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mercredi 1 février 2012

MAROC,MON HISTOIRE ET CELLE D' UN ROYAUME BERBERE MILLENAIRE, VU ET VECU PAR UNE PIED-NOIR


Si aujourd'hui, je vie à 9 km de la méditerranée face à l'Afrique,  dans un coin ancestrale nommé Provence, j'ai grandi au Maroc et je suis ce que l'on appelle plus à tors qu'à raison, comme d'habitude, une pied-noir, parce que nous marchions pieds nus : ce qui n'est pas faux en ce qui me concerne et, c'est toujours d'actualité.
Mais, nous n'étions pas de vilains colons exploiteurs, mais des chercheurs pour les uns, et des constructeurs pour les autres. 
Les anciens s'étaient installés dés les années 40 à Oued Zem, et travaillaient pour le Roi Mohamed V dans les mines de phosphates, pour les uns et les autres à Agadir pour sa construction.
Contrairement aux colons, nous étions sensés ne rester que deux ans , mais les besoins furent plus importants que prévus et surtout pour être tombés amoureux de la culture berbère qui nous rappelait la culture andalouse.
Mon père parlant le Tamasheq couramment et se plaisant avec ce peuple qui lui rendait bien, verra son contrat reconduit plusieurs années durant.
Les colons sont partis, et nous...... nous sommes restés , NA !. Comme quoi l'intégration peut aider.
Par contre pour la religion : nada, rien à faire , nous sommes restés indomptables. Nous sommes imperméabilisés depuis des siécles : pourquoi adhérer à un club religieux, quant dieu est toujours avec nous ?


OUED ZEM, UN DOULOUREUX SOUVENIR
Je parlerai vaguement de Oued Zem et du 20 Août 1955 où mon père perdit des employés et Berbères et des amis lors du massacre organisé, soit disant par les Berbères refractaires à la présence des colons Français, mais curieusement ils massacreront plus de 200 berbères et 54 hospitaliers Français qui étaient là, pour soigner les arabes  présents en grand nombre ce jour là, dont beaucoup travaillaient dans les mines de phosphate. Femmes, hommes et enfants hospitalisés comme les familles en visite, furent tous égorgés sans exeption. Ces actes barbares traumatisères de nombreux Français et Berbères qui n'ont jamais compris le sens de ce vent de folie et de cette grossière erreur.

Par ailleurs,  il fallait les comprendre, se soumettre à l'Islam,puis aux arabes, et de nouveau aux Français envahissants, cela devenait  franchement une habitude devenue  si insupportable que certains en perdirent la boule.
Si bien que mon père qui trouvait qu'effectivement, il y avait plus de  Français dans le Nord que de Berbères,et que les colons devenaient dangereux par leur présence, entraîna sa petite famille dans le Sud et de préférence dans le D'jebel, à Tidzi et à Irhoud, là au moins, on ne risquait plus rien. C'est vrai que quitter la France et la retrouver au Maroc, ce n'était pas très exotique !.

Mon père  travaillait pour le Roi du Maroc, avec le professeur Ennouchi un paléontologue réputé. Ils ont d'ailleurs, découvert un vieil ancêtre néandertalien à Irhoud  qui a fait coulé beaucoup d'encre. J'ai donc baigné dans une ambiance  archéo- minière.Ce qui explique ma passion pour les cailloux ! 
Ne cherchez pas Tidzi ou Irhoud, ils ne sont pas répertoriés dans les circuits touristiques et pourtant c'est dans la vallée du Souss, non loin d'Essaouira. Si des Français connaissent ces lieux, je serai ravie de les connaitre !!! 


J'AI VECU COMME UNE SAUVAGEONNE
Après avoir vécu comme une sauvageonne, entre les arganiers, les tortues, les singes et les chèvres en marchant pieds nus, pour être livrée à moi-même la majorité du temps, j'ai fini par aller à l'école pour me civiliser un peu. 
J'ai appris à lire et à écrire , bref j'ai fait quelques études entre Safi et Marrakech au Lycée Mohamed V, puis à Renoir en pension,  avec le rêve de devenir un jour, archéologue, mais ce ne fut qu'un rêve !
C'est un métier qui d'après mon père, malheureusement ne nourrissait pas son homme, et sans fortune personnelle, on vit au jour le jour, à moins d'être entouré de mécènes, de Pacha ou de Caïds généreux, mais l'époque est révolue.
Par ailleurs, c'était soit disant, pas un métier de femme, après vous avoir élevé comme un mec, pour m'endurcir paraît il. Au moins de ce côté ce fut réussi !.D'ailleurs, en guise de poupées, j'avais des voitures en cadeaux !!!
Heureusement, que j'ai vécu avec un homme qui a su réveler mon côté feminin, car j'aurai eu des doutes !!


LA PLAGE EN MUSIQUE
Je passai mes étés sur les plages de Safi, d' Essaouira, anciennement Mogador. Puis tous les trois ans, nous allions en France, et personnellement à reculon, et j'avais qu'une hâte revenir chez moi,  auprès de mon jeune prince Amazigh, avec lequel j'ai grandi et mes ami(e)s de toutes nationalité : arabes, espagnoles, italiens, et même  allemandes !. J'ai connu les boums entre copains, et les après-midi plage avec la musique sur fond d'océan, où l'on dansait, chanter, contrairement aux plages françaises ou l'on se contenter de se griller au soleil en contemplant ses pieds en silence ou en se regardant en chien de faïence.
Le choc des cultures !. J'aime toujours la plage, non pas pour me griller la peau car je déteste ce sport, mais pour écouter le vent, l'océan et de la.....musique !

