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dimanche 20 octobre 2013

SIWA, UNE OASIS OUBLIEE AUX PORTES DE L'EGYPTE






L'oasis de Siwa nous apparaît, plantée au cœur de l'immense désert libyque. Cette oasis millénaire s'étend sur environ 30 km de long et 20 km de large, entourée de deux grands lagons qui lui donnent un air féerique avec, au sud, la Grande Mer de Sable aux dunes ondulant à l'infini.
A l'est, la dépression du Quattara recèle des reliefs calcaires érodés aux formes incroyables dans lesquelles se dissimulent des tombeaux datant de l'époque romaine, dans un territoire sublime d'immensité et de solitude.
Au Sud de celle-ci, un immense lac salé donne l'illusion d'un désert habité. Cette randonnée dans ce désert oublié est une véritable exploration d'un monde inconnu.

Les paysages inouïs, de cette oasis berbère, sont les plus orientaux d’Afrique du Nord. Siwa n'est rien d'autre qu'un miracle de la nature qui nous ramène à l’origine de notre histoire. Ce site grandiose nous rappelle également la fragilité de la Vie et surtout, le temps qui passe.

Cette beauté minérale composée de champignons de calcaire sculptés par les vents et le sable blanc, est glissée entre le plateau rocheux du Maghreb et le désert du Sahara, entre Siwa et Farafra. 
Siwa, réelle ou irréelle, apparaît comme un oasis méditerranéen perdu entre le passé et les temps modernes. C'est un endroit idéal pour un trek, pour méditer et tout oublier. Quoi aujourd'hui, ce n'est pas aussi simple.
Si jadis, cet étonnant oasis était encore accroché au passé, aujourd'hui, les promoteurs sont passés par là, et l'on ne compte pas moins de 7 hôtels pour que les touristes ne perdent pas le contact avec notre chère société de consommation. Mais, j'avoue qu'une ou deux nuits dans un lit douillet, perdu au milieu du désert, peut-être sympa, lorsque l'on est avec sa tendre moitié !.
Ce genre de voyage, nous rappelle également, combien les femmes européennes ont réussi malgré tout à s'imposer et à se faire respecter par la gente masculine. Malgré qu'il y en est parmi nous, qui on encore du chemin à faire. Il y a des karmas plus hardes que d'autres !.
L'ennui est qu'aujourd'hui, étant donné la présence des islamistes, le charme est rompu et le tourisme comme l'économie sont en berne. Ce qui retarde encore l'évolution de ce coin de paradis.


Ce village - qui compte 23000 habitants, resté à l’écart de l’Egypte contemporaine - est marqué par l’omniprésence miraculeuse de l’eau, sous les formes multiples d’immenses étendues salées et de sources froides ou chaudes. La densité saline des lacs provoque, en l’absence de vent, un phénomène impressionnant de parfait miroitement des paysages, des êtres et des objets dans l’eau. 
Alexandre le Grand vint jadis à Siwa consulter l’oracle d’Amon, et peut-être qu'il a vu le soleil se dédoubler sur ces eaux, tout en s’élevant pour éclairer les vicissitudes du monde. Son reflet planant sur Roi, consacrant ainsi sa supériorité divine.

Les Siwis ont tous une immense soif de savoir ; car ce qu'ils savent n'est pas écrit. Avec le temps, la mémoire de Siwa s'est progressivement effacée. Il faut également rappeler que Siwa était totalement fermée aux étrangers jusqu'au début des années 90, et que l'électricité n'y a fait son apparition qu'en 1985. Par ailleurs, les moyens de communication égyptiens ne sont pas spécialement tournés vers le reste de l'Afrique du Nord et les Siwis se sont trouvées ainsi privées d'information, vivant pratiquement en vase clos; au point qu'ils ont dû croire un instant, qu'ils étaient seuls au monde. Ils ont donc quelques siècles à rattraper. Ce sont les prochaines générations qui bouleverseront les règles du jeu et autant dire que ce n'est pas pour demain.

