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mardi 18 septembre 2012

LE MUSÉE DU LOUVRE DEVOILE LA BEAUTÉ DE L'ART ORIENTALE.


Le département des Arts de l'Islam est ouvert depuis fin 2012 , dans de nouveaux espaces, cour Visconti. Plus de 1300 ans d'histoire et de près de 3000 œuvres, y sont exposées, sur un territoire couvrant trois continents, de l’Espagne en passant par le Moyen orient et l’Asie du sud-est.
En  2003, le Président Chirac annonce la création du département des arts de l'Islam, qui devient le huitième département patrimonial du Musée du Louvre . Cinq ans plus tard, le président Sarkozy pose la première pierre de l'édifice. Puis cinq ans après Sarkozy, Hollande inaugure les nouveaux espaces. Plus de 3000 œuvres y sont présentées, réunissant celles du Louvre et celles du Musée des Arts décoratifs.


ON AIME OU ON AIME PAS
La nouvelle construction qui accueille ces trésors a été érigée dans la cour Visconti. Les architectes Bellini et Ricciotti ont réalisé une prouesse technique, déployant une "aile de libellule " de 135 tonnes, composée de verre et d'acier, soutenue seulement par huit piliers inclinés d'un diamètre de 30 centimètres. Pour le reste, je trouve cela de mauvais goût. Cette structure aurait eu de la gueule dans un espace ultra moderne. Les Franco-Italiens ont perdu le sens de l'esthétisme et de l'harmonisation des époques ! 
Sous cette mantille dorée plutôt encombrante, deux niveaux d'exposition (l'un au rez-de-chaussée, et l'autre en sous-sol) ont été aménagés. Après, ma foi, on aime ou on aime pas cette oeuvre avant-gardiste, que dis-je cette nappe de miel perdu au milieu du 18 ème siècle !
Vue d'en haut, c'est incontestablement curieux, mais vue par dessous, je vous rassure, c'est plus digeste !
Évidemment, ce musée n'égale pas celui du Qatar. Les moyens ne sont pas les mêmes, ils ont plus d'espace et s'ils n'ont pas souvent le sens de la démocratie, ils n'ont pas encore perdu celui de l'esthétisme.




DES OEUVRES DE TOUTE BEAUTÉ
La plupart des objets sont disposés dans des vitrines qui permettent de découvrir les œuvres sous toutes leurs facettes. Les tapis sont quant à eux placés sur des estrades surélevées tandis que les éléments architecturaux et décoratifs sont fixés sur des cimaises.
Parmi les nombreuses pièces remarquables, on découvrira un magnifique mur de céramique ottomane long de 12 mètres, jamais exposé jusqu'à présent, dont la minutieuse restauration a nécessité des années de travail ; de même le porche égyptien vieux de 3500 ans, dont les 300 pièces ont été remontées pour la première fois.


Le Metropolitan Museum ne possède plus de département des arts de l'Islam. Depuis 2011, les quinze salles du célèbre musée New-Yorkais ont ouvertes leurs portes, après rénovation, sous l'appellation ''salles des arts des pays arabes, de la Turquie, de l'Iran, de l'Asie centrale et du sud de l'Asie '' , OUF, je l'ai dit !.  Une dénomination un peu trop longue pour dire ORIENT !




Cette attitude avait soit disant, à l'époque, suscité des polémiques, révélatrices de l'embarras que suscite encore le mot islam. Je dirai que personnellement le mot Islam, aujourd'hui , est avant tout lié à la religion. Ne dit-on pas les "islamistes" quand on parle des extrémistes musulmans. Pourquoi ne pas appelé cet art ORIENTALE, tout simplement, sans se perdre dans un labyrinthe de mots, dans lequel, on a du mal à s'y retrouver.