Nous étions souvent invités aux fêtes berbères, aux Moussems par les Caïds du coin, et mon père  qui parlait  le Tamalsheq, aurait aimé que je l'imite car pour lui c'était la seule manière de s'intégrer et de comprendre un peuple. D'ailleurs, il ne nous a jamais enseigné l'Espagnol non plus : intégration ou fainéantise, allez donc savoir !

Quant à moi, je n'ai jamais été très douée pour les langues, j'ai toujours bloqué sur les traductions !. Mais j'ai retenu quelques bribes de Chleuh, histoire de me sortir d'affaire et mon prince était là pour faire le reste.

Je peux donc, comprendre qu'il y ai des berbères qui ne soient pas inspirés par une langue étrangère et qui comme moi, compte sur les autres pour le décodage.
Pourtant mon père y a mis du sien, en me mettant dans une école arabe, mais  l'écriture caligraphique, même très belle,  était également une véritable torture. Pourquoi faire compliqué, quant on peut faire simple !
A ce moment là hélas, le Tamalsheq n'était pas enseigné à l'école et je pense qu'aujourd'hui, ce n'est toujours pas le cas.



LES RELIGIONS CHEZ NOUS, POLLUENT L'ESPRIT
Quant aux religions qui polluent l'esprit, elles n'ont aucune place dans notre famille depuis des générations et de ce fait, je n'aurai jamais pu fréquenter un berbère, si celui-ci avait adhéré à une des trois religions ( chrétienne, musulmane ou juive ).
C'est pour cela que je sais, qu'il y a des Berbères réfractaires, qui ont su protéger leur identité et leurs croyances originelles, comme la cérémonie de la pluie ou celle des semailles / récoltes, ou encore  croire que les lieux sont protégés par des esprits gardiens, parce que j'y crois, pour l'avoir testé et vécu !.Mais c'est une autre histoire, que j'écrirai, un jour prochain, peut-être !

Voilà pour le plus gros, je ne vais pas vous raconter toute ma vie en détail, cela serait trop long .

Je vais essayer de donner quelques informations, pour les non initiés qui composent mon entourage et ma famille. Histoire de transmettre à ma fille chérie, à qui j'ai transmis le goût du voyage, ce que j'ai appris et, qui a bien voulu s'incruster dans ma mémoire.

Pour moi, il est inconcevable que l'on aille dans un pays sans avoir engrangé quelques infos sur le pays que l'on veut visiter.
Et c'est malheureusement le cas, et je constate qu'en fait, ils n'ont rien vu, en dehors de faire plage, le tour du club Med ou de la médina, ou des randonnées organisées selon des parcours précis ou préformatés !!!. Mais dieu merci, ce n'est pas la majorité ! . Mais je leur pardonne, car pour connaître le Maroc et son peuple correctement, il faut toute une vie.

A quoi cela sert d'aller aussi loin, si l'on ne vit pas chez l'habitant berbère, si l'on n'adopte pas leur style de vie ne serait ce que 8 jours, et si l'on ne mange pas leur sublime cuisine faite par une mère ou une grand-mère berbère et......... si l'on ne marche pas pieds-nus !.



VOYAGEZ LEGER, POUR LE RESTE ON VOIT SUR PLACE
C'est d'ailleurs ainsi qu'aux travers de mes périples, j'ai dormi à même le sol et peu m'importe, si le dentifrice s'est égaré ou si le savon a disparu. J'ai pu manger du serpent, du rat, de la tortue, du hérisson, et cela n'a rien d'extraordinaire ni de ragoûtant, enfin , si on ne le sait pas ! tout est psychologique. Mais quant on est curieux et que l'on ne veut pas mourir idiot, il faut tout tester. 
Par contre, j'avoue j'ai bloqué sur les scorpions et certains insectes, je n'avais vraiment pas faim. Je reconnais qu'en cas de famine, je n'aurai pas le choix. J'ai donc décidé d'attendre la prochaine famine !

Autrement, mieux vaut laisser chez soi, ses bijoux, et ses frusques inutiles. Un sac à dos suffit emplement avec deux jeans + 2 tee-shirts +un pull et une paire de chaussures de marches pour les pieds fragiles et 2 paires de chaussettes en coton. Une trousse de toilette et 2 serviettes pour faire bonne mesure. Une trousse médicale avec une crème solaire pour les peaux fragiles, des anti-poison ou venin, ça peut servir quant on veut jouer avec les scorpions et autres petites bêtes tout aussi sympas !. Une bonne gourde toujours pleine d'eau, pour éviter d'être prise de court, des dattes,  un cheiche pour le soleil et un sac de couchage de montagne. Voyagez toujours léger, pour le reste, on voit sur place , il faut faire marcher l'économie du coin !

Je vous parlerai principalement du Sud du Maroc, où j'ai vécu de longues années et qui restera toujours,  cher à mon coeur. Quant au Maroc du Nord, je l'ai découvert en faisant du tourisme avec un avantage certain, surtout quant on habite déjà dans le Sud. 




