligeable; indémodable il est réutilisable à volonté,jusqu'à la célébration de ses noces d'or. Que du bonheur !!!

Les dernières découvertes archéologiques réalisées dans la Vallée de l'Indus (à Harappa et à Chanhu Daro), entre l'Inde et le Pakistan actuels, la civilisation qui y vivait de l'an il y a plus de 5000 ans, maîtrisait déjà l'usage de la soie, bien avant les Chinois. Ce qui correspond avec des gravures indiennes très anciennes datant de 5000 ans, qui nous signalent déjà l'utilisation des saris.

DES SARIS ET DES PRIX ABORDABLES
Les différents styles de saris correspondent à l'appartenance ethnique. Dans un même lieu, on peut trouver des drapés appartenant à des "familles" de castes différentes. Par exemple : dans le Tamil Nadu, les femmes Brahmanes drapent leurs saris enroulés autour des jambes, alors que les autres portent des saris droits . Ce mode de drapage différent permet de savoir à quelle caste la personne appartient, et quelle est sa place dans la hiérarchie sociale. C'est pour cette raison que ces drapés traditionnels sont de moins en moins portés aujourd'hui. Le port du sari s'est démocratisé se souciant de moins en moins des castes.

Il existe une incroyable diversité de saris, dont les prix varient selon leur qualité, leurs coloris et leurs broderies. Ils sont toujours en soie et le prix varie entre 38€ pour un sari classique, jusqu'à 1000 euros pou un modèle de luxe aux broderies au fil d'argent ou d'or. Il existe un sari pour chaque occasion de la vie.
Les maîtres artisans tentent de maintenir leur art, aujourd'hui supplanté par l'industrie qui fabriquent des saris à petits prix, mais à qualité moindre.
Le port du sari était dédaigné de plus en plus par les jeunes pour être trop long à mettre. Des créatrices ont remédier aux problèmes . Ils sont aujourd'hui faciles d'utilisation. Les plis sont désormais façonnés et les attaches sont simples et rapides. Ces nouveaux saris ont été rapidement adoptés par les jeunes qui se sont rappropriés une mode millénaire qui ne peut que les embellir, par leur raffinement.

UN VÊTEMENT ET UNE PHILOSOPHIE
Le Sari incarne l'essence de la philosophie de l'Inde du Sud. En Inde du Sud, on voit le corps comme une oeuvre de la création et comme un symbole de la vie. Les Hindous placent le corps au centre de leur philosophie. Le sari le met en valeur, met en scène la vie, tout en valorisant la création divine. 
Aussi dans la philosophie indienne du Sud, on pense que le corps est la représentation de l'univers : le microcosme dans le macrocosme. 
Les Hindous le considèrent comme étant l'expression divine, incarnée sur terre. La profession, la caste, la religion et la mythologie influent toutes sur la façon dont le sari est drapé. Certains saris mesurent jusqu'à 10 mètres de long, pour 1,20 m de large. En générale, ils ne mesurent pas moins de 6m de long. Tout cela dépend de la caste. Les plis évoquent le côté masculin et le côté féminin du corps. Les différentes techniques ne nécessitent pas le même métrage de tissu. Cela dépend aussi de votre taille et de votre corpulence. 
La plupart des castes drapent leurs saris vers la gauche, mais certaines femmes se distinguent en le faisant vers la droite, pour être certainement gauchères.
La religion et la position des femmes dans la société ont également influencé la façon dont leur corps est couvert par le sari. L'islam a contribué à modifier cette manière de se vêtir en voulant cacher par exemple le ventre des femmes. La beauté et la grâce incomparables des saris en ont fait le vêtement favori des indiennes.
Le sari lui-même est toujours fait d'une seule pièce. Selon l'hindouisme, tout vêtement cousu, percé par une aiguille était considéré comme impur. C'est seulement avec les invasions musulmanes que furent introduits et répandus les vêtements cousus. 

La profession comme la caste, la religion et la mythologie influent toutes sur la façon dont le sari est drapé. Leurs plis évoquent le côté mâle et le côté femelle du corps comme cela est représenté dans la philosophie indienne.
La jupe que l'on place sous le drapé fut certainement rajouté lors de l'occupation anglaise au 19ème siècle.
La religion et la position des femmes dans la société ont également influencé la façon dont leur corps était couvert par le sari. La beauté et la grâce des saris en ont fait le vêtement favori des femmes élégantes.