L'art de l'Islam englobe aussi l'histoire des peuples non musulmans, comme par exemple celui qui vivait en Syrie ; des chrétiens, qui étaient au XII ème siècle, encore majoritaires. On retrouve ainsi des sources iconographiques chrétiennes sur plusieurs pièces de la collection du Louvre, à l'image de ce grand chandelier exécuté par un dinandier travaillant pour le souverain de Damas et sur lequel on peut voir une représentation des Noces de Cana .
En Inde, les Moghols ont respecté le commandement hindou qui interdit l'utilisation de la céramique pour les usages alimentaires. D'où le nombre important de pièces et d'objets réalisés en jade ou en métal.

Quoi que l'on en dise, entre le religieux et le profane, l’Institut du Monde Arabe nous donne à voir ce que le monde musulman recèle de plus beau, des chef-d’œuvres de la collection Khalili. Divers dans ses techniques et codes, l’art orientale dévoile l’étendue de sa richesse.
Depuis l’avènement de la religion Islamique, il y a environ 1350 ans, son influence s’est étendue des confins du Moyen-Orient aux frontières asiatiques, pour se répandre ensuite en Europe. Comme quoi, tout n'est pas à jeter chez les musulmans. Bon d'accord, ils ont beaucoup appris des Perses !!! La calligraphie, qui n'est pas non plus d'origine arabe, est omniprésente dans l’art islamique où se mêlent souvent le religieux et le profane.


LES FIGURES HUMAINES SONT INTERDITES DANS L'ART ISLAMIQUE
S'il est normal que les figures humaines soient représentées dans l'art orientale, il est tout aussi normal que cela le soit dans l'art dit Islamique.
La représentation de la figure humaine est-elle interdite dans le monde islamique ? Pour Sophie Makariou, pas de doute, c'est NON ! et elle a raison :  Dans ce monde, Dieu ne s'est pas fait chair, il s'est fait verbe. La représentation divine passe donc par l'écriture, d'où l'importance de l'écriture calligraphique. La figure n'est donc pas associée à la figure du divin. Sa fonction est par conséquent narrative.
J'ajoute qu'il est normale de ne pas représenter dieu physiquement, car personne en vérité, ne l'a jamais vu.
En fait Dieu, est la somme totale de la création et à partir de là, il est impossible de dire à quoi il ressemble. Dieu est donc une énergie qui cause à l'oreille des chevaux, EUH ! non à celles des humains !!.  Ceci pour dire, que la religion n'interdit pas d'avoir chez soi une superbe sculpture de la Venus de Milo. C'est juste une déformation de la vérité !
Le portrait du prophète est d’ailleurs systématiquement orné d’un voile dans l’art profane, car personne ne s'est probablement  souvenu de la tête qu'il avait à l'automne de sa vie !
La collection du Louvre, expose d'ailleurs la Pyxide d'al-Mughira. Une boite en ivoire, haute de 16 cm ciselée à la perfection qui fut réalisée il y a plus de 500 ans en Espagne. Sur ses flancs, on distingue pas moins de soixante-neuf motifs, des figures humaines et animales. Parmi les personnages, deux hommes mordus à la cheville par des chiens ainsi qu'un groupe de trois personnages - une joueuse de luth trônant entre deux inconnus dont l'un semble jeter un regard peu amène à son voisin.
Une scène qui se ferait peut-être l'écho des luttes de pouvoir qui opposaient alors, pour la succession du calife, les Umayyades et les Fatimides.
Cette dérive ou méconnaissance de la religion musulmane s'est développée bien plus tard. Plus l'on s'éloigne des origines, plus l'homme s'éloigne de la vérité.



UNE EXPOSITION DÉDIÉE AU PROFANE ET A LA RELIGION 
La première partie de l’exposition est consacrée au religieux, notamment aux Corans collectés dans toutes les régions musulmanes, de divers formats et de toutes les époques. Vient ensuite le profane, avec l’art figuratif illustrant les épopées du monde musulman, et les objets du quotidien, qui contiennent également des inscriptions à connotations religieuses.  C’est le collectionneur Iranien Nasser Khalili qui a rassemblé au fil des années cet impressionnant patrimoine auquel on peut juste reprocher l’absence d’objets issus des régions africaines, qui comptent également une importante population musulmane, qui a forcément à ce titre, contribué à promouvoir l’art de l’islam. Mais, peut-être, est-ce une manière de ne pas mélanger les serviettes et les torchons !.
C’est donc une immense collection de magnifiques tentures, de Corans anciens utilisés jadis par de multiples croyants et récoltés dans de nombreuses régions ainsi que des tableaux, façades, des objets du quotidien et des bijoux que les passionnés de cet art peuvent découvrir.