HISTOIRE D'AGADIR...........................................................
Agadir est un lieu très ancien et  apparaît déjà, sur une carte de 1325 : à l'emplacement approximatif de la ville actuelle, sous le nom Porto Mesegina, d'après le nom d'une tribu berbère du XIIème siècle, les Mesguina. La ville porta le nom de Santa Cruz de quelque chose en 1731, du temps des Portuguais. Puis fut baptisé Agadir par les Imazighens: ce qui signifie grenier fortifié collectif en tachelhit dit aussi chleuh, et donc en Tamasheq. En arabe, Agadir se dit Ighrem. Au fil du temps, ce nom commun est devenu un nom tout court ou de lieu.

Agadir sera développé en 1540  pour servir de base d'attaque contre la forteresse portugaise. Sous les Saadiens , Agadir prospérera. On y débarque des draps, tandis que le port exportera du sucre de canne, des dattes, de la cire, des peaux brutes, de l'or, etc. Mais peu à peu Agadir cessera de produire la canne à sucre et décline dès 1660, et s'étiolera ainsi, pendant 100 longues années, faute de travail et de marché.La concurrence commençait à faire rage et les modes vont et viennent au grès des fantaisies humaines.


En 1760, Sidi Mohammed ben Abdallah lui porte le coup fatale en aggravant sa situation, pour punir les Amazighens qui refusaient de se soumettre aux arabes. Il ferme le port au trafic européen, les privant de toutes ressources, et crée un port concurrent Essaouira pour mieux les enfoncer.

Le fort de Souss deviendra le centre d'une région soumise à l'autorité portugaise et un port sera construit, fréquenté par les négociants européens. Après plusieurs tentatives, le sultan saadien  Cheikh s'en emparera en 1541.

En 1819, Agadir n'est plus que l'ombre d'elle même et n'est plus composée que d'une douzaine de maisons autour de l'Ighrem ou d'Agadir, qui veulent bien rester encore debout.


JE RECTIFIE DES ANERIES PROPAGEES
En 1884: le Founti au pied d'Agadir, est un hameau composé de quelques cabanes de pêcheurs, jusque dans les années 30.
Quant à Agadir, ce vaste grenier surplombait l'océan comme tous les Ighrems, afin de parer aux attaques des bandits du coin et malgré son enceinte blanche qui lui donnait un air de ville elle n'était en réalité qu'un ighrem ou une banque de dépôt céréalière et donc, il est normal qu'il n'y ait à cette époque aucun commerce et bien moins encore des habitants...Ceci, pour clarifier certaines âneries que j'ai pu lire à ce sujet  sur Wikipédia, entre autre. Un idiot écrit une connerie et tout le monde l'a recopie et la fait circuler comme une vérité .

En 1911, l'Allemagne rêve de s'installer et de  s'imposer au Maroc. Une ambition qui déplait à l'Angleterre et la France tout aussi ambitieuses et cupides, l'une que l'autre.
Après d'âpres négociations, un traité franco-allemand est finalement signé, laissant les mains libres à dame France pour se tailler la part belle du gâteau en occupant le terrain, qui établira son protectorat sur le Maroc, en contrepartie celle-ci cède à l'Allemagne, une partie du Congo ( et non quelques colonnies) et tout ce trafic, au nez et à la barbe des peuples propriètaires des terres, qui se réveillaient un matin, avec la France au pied du lit et le surlendemain, avec l'Allemagne, la Hollande ou l'Angleterre. C'est d'ailleurs, à cette époque, que le monopolie fut probablement inventé !

Le 15  Juin 1913 , les troupes françaises débarquent à Agadir pour occuper le terrain et protéger ses arrières.

En 1916, un premier appontement est construit près de Founti, une simple jetée, nommée " jetée portugaise ", qui a subsisté jusqu'à la fin du XXème siècle, après avoir était améliorée.

Dés 1920, sous le protectorat français, un port est aménagé et la ville connait un premier essor avec la construction du quartier  Talborjt situé sur le plateau.

En 1923, au fur et à mesure que les personnes arrivaient sur le territoire, non loin de Talborjt, le long de la faille géologique de l'oued Tildi, le quartier de Yahcheche, voit le jour.

En 1930, Agadir devient une étape importante de l'Aéropostale où, Saint-Exupéry et Mermoz font escale.

 En 1938 , les européens commencent à s'installer et à construire  la ville composé d'infrastructures administratives et  d'immeubles blancs  en bord de mer, qui font face à l'océan .

Dés 1950 et l'ouverture du nouveau port de commerce, la ville, très dynamique, se développe avec la pêche, les conserveries, l'agriculture, l'exploitation minière. Elle commence aussi à s'ouvrir aux premiers touristes très minoritaires, grâce à son climat et à ses hôtels confortables.




LA FRANCE A PRIVE LES IMAZIGHEN DE LEUR TERRE
c'est une vilaine histoire, dont personne ne parle. On se vante de ses exploits, mais on se garde bien de raconter à la face du monde ses fumisteries.
Dans les années 30, les Imazighens qui avaient resistaient aux arabes, furent le dernier peuple d'Afrique du Nord qui fut obligés de soumettre à la France.

Leurs terres ancestrales, furent distribuées par la France sans leur consentement et furent réparties entre le Niger, le Mali, l'Algérie et la Libye. Allons y gaiement, soyons généreux avec ce qui nous appartient pas !
 Et le moins que l'on puisse dire c'est qu'il y a eu des " pieds-noirs" comme nous, qui n'ont pas apprécié cette crasse honteuse. Et ces tartuffes politicards, nous parlent d'humanité........laissez moi rire !!!