Les femmes Hindous continuent d'apprécier le côté pratique et l'esthétique d'un sari élégamment drapé, tandis que les hommes, qu’ils soient indiens ou européens en admirent la sensualité, la beauté et le raffinement.
Par ailleurs, la création de ces chefs d'oeuvre est illimitée et laisse libre court à l'imagination des créatrices comme des créateurs. Par contre, les plus beaux saris sont ceux d'essence indienne. Quant aux saris d'influence arabe, ils sont du genre bling-bling, moins raffinés, beaucoup plus chargés de dorure.

LE SARI UNE TOILETTE MILLÉNAIRE FASCINANTE
Charles Baudelaire, Leconte de l’Isle, Pierre Loti, furent admiratifs face à ces étoffes soyeuses de mousseline ou de tulle, si raffinées qui ceignent les reins des Indiennes.
Les saris sont soit tissés à la main (il y a environ trois millions de métiers à tisser dans toute l’Inde — ce qui donne du travail à plus de six millions de personnes), soit réalisés par des manufactures de textiles en partie automatisées. Mais le petit artisan reste le meilleur contact pour les transactions.


Le sari a connu une longue histoire et diverses fonctions : bercer les bébés, les abriter lors de l’allaitement, servir de support à l’enfant qui fait ses premiers pas. Le pallu porté en arrière ou en avant suivant les traditions permet à la femme indienne tout un jeu subtil de dissimulation, de pouvoir ou de séduction. Saris de noces en soie pure, saris de prière ou réservés aux soirées, le vêtement s’adapte à toutes les tailles.
Les enfants ne portent pas de saris. Le premier sari marque souvent le passage d’entrée dans l’âge de la puberté. Concernant l’homme, la première fois qu’il achète un sari, constitue un moment privilégié de son passage à la vie d’adulte. Nous retrouvons le même mode de fonctionnement chez les Romains avec le port de la stola.Concernant les styles et motifs, on nous explique que tout dépend des réalités régionales : on distinguera les styles du Nord qui possèdent souvent une toile plissée à la manière d’une jupe sur le devant et le pallu couvrant le front et le haut de la tête.



Le style maharathi ou kachchla crée un effet pantalon bouffant. Le style Nivi est devenu la façon la plus communément adoptée pour se vêtir n’importe où en Inde. Les motifs sont principalement liés à la protection du mauvais oeil et à la fertilité. Chevaux, lotus, figuier, paons, perroquet sont autant de symboles: On sait que le poisson est symbole de fertilité suggérant une abondance. Riche d’histoire, associé à la culture de l’Inde, le sari a résisté à toutes les crises et à toutes les modes. L'avenir du sari réside dans ses possibilités d’exportation.


LES COULEURS DES SARIS
Blanc : couleur traditionnelle des brahmanes ou prêtres (la teinture étant considérée comme impure), c'est aussi la couleur du deuil, portée donc par les veuves.

Vert : jadis la couleur de la caste des vaishya (marchands). Elle est aujourd'hui surtout un signe d'appartenance à la communauté musulmane. Des saris verts sont portés aussi, dans certaines régions de l'Inde, pour le mariage.
Bleu : traditionnellement la couleur de la caste des shûdra (agriculteurs, artisans, tisserands...). Elle était évitée par les castes élevées (le procédé d'obtention de l'indigo étant considéré comme particulièrement impur).
Noir : couleur traditionnellement rare, considérée de mauvais augure.
Rouge : couleur de la caste des kshatriya (nobles guerriers). Censée être de bon augure. C'est également la couleur la plus habituelle des saris de mariage.
Jaune et safran : son symbolisme est lié à la religiosité, à l'ascétisme. Dans certaines régions de l'Inde, une tradition veut qu'une mère porte un sari jaune sept jours après la naissance de son enfant.

LES MOTIFS TRADITIONNELS
Mangue stylisée : il s'agit avant tout d'un symbole de fertilité et d'abondance.