Tous les Siwis parlent le « tasiwit » (l'amazigh de Siwa) qu'ils utilisent quotidiennement. Ils ne parlent arabe ou anglais qu'avec les étrangers. Le Tasiwit est composé d'environ 40% de mots de l'ancien égyptien. Cela étant dit, au bout d'une semaine, un amazighophone de n'importe quelle région peut communiquer très facilement en siwi. Les Siwis ne connaissent pas le système d'écriture tifinagh, ni l'usage des caractères latins. 
Les Siwis vivent presque en autarcie grâce à la culture du palmier dattier, de l'olivier et du maraîchage. Il pleut rarement mais, paradoxalement, l'eau est très abondante. Il y a beaucoup de puits, de sources et de fontaines d'eau chaude, utilisée pour tous les usages. Siwa produit et commercialise dans toute l'Égypte une eau minérale naturelle en bouteille qui porte son nom.

Les Siwis ont résisté à l'Islam, jusqu'au XVIIIème siécle.
Depuis, malheureusement, ils se sont tous convertis à l'Islam dont les nombreuses mosquées ont carrément tapissé l'oasis. 
Et comme il se doit, l'Islam a transformé leurs anciennes coutumes devenues ainsi très rigides, notamment envers les femmes qui ont perdues leur originalité et leur identité.
D'ailleurs, les femmes sont très rares dans les rues et dans les champs. Elles sont toujours entièrement voilées de noir. Lorsque nous les croisons, elles se détournent et s'effacent passant furtivement comme des fantômes d'un autre temps. Ce qui ne manque pas de révolter, une femme de mon genre.
Dans les lieux publics,les boutiques et les cafés, la musique est totalement proscrite. On se demande bien pourquoi ?
En revanche, les prêches islamistes hurlantes, castratrices, et véritables lavages de cerveaux, sont diffusées à longueur de journée à la radio. Au point, de n'avoir qu'un désir ; leur balancer une bombe pour profiter...... du silence !
Ces accrocs à l'islam ont certainement peur que ce peuple, coupé longtemps du monde et donc des réalités, se souvienne de leur lointain passé, de leur identité et se.... réveille enfin.

À l'évidence, les seuls espaces de libre expression sont réservés aux hommes, ce qui révèle que l'influence des extrémistes musulmans est non seulement présente mais étouffante. On y respire l'inégalité à plein poumons. 
Comme dans toutes les oasis, on produit librement à Siwa cet alcool de palmier appelé lagbi ou lagmi - à consommer bien évidemment avec modération et particulièrement en plein chergui. Ce breuvage est consommé pendant les fêtes ou entre amis. Ce qui n'est pas très compatible avec l'enseignement du Coran, mais qu'importe, quand les souris dansent, c'est que dieu est absent !

Les Siwis ne vont jamais dans les cafés, réservés principalement aux étrangers de passage.Tout simplement, parce qu'ils n'en voient pas la nécessité, ni l'utilité. pourquoi aller ailleurs quant on peut le boire chez soi !
Ils se retrouvent entre eux, par groupes d'âge ou par affinités, dans des lieux privés installés dans chaque quartier, pour discuter, écouter de la musique, chanter, danser ou regarder la télévision. C'est plus rassurant, de faire la fête avec des gens que l'on connaît que d'aller se frotter à des inconnus. C'est une manière de contrôler ses fréquentations.
Siwa est truffée de curiosités et de sites historiques : les beaux vestiges de deux anciens villages typiques de Siwa, Shali au Nord de l'oasis et Aghurmi au Sud, le temple d'Amon dérivé du mot ''aman'' qui signifie ''eau'' : idem pour le mot "Hamam" 
Adrar n' lmuta qui signifie « la montagne des morts », est une montagne dans laquelle on a creusé des tombes, il y a plus de 2650 ans.