Ainsi furent ignoré les Imazighens indomptés, les laissant errer dans le désert avec leurs chameaux et leurs troupeaux de chèvres, pour leur avoir volé leurs meilleurs terres.
Que pouvaient ils faire, après que la France est réussie à installer ses canons au Sud , sous le nez des touaregs ? Laisser des veuves et des orphelins errer seuls dans le désert ?.
Et nous avons fait, ce qui devait être fait. Mon père comme bien d'autres européens, ont aidé les berbères proches de nous à l'occasion.
Comme le disait le père de mon compagnon, pour apaiser ma colère :  '' il faut savoir courber l'échine, pour sauver les siens.! " Vu comme ça, ok, mais c'est dur à avaler.




QUANT ON VOLE LE PAIN DU VOISIN, IL FAUT LE PAYER TOT OU TARD
Et depuis 20 ans la sécheresse s'aggravant, les Imazighens peinent à nourrir leurs bêtes. Et que fait la France ? RIEN !
Alors, excusez moi du peu, mais ceux qui sont en France, on le droit d'y vivre ! . Quant on vole le pain du voisin, il ne faut pas s'étonner de le payer tôt ou târd !
Les animaux sont très importants pour les Amazighs,ils boivent leur lait, mangent leur viande, utilisent leur peau, et c'est une monnaie d'échange importante.
Alors, quand les animaux meurent de faim, le peuple meure obligatoirement où, ils sont obligés de se sédendatiser et de dépendre d'un système qui les prive de leur liberté et de leur indépendance.
Voilà, ce que font certains politocards en guise de charité humaine, ils vous obligent à dépendre de leur système pour vous imposer leur merde, leurs trafics en tous genres pour s'enrichir à vos dépends. J'arrête, je vais encore me faire du mal et c'est mauvais pour mon âme !!!!


LES GRANDS PRIX AUTOMOBILES
Que de souvenir pour une petite fille qui devint accroc des courses de voitures et de tous les sports extrêmes.
Dés 1952, Agadir pendant plusieurs années de suite, organise le Grand Prix automobile d'Agadir, puis le Grand Prix du Maroc.

Aujourd'hui, cela c'est perdu, les Français étant partis, les Marocains l'ont remplacé par les courses de bourricots et de chameaux !.
C'est à cette époque, que fut développé Agadir en y ajoutant de nouveaux quartiers dont certains étaient inachevés lors du séïsme en 1960.



 

AGADIR OU MA FAMILLE PERIT UNE NUIT D'HIVER
Agadir fut jadis une ville très vivante et très animée avant que survienne le tremblement de terre, où la majorité de ma famille ingénieurs et architectes, étaient installés depuis des années. Ils venaient d'ailleurs d'emmenager dans les nouveaux quartiers , lorsqu'ils périrent tous  le 29 Février 1960 à 23h 40, une chaude nuit d'hiver qui devint brûlante, suite au tremblement de terre  qui dura 15 secondes et  qui frappera  si violemment Agadir.

Les quartiers de Founti, Talbordj, Yachech et la Kasbah sont détruits à 95%, et les nouveaux quartiers où vivait ma famille fut détruite à plus de  60% et malheureusement pour eux, ils était du mauvais côté.
Si mon père n'avait pas décidé soudainement, ce soir là de rentrer à Tidzy, pour être malade, je ne serai pas là, pour en parler.
La base aéronavale épargnée a aidé aux recherches de suite après le séisme, pour essayer de trouver dans les décombres des survivants.
Plus de 15000 personnes, soit environ la moitiè de la population a péri  cette nuit là en moins de 30 mm, après notre départ, sans compter les personnes handicapées à vie. Ce fût le deuxième choc à digérer, après Oued Zem !
 

UNE PENSE POUR TOUS CEUX QUI NE SONT PLUS 
Je suis fière d'avoir  connu cette petite ville au parfum d'Orient, j'ai une pensé pour tous les anciens qu'ils soient les miens ou non, Français et Berbères réunis qui ont laissé leur vie pour avoir construit Agadir et espéré en un avenir meilleur, après tant de souffrances et de conflits, qu'ils puissent reposer en paix.

Je n'ai rien oublié du pays de mon enfance et de ma jeunesse, et bien moins encore ma plus belle histoire d'amour avec mon prince assis , aujourd'hui, à la droite de nos ancêtres et de nos pères. Et pour qui entre parenthèse, l'Islam s'arrêtait derrière le dernier palmier. Une plaisanterie qui me fait toujours sourire, encore aujourd'hui !
Entre nous, il va bien falloir un jour, de l'autre côté du miroir, qu'il me dise, où il se trouvait ce sacré dernier palmier : au Moyen Orient, probablement !
Ce qui prouve que Mahomet ne les a pas tous soumis à sa volonté........grâce à dieu Ils en ont  assez supporter entre les Arabes et les Français qui voulaient leur imposer leur vision du monde par la force. Et franchement, ils ne sont pas rancuniers, les touristes Français qui ignorent tout de leur histoire, pour la majorité, vont encore les faire chier dans le désert !



LA POPULATION DE 1913 A 2012.......................................
En  1913 Agadir compte péniblement 950 habitants
En  1960, elle compte à peine 39500 habitants.