Éléphant : il représente, sans surprise, la puissance, le pouvoir, la royauté mais son symbolisme peut aussi être associé à l'eau et à la fertilité.
Perroquet : il est signe de passion, de séduction.
Poisson : un autre signe de fertilité et d'abondance, mais aussi de pouvoirs surnaturels.
Conque : elle représente le son divin.
Bien sûr on rencontre aussi divers motifs de fleurs, plus ou moins stylisées, à valeur purement décorative ou au symbolisme varié, ainsi que de nombreux motifs géométriques. Modernisme oblige...


STOLA ROMAINE : UNE INFLUENCE INDIENNE
La stola, d'influence indienne, lié probablement au commerce entre Rome et l'Inde,  était une tunique, longue, portée par les femmes mariées. La tunique, était attachée aux épaules par une fibule. La largeur du tissu, faisant des plis, la tunique ornée d'une large bande brodée était serrée à la taille par un lien. On lui donnait parfois un air bouffant donnant l'impression de porter une tunique sur une jupe. L'ancêtre des deux pièces.
Sur sa stola, la patricienne ajoutait, pour sortir, une large écharpe rectangulaire, dite palla, librement drapé, sur les épaules ou sur la tête pour se protéger du soleil comme des intempéries, et dont les bords, contrairement à la stola n'étaient jamais brodées. 
Durant les premiers siècles de la République, la stola, comme les autres vêtements, était le produit d’un artisanat domestique, et était en laine écrue ou toile de jute pour les moins aisés.
Puis dés l'an 40 avant notre ère, les Romains préféreront la soie au lainage, pour l'avoir découvert lors de leurs voyages en Inde. Comme en Inde, le vêtement dénoncé le statut social : empereurs, princesses, citoyens, esclaves… Chaque caste adaptant l'art et la manière de porter sa toge.
La couleur et la matière était différente selon le rang du sujet.
Par exemple, les pauvres portaient une toge courte en toile de jute, de couleur marron (pulla vestis), par souci d'économie. Les riches portaient une toge de laine blanche puis en soie . La soie étant un produit de luxe, celle-ci était réservée à la noblesse. De plus, la toge des patriciens , qui était composée d'une grande pièce de tissu,coûtait fort cher.

L'habillement Romain s'est développé au fil du temps, suite aux voyages effectués en Inde où, ils furent sans aucun doute séduit par les toilettes indiennes que nous connaissons encore plus de 5000 ans après, mais également par la matière soyeuse et les couleurs éclatantes.Toute une gamme de rouges, de jaunes, de verts, de bleus et de noirs, seront proposée sur le marché. Les couleurs considérées trop vives par les patriciennes seront réservées aux prostituées romaines.

La stola en soie d'orient qui soulignait les formes du corps féminin, fut décrié entre autres, par Caton et Cicéron qui voyaient cette nouvelle mode d'un mauvais oeil. Et lorsque l'on connaît le petit côté ''arabe'' ou macho des romains, ce tissu voluptueux et sensuel ne pouvaient que les révolter ou du moins perturber leurs sens.Un autre détail troublant qui me donne la certitude que la mode indienne a influencé le style rugueux de type berger des Romains.
Le châle ou écharpe de tulle ou de mousseline que l'on retrouve sur le dos des indiennes comme sur celui des patriciennes : en Inde cela se dit ''pallu'', et chez les Romains ''palla''.

LES SARONGS ANCÊTRES DES SARIS
L'ancêtre du sari. Le sarong est un rectangle de tissu à l'utilisation simple. Le lungi et le dhoti en Inde sont portés par les Hindous (sorte de pantalon + tunique longue souvent brodés richement.
Le sarong est un mot d'origine malaisienne qui est désormais utilisé, en anglais, de manière générique pour désigner un grand rectangle de tissu que l'on enroule autour de soi et que l'on noue. Il concerne donc, toutes les techniques (pour homme et femme) utilisées en Asie, dans les îles du pacifique et en Afrique.

Les termes régionaux sont bien évidemment légions : par exemple kanga, capulana ou kikoi en Afrique ; lungi et dhoti en Inde ; sampot, sarung ou longyi en Asie du Sud Est ; pareo, lava-lava ou lap-lap dans les îles du Pacifique.