La "Maison de Siwa" est le musée, dans lequel on retrouve quelques traces de la longue histoire de Siwa. Trop longtemps enfermés, n'ayant pas connu d'autres environnements que le désert, et la télévision égyptienne -un autre désert, côté information ! -, les Siwis aspirent à échanger avec le monde extérieur et en particulier avec les berbères d'Afrique du Nord, histoire d'en savoir un peu plus. Quoi qu'en ce moment, ils doivent y perdre leur dialecte, tant la confusion règne dans la région.
Lorsque l'on parle de Tamazgha, on dit souvent que le territoire s'étend de Siwa (porte de l'Égypte) jusqu'aux Îles Canaries. Il n'y a pratiquement aucune littérature sur Siwa, car si celle-ci a existé, les islamistes ont, sans aucun doute, tout détruit afin que ce vieux peuple ne se souvienne plus de leur histoire ni de leur véritable identité. Une manière très pratiquée par les tyrans afin de soumettre ou de dominer un peuple. Les seules traces que l'on retrouve, c'est au travers des écrits anciens relatés par des auteurs étrangers.

ALEXANDRE A SIWA
Le visiteur le plus célèbre de Siwa est sans aucun doute le célèbre Alexandre le Grand, venu consulter l'oracle d'Amon dans un temple construit sous le règne d'Amasis, au VIème siècle avant notre ère. Auparavant, d'autres visiteurs illustres comme les messagers du roi Crésus, roi de Lydie, le perse Cambyse, le général athénien Cimon, le carthaginois Hannibal ou le chroniqueur Pausanias avaient également tenu à consulter l'oracle, afin d'avoir une vision plus clair de leur destinée.
Pausanias, qui visita Siwa en l'an 160 de notre ère, nous informe que le temple était encore en activité ainsi que l'oracle. Dans l’Antiquité, le recours aux oracles était courant et leur consultation était indispensable. En Grèce, on se rendait au temple d’Apollon à Delphes, à celui de Zeus à Olympie, sans compter les sanctuaires d'Esculape à Épidaure ou à Délos. Comme quoi, les voyants étaient déjà, d'actualité, il y a plus de 2000 ans !
Lorsque Alexandre entreprit ce périple mystico-politique pour venir consulter l'oracle, lors de l'hiver de l'année 331 avant notre ére, il avait 24 ans. Il avait réussi à chasser les armées perses d'Egypte. Alexandrie était sur le point d'être choisie comme nouvelle capitale de l'Egypte en remplacement du port grec de Rhakotis. Le dieu égypto-grec Amon-Zeus, le Siwite, était vénéré jusqu'en Grèce puisqu'un temple lui était dédié à Athènes.
Après s'être fait proclamer pharaon par le clergé de Ptah, à Memphis, Alexandre fit reconnaître par les prêtres d'Amon sa nature divine, qui attestaient ainsi son authenticité, une manière d'encourager son armée et lui même par la même occasion. Lorsqu'il se présenta aux portes du temple, il voulait être reconnu comme étant le fils de Zeus et d'Amon, statut réservé au pharaon, suite à un rêve.
Parti de Memphis, le jeune conquérant longe la côte jusqu'à Paraetonium (Marsa Matrouh), empruntant la piste qui porte en arabe le nom de Sikkah el-Sultân "le Chemin du Prince", puis traverse le désert en cinq jours (alors qu'il en aurait fallu huit) par une piste qui n'a été goudronnée qu'en 1985. Ce périple difficile est conté par Callisthène, neveu d'Aristote.

Après quelques jours de marche alors que les hommes n'ont plus rien à boire, des trombes d'eau providentielles leurs permettent de remplir leurs gourdes; puis une tempête de sable efface la piste, deux corbeaux apparaissent et guident la caravane jusqu'à l'oasis. Alexandre est reçu dans le temple dressé sur l'acropole d'Aghourmi, par le Premier prêtre qui l'accueille par ces mots prononcés en grec : « Je te salue, mon fils ! Et reçoit ce salut comme venant du dieu ».Alexandre répondra « J'accepte ce titre, mon père, répond Alexandre. Et désormais je m'appellerai ton fils »
Si ces propos furent rapportés par les compagnons d'Alexandre, l'on ignore où commence la vérité et surtout où elle s'achève. Chacun a sa manière d"interpréter un rêve ou la réalité.
En revanche, en ce qui concerne la consultation de l'oracle, le Macédonien suivra seul, le Premier prêtre à l'intérieur du sanctuaire où une voix invisible répondra à ses questions. Officiellement, le dieu annoncera à Alexandre qu'il est "fils du dieu" mais l'entretien privé demeurait toujours secret. Hé oui, toute vérité n'est pas bonne à révéler !
Alexandre confia à sa mère Olympias, que l'oracle lui avait tenu des propos confidentiels qu'il lui communiquerait de vive voix à son retour en Macédoine. Il n'en eut pas le temps. Ce que l'on sait, c'est qu'il avait demandé d'être inhumé à Siwa, auprès de son fameux "père" Amon. Mais les recherches archéologiques, n'ont rien donné et donc, nous supposons que son voeu ne futjamais exaucé.