En 2012, 50 ans après, la ville héberge  déjà 657100 habitants, c'est ce qui fait qu'Agadir a bien changé. Elle est devenue une grande Dame, beaucoup trop grande, beaucoup trop grosse, beaucoup trop bruyante, trop commerciale : bref une ville à l'européenne sans âme, trop ordinaire, pour moi qui aime l'espace, la montagne  et le désert. Au moins Tidzy est épargné !
Mais à ce rythme, ils vont finir par étouffer et par regretter le temps où, il y faisait bon vivre. Et ils se tourneront, alors, vers la campagne si le désert qui avance, ne les a pas tous englouti, pour déboiser sans se soucier du lendemain !

Agadir la belle a vraiment tourné une page sur une époque douloureuse et déjà lointaine, pour devenir une mégapôle touristique, soitt........ mais sans âme.
Elle a toujours ses immeubles blancs, ses larges boulevards fleuris, ses hôtels modernes et ses cafés de style européen, son soleil et son ciel bleu, mais Agadir n'est plus la petite ville typique et traditionnelle où tout était à faire et à refaire, avec ses parfums, son histoire, ses mystères, où se croisaient les aventuriers, les négociants,  et les fous amoureux d'Orient.
Elle est juste devenue une cité moderne, active et dynamique à l'image des villes européennes, uniforme et impersonnelle. Ce n'est donc pas à Agadir, que je finirai mes jours, elle restera toujours la ville des morts.
Car nul besoin d'être prophète, mais jamais deux sans trois et le troisième sera plus redoutable encore, car l'épicentre est toujours présent, et lui ma foi, est toujours bien vivant !

La Kasbah d'Agadir : que nous nous appelions jadis Médina le mot "Kasbah" était employé par l'armée et pour nous, cela ne voulait rien dire ( ce mot veut dire "maison " ). Par contre c'était un mot que l'on employait pour parler de notre maison " je vais à la kasbah ! pour dire je vais à la maison ! "

Donc cette médina était devenue une authentique forteresse aux petites souikas ou rues sinueuses et animées, construite en 1572 , puis fortifiée en 1752 par Moulay Abdallah qui craignait une nouvelle attaque des Portuguais.
Elle fut, malheureusement, frappée de plein fouet par le séïsme. Rien ne lui fut décidemment épargnée !
De  cette fière citadelle, il ne reste plus qu'une longue muraille restaurée qui entoure aujourd’hui, un terrain inconstructible pour être sur l'épicentre et  en mémoire de cette triste nuit. Elle était l’un des plus vieux quartiers d'Agadir, comme celui de Founti qui s'étalait au pied et qui faisait  face la mer, et qui fut détruit complétement.

Les anciens d'Agadir se souviendront du fameux, Café Maure de la Médina et de sa vue panoramique exceptionnelle sur la baie d'Agadir comme de l'hôtel restaurant Mauritania où enfant, je jouais avec ma cousine disparue et où je me suis ouvert le front sur le rebord d'une fenêtre et recousu à vif sur le tas et qui aujourd'hui, me rappelle chaque jour, ce pays enchanté et ma famille qu'elle soit berbère ou non, qui s'est éteinte dans son sommeil, une nuit d'hiver. Je pense ainsi à tous ceux qui aujourd'hui, gardent les lieux. 


La colline porte l'inscription en arabe : " Dieu, la Patrie, le Roi " qui, comme les remparts, est illuminée de nuit.
Et là, moi je dis, histoire de ne pas en louper une :  " Dieu, la patrie et après moi, le roi , il ne faudrait pas déconner, ce jour là, il n'était pas là ! "

Voilà, en gros pour l'histoire d'Agadir et la mienne que je dédie à ma famille d'Orient et d'Occident, et surtout à ma fille Caroline qui a hérité de mon passé et des voyages.
Afin qu'elle se souvienne qu'un jour ses ancêtres ont vécu en terre d'Orient et que beaucoup y sont restés pour l'éternité, après avoir vu le jour en Occident. Et si nous étions si proche des berbères, comme le disait si bien mon père, c'est pour avoir aussi  en tant qu'Espagnole, du sang berbère. Et si j'ai toujours défendu ma liberté et mon indépendance, c'est parce que ce sentiment me vient de loin.


LE GUERRAB
Ces marchands d'eau, ont souvent croisé mon chemin, lorsque je révassais sur la place Jama El Fna à Marrakech où, j'allais au Lycée Mohamed V, puis au lycée Renoir.
Autrefois, les porteurs d'eau étaient légions, et pour cause, on avait pas encore inventé la bouteille polluante en plastique pétrolifère, et par ailleurs, l'eau provenait avant tout des puits ou de sources, avant l'arrivée du robinet. 
Ils m'amusaient toujours , sous leur costume bariolé, j'avais l'impression qu'ils sortaient d'un livre pour enfants.

Guerrab est le nom qui désigne le porteur d'eau. C'est un métier qui fut jadis l’un des piliers des marchés orientaux. Habillé d'un superbe costume rouge et d'un chapeau multicolore (tarazza) particulier selon la ville où ils travaillaient, ils ne passaient jamais inaperçu en particulier à Marrakech, en proposant de l'eau fraîche aux marchands, comme aux touristes à lépoque très rare et aux autochtones.

Leur habit est toujours  composé de coupelles en cuivre ou en fer blanc pour les vendeurs du moins Marrakchis. Le terme arabe  "guerrab" est en vérité le nom de la poche d'eau en peau de chèvre, et ornée de pièces de monnaies anciennes reluisantes selon la ville.

