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mercredi 29 janvier 2014

INDONESIE : LE VOLCAN BLEUE KAWAH IJEN.



Suite à un reportage, j'ai découvert le Kawah Ijen, mais surtout le dure labeur de quelques hommes qui méritent notre admiration et notre reconnaissance. Aussi féerique que cela puisse paraître, ce n'est pas un endroit où je passerai des vacances. Je ne supporte pas de voir la misère et l'injustice et donc par respect pour ces hommes d'exception que l'on exploite sans vergogne, je m'abstiendrai de m'y rendre. Je me connaît trop pour ne pas être mal à l'aise ou être indifférente à leur sort et je ne pourrai pas m'empêcher de leur donner mon porte-monnaie pour qu'il mette, juste une fois, du beurre dans leur épinards.


Le Kawah Ijen est un endroit, à première vue, magique, féerique. C'est un volcan explosif situé sur l’île de Java, en Indonésie, dont le cratère abrite le lac le plus acide du monde : 0,2 de pH… autant dire qu'il vomit chaque jour, sa dose d'acide pur.
Autour de cet endroit, peu recommandé pour la baignade comme pour un pique-nique, se trouvent de nombreux solfatares ou fumerolles, qui rejettent d'importantes quantités de soufre.

Chose étrange, le soufre, lorsqu’il brûle, produit une couleur intense d'un bleu électrique profond. Ainsi, lorsque la lave du volcan entre en contact avec ces mines de soufre, les gaz sulfuriques s’enflamment produisant des torchères bleus, atteignant 5 mètres de hauteur.

La nuit, le phénomène est surréaliste voir spétaculaire. Des vagues de lave bleue électrique phosphorescente, s'écoulent de la montagne, lui donnant un air de fête.


Par contre, la féerie prend fin lorsque l'on croise en chemin des forçats du soufre qui oeuvrent en ces lieux magiques qui n'en sont pas moins dangereux, depuis plus de 40 ans. 
Ces mineurs de l'extrême, extraient jour et nuit, le soufre du cratère du Kawah Ijen en Indonésie, pour doubler leur salaire misérable, tout en supportant les chaleurs qui sévissent dans la journée. 
Les plus endurants n’hésitent pas à travailler de nuit, au milieu des flammes bleu des gaz sulfureux exhalés par le volcan Kawah Ijen, avant de remonter leur lourde charge pesant entre 50 et 100 kg au sommet du volcan au péril de leur vie et de leur santé, pour respirer continuellement du souffre dans une chaleur torride, pour un prix des plus ridicules. Ils sont payés au kilo soit 625 roupies, c'est à dire 5 centimes d'euro.












Chaque aller/retour leur prend environ trois bonnes heures, contraint de marcher au ralenti à cause de la chaleur ambiante et du manque d'oxygène. Pour couronner le tout, ces hommes s'efforcent de faire deux trajets par jours pour améliorer leur maigre salaireEt pour unique récompense, le droit de mourir vers l'âge de 50 ans pour les plus chanceux. Le salaire moyen pour 25 jours par mois de travail et 12h par jour est d'environ 120€.

Alors quand j'achète une boite d'allumettes 50 centimes, je pense à eux ! quand, j'allume une allumette, je pense à eux ! quand un Français se plein de manquer de fric, je pense à eux !...