Non loin du temple de l'oracle, se trouve le temple d'Amon à Oum Oubeyda. Le temple fut en bon état jusqu'au début du XIXèmz siècle. Un tremblement de terre endommagea le temple en 1811.
En 1897, on le fit tout simplement exploser, pour construire un poste de police et l'habitation d'un notable. C'était une question de place !
Il reste une paroi du sanctuaire avec de beaux reliefs. Le mur est couvert d'inscriptions hiéroglyphiques ("rituel de l'ouverture de la bouche", ce qui est assez rare sur les murs d'un temple.
De haut en bas, sur la première rangée : à droite, le gouverneur de Siwa, Ounamon, est agenouillé devant Amon-Rê, précédé de sept divinités.
Sur la rangée inférieure, de droite à gauche : Atoum, Chou, Tefnut, Seth, Geb, Nout et une divinité non identifiable.
On reconnaîtra le dieu-faucon Horus parmi huit divinités appartenant à l'Ennéade, avançant vers la droite.
Le reste de l'édifice a disparu. Le sol est tapissé de blocs épars, de linteaux brisés et de fragments du temple.

En dehors des sites archéologiques, l'oasis de Siwa offre de belles promenades aux alentours de la bougade, comme par exemple le lac Al-Zeytoun qui s'étale sur 25 km de long. Siwa est l'oasis des sources utilisées pour l'irrigation. Il en demeure 281, alors qu'on en comptait plus de 1000 dans l'Antiquité. La plus célèbre source est celle d'Aïn el-Hammam (la source des bains), appelée aussi "bain de Cléopâtre".
On l'appelait autrefois la "source du soleil", car elle paraissait fraîche le jour et chaude la nuit comme si l'astre s' y  baignait toute la nuit.
Vous pouvez d'ailleurs, vous baigner dans cet ancien bassin et vous laissez bercer par Cléopâtre, elle n'y verra rien à redire. Quoi qu'aujourd'hui, je ne le sais pas !

LES BAINS DE SABLE
Les hommes de siwa s'enterrent jusqu'au cou dans le sable chaud. Pourquoi cet étrange rite ?, mais parce qu'ils sont convaincus que cette méthode guérie les rhumatismes et les douleurs articulaires, ce qui est fort possible, lorsque l'on sait que la chaleur calme la douleur.Mais là, ou ça déconne, c'est qu'ils sont convaincus de vaincre aussi l'impuissance. Si c'était une thérapie reconnue par la médecine, pour son efficacité, énormément d'hommes de ce monde se rendraient illico presto à......... Siwa !

LA COLLINE DES MORTS
Le Gebel el-Mawta (la colline des morts) est une falaise de calcaire, truffée de tombes, située à un kilomètre et demi du centre ville. Elle comporte de nombreux hypogées, les plus anciennes datent de la XXVI ème  dynastie et des Époques ptolémaïque et romaine; certains ne sont toujours pas fouillés.
De  nombreuses tombes et sarcophages furent pillés comme d'habitude ; cupidité oblige, par les oasiens qui découpèrent les momies en morceaux, afin de récupérer les amulettes pour les vendre aux visiteurs étrangers sans scrupules.
Les tombes comportent en général une entrée avec des niches et une pièce contenant le sarcophage. Pour des archéologues ces pilleurs irresponsables sont un véritable fléau qui détruisent et privent leur peuple d'une page d'histoire.