Sa cloche retentit pour signaler sa présence sur les marchés entre autre.
Ce métier traditionnel a disparue et les derniers porteurs d'eau  n'existent plus que pour le folklore en souvenir d'un passé révolu, et pour amuser les touristes, paraît il.
Mais les porteurs restent néanmoins une attraction dans les souks qui leur donne un petit air d'antan sympa que les artisants et marchands apprécient grandement. Et les  pieds-noirs adorent revoir ces vieux métiers connus jadis, tout comme les calèches de Marrakech, derniers repères d'une époque révolue.


LES  GNAWAS
Les Gnawas sont des musiciens dont  la grande majorité sont des  descendants d’esclaves africains ou d'ailleurs. On les reconnait de part leur peau plus ou moins sombre, pour avoir été en majorité, métissés  avec des arabes ou des Berbères ou pour avoir eu des ancêtres esclaves blancs ou européens.
Les Gnawas sont réunis en confrérie autour d’un maître musicien nommé mâallem. Leur style musicale est un mélange africain- arabo-berbère.


Leurs danses  comme leur chants,  ont une origine mystico-religieux. Avec leurs crakebs (castagnettes en métal) et leurs percussions, les chanteurs et danseurs Gnawas peuvent parfois entrer en transe. Après ma foi, il faut aimer le style  qui semblerait envoûter les touristes. Quant à moi, bof, aucun effet !!!

Certains Gnawas font preuve d'imagination et développent leur art en s'inspirant des artistes acrobates. Ils portent souvent des robes de couleur et des bonnets particuliers, afin de se distinguer des autres confréries. On peut les croiser par exemple sur la place Jama El Fna à Marrakech qui n'a pas changé, ou dans les Moussems.
Le Festival des Gnawas d'Essaouira au Maroc, est quant à lui un haut lieu de rassemblement annuel ou les confréries de musiciens s'exercent à leur art et s'échangent les dernières nouvelles, nouveautés et leurs dernières innovations . Ce festival vaut le détour.



LE COUSCOUS, C'EST COMME LA PAELLA
J'adore le couscous et surtout les tajines aux raisins secs et aux prunaux et une grand-mère était maitre dans cet art culinaire ancestrale. Bref , j'adore le cuisine berbère, c'est l'une des meilleur au monde et comme méditerranéenne, je dis même que c'est la meilleur au monde !!!!
Bon ok, la patisserie, mieux vaut éviter avant 50 ans ! Après 50, où il y a de la gêne, il n'y a plus de plaisir ! Et en ce qui me concerne, étant épaisse comme une arbalette, je peux m'en goinffrer, sans prendre un gramme !! C'est pour les copines qui grossissent juste en regardant un gâteau !

Le couscous, c'est comme la paella, il n'y en a pas un seul identique. Chaque famille y ajoute son ingrédient préféré.
Ce plat nord-africain était constitué à l’origine de semoule de blé  cuite à la vapeur, agrémentée de pois chiches, de petits pois et de raisins secs. Au fil du temps, chacun a ajouté de la viande d'agneau ou de poulet, puis les familles ont ajouter de nouveaux légumes comme les courgettes, oignons, carottes, navets et tomates.

Personnellement, je n'aime pas les carottes dans le couscous et je rouspette si je n'ai pas mes raisins secs et si la semoule n'est pas fine. Que voulez vous, j'aime le couscous rafiné  !.


Suivant les recettes, géographiques ou familiales, certains ingrédients sont absents, d'autres ajoutés ou remplacés, si bien que deux couscous ne se ressemblent jamais. Certains adeptes le consomme par exemple avec du lait chaud à l'oignon, ou servi sucré, garni de dattes et de raisins secs. Il faut juste aimer !. Mieux vaut éviter de boire en mangeant un couscous, si vous ne voulez pas avoir un ventre comme une pastèque !

Au Maroc comme en Algérie, on fête traditionnellement les mariages et les cérémonies religieuses en mangeant le couscous préparé avec sept variétés de légumes cuits à part avec du miel. Quelques soit sa composition et ses variantes, le couscous est toujours accompagné d’épices savoureuses et parfumées.



LE MEHNDI UN DECOR NATUREL DES MAINS ET PIEDS
Le mehndi c'est l'application du henné sur la peau. C’est un tatouage naturel et de courte de durée. Cette technique artistique est pratiquée dans divers pays arabes et en Asie d'où est originaire cet art.
Il est dessiné selon des modèles éthniques, principalement sur les mains et les pieds .
La préparation de la pâte est effectuée par broyage des feuilles séchées de henné jusqu'à obtenir une poudre. On y ajoute du jus de citron, pour libérer le colorant, et du sucre pour l'onctuosité. Selon les effets désirés plus ou moins sombre, le hénné est mélangée soit avec de l'eau, du thé ou  du café.

Selon le temps de séchage et la nature de la peau, le tatouage peut résister de quelques jours à deux semaines, le rouge-brun évoluant vers l'orange avant de disparaitre.
Le mehndi est une activité artistique  qui réunie les femmes, pendant laquelle, elles parlent de tout et de rien en attendant que les mains peintes séchent au soleil. J'aimais bien les dessins uniquement, sur le dos des mains et les ongles pour les faire durcir.


RECETTE MAROCAINE POUR DES ONGLES DURS
Pour faire durcir ses ongles, en regardant la télévision ou les mouches voler : verser de l'huile d'olive à mi-bol et ajouter un demi-citron pressé , puis tremper ses ongles ou ses doigts pendant 10mn, tous les jours , puis le faire une ou deux fois par semaine. 