DE LA CHINE A LA PERSE
Jusqu'au Xème siècle, le support des exemplaires du Coran est le parchemin, le papyrus étant utilisé pour les écrits théologiques, poétiques ou historiques. Le siècle suivant va voir se répandre, venu de Chine, l'usage du papier.
Le plus ancien manuscrit illustré du monde islamique est un traité d'astronomie, le “ Livre des images des étoiles fixes” , dont il existe une copie datée de 1009.

Traités médicaux grecs, ouvrages techniques ; tel le “Livre de la connaissance des procédés mécaniques”, datant de 1206, des récits épiques, comme l'imposante fresque de quarante mille vers du “Shahnameh”, relatant les hauts faits des rois de l'Iran préislamique qui occuperont les bibliothèques des souverains et des lettrés.
Au XIIIème siècle, les miniatures persanes viennent illustrer les grandes œuvres littéraires, poétiques le plus souvent. Cette page d'une anthologie poétique que l'on pourra découvrir dans les nouvelles salles, exécutée vers 1430 en Afghanistan, traduit la magnificence de cet art millénaire. La scène dépeint un songe, celui dans lequel Humay prince de Syrie, la main sur le coeur déclare son amour à la princesse Humayun, fille de l'empereur de Chine.


DE LA SYRIE EN PASSANT PAR L'EGYPTE
Une des pièces les plus emblématiques du trésor du Louvre. Réalisé vers 1330-1340 en Syrie ou en Egypte, ce baptistaire (dont le parcours reste un mystère), d'un diamètre de 50 centimètres, est composé d'un alliage cuivreux, d'un décor gravé et incrusté d'argent, d'or et de pâte noire. Sur la partie extérieure, on peut voir quatre files de personnages se dirigeant chacune vers un médaillon meublé d'un cavalier. A l'intérieur, des créatures aquatiques évoluent au fond du bassin tandis que la partie supérieure révèle des combats sanglants, des membres humains étant éparpillés entre les pattes des chevaux.

Autre élément rarissime : cet objet porte en six endroits différents la signature de celui qui l'a fabriqué, Muhammad ibn al-Zain. On ignore quel fut le destinataire de cette pièce, mais on ne peut qu'être intrigué par le fait qu'un premier jeu d'armoiries , un médaillon timbré d'un lion debout et de profil, qui fut recouvert curieusement, par des fleurs de lys, un symbole royale français adopté par des mamelouks, à l'époque du sultan Al-Nasir ibn Qalawaun, contemporain d'Ibn al-Zain.

On y découvre aussi un objet curieux bien Français qui trône au milieu de l'art Perse. 
En France, enfants de roi et princes de sang, dont Louis XIII, furent baptisés dans ce baptistaire. Mais ils ne furent pas mieux lotis que les paysans, ils moururent aussi !




A
moureuse de l'art Orientale, je souhaite aux Parisiens et aux touristes chanceux, de visiter cette nouvelle exposition magnifique où, l'art Orientale est de toute beauté. Et quoi que l'on fasse aujourd'hui, cela ne sera que pâle copie. 
Enfin, je devrais parler au passé. Hier, on privilégiait la qualité et la beauté, aujourd'hui, on opte davantage pour la pacotille et la médiocrité. Hier, on faisait de l'art, aujourd'hui, c'est plutôt le " bas..art ! ".
L'art est à l'image de l'humanité, son évolution n'est pas linéaire. Les siècles passent et ne se ressemblent pas.