La plus grande tombe de la nécropole, la tombe du prêtre Niperpathot ("qui appartient à la maison de Thot", "prophète d'Osiris et scribe du dieu"), comporte une entrée dans laquelle ont été creusées une tombe annexe et une antichambre comportant six logements (trois de chaque côté).
Elle est décorée de dessins naïfs, de couleur ocre, exécutés au trait, représentant Osiris au lieu d'Amon, principale divinité de l'oasis ou le rite de "conduite des quatre veaux", esquissés de couleurs différentes.
Au-dessus de la porte d'entrée de la tombe, Niperpa­Thot présente un sacrifice à Osiris, la déesse Hathor étant derrière lui, tandis que devant Osiris est placée une table d'offrande. Sur le mur, à gauche de l'entrée, une inscription (hymne) s'adresse à Thot.

La tombe du crocodile représente au fond, à gauche, le dieu Amon tête de bélier, portant un couteau dans chaque main. En dessous, est représenté un crocodile peint en jaune.
À cette Époque (fin de la Période ptolémaïque), Siwa entretenait des relations avec le Fayoum où le culte du dieu-crocodile : Sobek "seigneur des déserts ", occupait d'ailleurs, une grande place. La tombe de Mesou-lsis, (IVème- IIème siècles avant notre ère), comporte une longue antichambre qui conduit à un caveau. Elle est peu décorée, mais la corniche à l'entrée contenant le sarcophage, est décorée de 21 cobras (uraei), rouges et bleus, symboles de souveraineté. Cette tombe a été réutilisée à l'époque romaine.
De nombreuses tombes dont les peintures sont détériorées; servirent pour la plus-part d'abris pour la population, en 1940, lors de la seconde guerre mondiale.

LE TEMPLE DE SIWA
À quatre kilomètres, à l' Est du centre-ville, sur l'acropole d'Aghourmi, se dresse le temple de l'oracle de Jupiter-Amon, construit lors de la XXVIème dynastie (663 avant N.E.), alors que le culte d'Amon était important dans la vallée du Nil.
Le site fortifié fut aménagé d'habitations de cinq étages, à partir du VIIème siècle et ce, jusqu'en 1970.
Le temple était célèbre dans tout le monde méditerranéen. On y accédait par le sud par une première cour en pente, construite dans l'axe du temple. Au départ de cette pente se trouve un puits. Là se tenaient les processions; il ne reste que quelques fondations de cette cour. Une fois la cour franchie, on parvenait devant une façade de style égyptien, hellénisée par l'ajout de deux colonnes doriques à cannelures, dont celle de droite est manquante. On arrivait aux parties couvertes de l'édifice : vestibule et sanctuaire (dit cella) avec une salle où se déroulaient les procédures oraculaires en présence du consultant et des prêtres. La salle était couverte  d'un  double  plafond en bois.
Un prêtre venait se placer dans l'espace libre, avant la cérémonie,  il pouvait accéder à l'aide d'un  escalier au faux plafond, par une galerie en forme de L entourant l'angle nord-est de la salle de l'oracle (comme à Karnak et à Kôm Ombo).
À droite du sanctuaire une petite crypte dotée de trois niches servait d'entrepôt aux objets de culte.

Il ne subsiste qu'une salle de ce temple, sans plafond, avec quelques inscriptions en partie effacées, le Saint des Saints. On a pu y déceler en haut du mur, à droite, les cartouches d'Amasis et de Suthekirdis, gouverneur de l'oasis lors de la construction du temple. Cependant on distingue le roi d'Egypte, Amasis, faisant des offrandes de vases de vin, face à huit divinités en tête desquelles vient Amon. Viennent ensuite Amon-Rê, Moût et une figure à tête de bélier. Les dépendances et le palais qui se trouvait sur le côté ont disparu à la suite de la construction du village.
À gauche de l'entrée officie Suthekirdis portant la plume à l'avant de sa coiffure, ce qui rappelle ses origines libyennes.