LE FIGUIER DE BARBARIE, UNE PLANTE MAGIQUE
Mon dieu que c'est délicieux, quant on ne se pique pas les doigts. Le figuier de barbarie est une  plante grasse qui produit un fruit comestible dit  figue de barbarie . Mais curieusement cette plante est originaire du Mexique, d'où elle fut importée. Elle s’est répendue, appréciant le climat, sur le pourtour méditerranéen où elle est depuis, cultivée.

Ses fruits gorgés de vitamine C, sont très savoureux. Et ses fleurs de couleurs variées sont très jolies sur la table ou pour décorer une corbeille de fruit,...
C'est un fruit que nous mangions souvent le matin en provenance directe du jardin.
Si les figuiers sont cultivés pour leurs fruits, il produit également  une huile qui sert à la création de pommades et de liqueurs. C'est une plante arborescente qui peut atteindre plus de 5 mètres de haut, facile à cultiver et qui a besoin de chaleur.



LES SINGES MAGOTS ET LA FAUNE
Dans le moyen atlas et en particulier à Ouzoud, vous pouvez rencontrer des singes nommés Magots dit aussi singes du désert, qui se nourrisent de fruits, de plantes et d'insectes.
Mais l'on peut voir dans le sud, des Ibis, des gazelles, des fennecs, des chacals, de grosses tortues, de superbes lésards mais aussi des scorpions et des serpents , beaucoup moins sympas.


LA PALMERAIE DE SKOURA
Cette palmeraie était pour nous le Jardin d'Eden, où nous allions chercher nos fruits. Située à 42 km de Ouarzazate, l'mmense palmeraie de Skoura, sous ses palmiers elle abrite de nombreux arbres fruitiers : grenadiers, amandiers, abricotiers, dattiers, figuiers, noyers et oliviers : un vrai régale bio.
Cette palmeraie comprend de nombreuses maisons fortifiées, dont la plus connue est celle d'Amerhidi.
Ce paradis de verdure et de tranquillité est situé à 1188 mètres d’altitude, entre les versants sud du Haut Atlas et les crêtes nord du djebel Sagho.
Skoura est le premier point de passage sur la route des mille Kasbahs, qui mène à  la vallée du Dadès et les gorges de Todgha toutes deux aussi splendides et  au printemps en particulier.


LES KASBAHS, L'IGHREM, LE KSAR ET LES KSOURS....
 Au Maroc,une kasbah (casbah en Français), désigne  une citadelle ou une habitation fortifiée. Par exemple : la kasbah des Oudaïa, à Rabat .
Ce terme vient du mot arabe "kasabah" signifiant "roseau" . Ce matériau était utilisé jadis, pour ses propriétés ergonomiques et économiques, dans la construction des toitures en tant qu'isolant thermique , contre la chaleur, le froid et l'humidité.

Ce matériau était dans les anciennes médinas édifiées généralement en bordure des fleuves ou des cours d'eau où cette plante abondait.
Les médinas dont les ruelles étaient couvertes  de toitures en roseau étaient nommées kasbah et c'est ce qui explique que les Français ont baptisait tout et n'importe quoi, kasbah ! 
Les maisons berbères ont aussi un toit de roseaux et de terre.

Actuellement, ce matériau, devenu rare, pour avoir était surexploité,  est remplacé de plus en plus par des plaques ondulées en plastique qui changent l'esthétique des souikas  ou des ruelles commerciales traditionnelles des médinas historiques de Marrakech, Fez, Taroudant,.... etc. Mais le terme kasbah est resté. 
Les ksours sont donc composés de Kasbahs ou de maisons, que l'on trouve à l'intérieur d'une anceinte, avec des ruelles dites souikas, l'ensemble accompagné d'une médina. Les maisons  isolées et fortifiées sont dites  kasbahs et pour cause.
Les villages simples sans médina, ni enceinte, ni kasbah fortifié est un douar.


Par ailleurs, le plus attristant , c'est que  le mot kasbah  a tendance à s'étendre à toutes les habitations historiques maghrébines.
C'est  à un tel point  qu'on l'applique aujourd'hui à tort à tout et à n'importe quoi, comme aux  ksours  du sud du Maroc, exemple : la celèbre "kasbah" Aït Benhadou , dont l'appellation authentique est  IGHREM ou  Agadir grenier collectifLES IGHEMS :  sont de vastes greniers nommés aussi "agadir". Ce vaste grenier fonctionnait comme une banque, mais en vérité, se sont les banques qui fonctionnent comme ces greniers dont les Templiers adaptèrent le système.
Jadis, on ne déposait pas de l'argent, mais des objets et des documents précieux. On y déposait également des denrées, le grain ou blès,et tout autre produit qui coûtait cher.

Le gardien-banquier prélevait 10% du produit agricole qu'il divisait en 4 : une part pour le banquier et les siens, une part pour les indigeants, une pour l'Imam et la dernière pour le Marabout. Aujourd'hui, la vie a changé, et les Ighrems tombent en ruine, les uns après les autres. Vous pouvez en visiter, si vous le demandez poliment et si vous payez le gardien 10 dhiram et l'on vous faira visiter ce qui doit être vu.
Les ighrems ou les banques ne sont pas à confondre avec des kasbah ou des ksours.


Quand plusieurs kasbahs forment un village, cela s'appelle un  ksar , au singulier, et ksours au pluriel.
En général, il abrite des populations d'origines fort diverses. Plus on va vers le sud, plus ce mode d'habitat est courant.