ARTISANAT SIWA
Siwa fut autrefois réputée pour son artisanat. Aujourd'hui, celui-ci est en berne.
L'aghrow est un collier en argent que portaient les jeunes filles en quête d'époux;
L'adrim est un disque en argent qu'on suspendait à l'aghrow. On le portait jusqu'au jour des noces.
Le lugiyet est un bandeau décoré de boutons de nacre, porté sur le front. Les femmes ont coutume de porter une bague en argent à chaque doigt à l'exception de l'index.
Elles brodent sur de grands châles, ou milaya, des dessins géométriques de couleur jaune, orange ou verte puis elles s'en couvrent le visage et les membres.
La robe de mariée comporte des broderies rouges, oranges, vertes ornées de coquillages ou de perles.
La vannerie, le bois, l'argile sont également finement travaillés.

MOEURS SURPRENANTS ET LE MARIAGE HOMOSEXUEL
Les siwis ont la particularité d'avoir créé une classe sociale différente de celle des autres tribus africaines. Cette caste, est nommée la caste des Zaggalas "porteurs de bâtons". Les Zaggalas sont donc des ouvriers agricoles placés au service de riches propriétaires terriens. Jadis, ils devaient obligatoirement rester célibataires entre 20 et 40 ans, pour mieux assurer la garde des jardins pendant la nuit pour éviter le pillage. La ville leur était également interdite après le coucher du soleil. Ce système curieux, développa bien évidemment l' homosexualité qui fut reconnue légalement par le reste de la société pour être privés de femmes.
Le mariage des homosexuels était donc jadis, chose courante et le montant de la dote était beaucoup plus élevé que pour des mariés hétérosexuels. 
Si cette étonnante pratique fut interdite suite à la visite du roi Fouad  en 1928, elle s'est maintenue, ni vu ni connu, jusqu'en 1945. Les vieilles habitudes ont la peau dure !. Mais islam ou non, l'homosexualité n'a pas pour autant disparu même dans les coins les plus paumés !
La condition des femmes fut depuis l'islamisation bien différente de celle des hommes. Leur univers se limite, encore aujourd'hui, à la demeure familiale et à une courte promenade dans les rues sous la surveillance du père ou du frère. Elles seraient certainement plus libres dans l'un de nos centre de détention !

Elles sont vêtue de vêtements aux couleurs vives, les cheveux lustrés à l'huile d'olive, les yeux mis en valeur par le khôl ; on se demande bien pourquoi ?. Les femmes portent pour sortir, une couverture bleue (milayah) qui les recouvrent de la tête aux pieds ainsi qu'un voile opaque noir. Encore de nos jours, lorsqu'elles sortent en ville, elles empruntent la traditionnelle charrette à âne (karussah), toujours conduite par un enfant de la famille.
Autrefois les filles se mariaient dès l'âge de 12 ans; on les unissait toujours après la vente de la récolte des dattes et des olives pour payer les frais de la noce, mais le mariage n'était consommé lorsque la mariée avait atteint l'âge minimum de 14 ans. De nos jours, elles se marient entre 16 et 18 ans.

Jadis, en cas de veuvage, la femme appelée gulah était censée porter malheur à son entourage. 
Mais, cela allait bien plus loin encore, il faut ce qu'il faut !. Elle devait rester recluse, seule, pendant 40 jours sans se laver, ni se maquiller et sans jamais ôter leur vêtement blanc de deuil.
Mais l'imagination masculine étant sans limite, la pauvre veuve devait également faire pénitence pour avoir perdu son tendre époux. Elle pouvait se remarier à l'occasion, ce qui était, malgré tout très rare et pour cause, la veuve devait être très belle, intelligente et aisée. Ce qui laisse à penser que la majorité étaient laides, idiotes et fauchées !
Cette coutume était inconnue en Egypte ancienne et  aurait donc une origine africaine.

Jadis, les voyages en Afrique était une belle aventure, qui nous permettait de rencontrer des peuples étonnants, et de découvrir des régions magnifiques, parfois irréelles. C'était le dépaysement assuré !
Aujourd'hui, il faut y réfléchir à deux fois avant de se rendre sur ce territoire ancestrale, envahi par des djihadistes venus de nulle-part. Si autrefois, l'Afrique me faisait rêver, de nos jours à mes yeux, le charme est rompu. Il ne reste plus que le désert pour faire le vide en soi. Quoi qu'en ce moment, il porte mal son nom pour être de plus en plus mal fréquenté.