Le problème, c'est que les cartographes reproduisent les mêmes âneries et propagent ainsi des inepties.



LES FANTASIAS DES COMPETITIONS DE HAUT NIVEAU
J'ai toujours adoré les fantasias que je manquais rarement, tant j'étais admirative de tant de maitrise. Et c'est ainsi, que j'ai appris à monter à cheval à Ihroud et à Essaouira et pour moi, c'est la plus belle des manières de monter à cheval. Un style décontracté qui permet de faire corps avec sa monture tout naturellement, sans raideur et que je retrouve d'ailleurs, en Camargue. Il est fort possible que cet art fut transmis par les Maures qui n'étaient autres que des berbères.Mais les Numides d'Algérie étaient des cavaliers émérites de haut niveau qui ne craignaient pas la haute voltige. Ils connaissaient les compétitions cavalières ou fantasias et avaient les mêmes pratiques religieuses anémistes que des touaregs aujourd'hui. Soit ce sont des descendants, soit ils ont été à bonne école !

Quoi qu'il en soit, c’est une tradition millénaire, unissant l’homme à son étalon, très souvent de véritable merveille de la nature. Cette tradition Berbère, fait aujourd'hui , partie du patrimoine culturel marocain, mais reste avant tout berbère. Un art transmis de père en fils. La Fantasia est un sport de haut niveau, pratiquée par les meilleurs, pour fêter les moussems (fête des semailles et de la moisson), pour aussi célébrer un saint ou, pour entretenir la tradition et surtout l'esprit de compétition en s'entrainant pour les festivités qui leur permet de démontrer leur talent. C'est plus beau qu'un match de foot ! Au moins, ils courrent pour le plaisir et ne sont pas drogués !!
Les Berbères étaient de grands cavaliers et de redoutables guerriers , jadis réputés, et les Fantasias sont une manière de perpétuer cette ancienne tradition et de conserver cet art de la cavalerie qui n'a rien avoir avec l'équitation bon chic, bon genre plus gaindée que naturelle, dont je peux m'empêcher de me moquer et je ne parle pas de la bombe bien souvent trop grande, que je trouve ridicule et que j'ai envoyé valdinquer plus d'une fois '' c'est quoi cette merde , je veux monter à cheval, pas me rendre ridicule ! : ô la vilaine !!! Bon revenons à nos moutons ! Heu, à nos chevaux !
Leur monture équipée d'harnais travaillé et d'une selle typique, souvent splendide  et colorée, forme un équipage de bel allure et séduisant surtout  quant il y  a un bel homme de 25 ans  beau comme un dieu,  et qui retient toute votre attention ! !!!, dommage c'était hier !.


La chevauchée fantastique s’élance en ligne, est effectue des tirs commandés  et des acrobaties équestres qui démontrent leurs capacités de cavaliers , agilité, endurance, équilibre et force, tout en simulant les assauts  des temps jadis qui ont fait leur renommé par le passé.

Les hommes et les chevaux galopent et stoppent net,puis ils tirent en l’air à l’unisson, pendant que les "youyous"  des femmes se font entendre : ce sont des sons millénaires, émis avec la langue claquant le palais, et pratiqué jadis, par les femmes arabes du Moyen Orient . Je n'y suis jamais arrivée, je ne dois pas avoir le palais assez haut !.
Quant à leurs chevaux, ils sont  bichonnés, bien plus que les femmes du royaume. Il faut dire que ce sont souvent de magnifiques étalons arabes !

L'ensemble de la Fantasia est réglée à la seconde et au millimètre près. Quant aux femmes jadis exclues du jeu, elles commencent à les imiter, mais elles sont encore très rares. Mais dans 20 ans, cette tradition sera un sport par excellence, aussi bien masculin que feminin, ce qui ne manquera pas de piment. Et le hommes verront qu'ils ont parmi eux des femmes guerrières de même valeur : que dieu me prête vie, pour voir ça !



LES TANNERIES MILLENAIRES 
Pour avoir des poufs,des sacs, des babouches,...en cuir, il faut des tanneries et des tanneurs.
Il s'agit d'un art artisanal millénaire et traditionnel très répandu au Maroc qui grâce à dieu n'a pas encore opté pour la merde chinoise, le plastique et autres dérivés du pétrole. Au Maroc, on fait du bio, du naturel, du beau et quant il n'y aura plus de pétrole, il y aura toujours les peaux !

Le tannage des peaux est inérant à de nombreuses cultures de part le monde qui savent conserver les arts anciens. 
Les tanneries sont installées en périphérie des souks en raison des fortes odeurs dégagées par les peaux et les teintures.  Et la personne qui n'est pas habituée à ce genre d'odeur âcre, risque fort d'avoir mal au coeur et d'avoir des maux de tête.
Les tanneries n'ont pas changé depuis des millénaires et c'est un retour sur le passé que les arabes ont su conserver et qu'il est intêressant d'observer, car les tanneurs ont bien du mérite.La tannerie la plus importante, et  très réputée est celle de Fès.


UN TANNAGE BIO A 100% 
Les peaux de moutons, vaches et chèvres sont achetées dans les souks après l'abbattage pour la viande de boucherie et apportées à la tannerie. Elles sont salées pendant quelques jours avant de subir un reverdissage (bain destiné débarrasser des impuretés et du sel).
Une fois les poils retirés par l’épileur, les peaux sont plongées dans des bassins à chaux, puis subissent l’action de bain successifs (fiente de pigeons, son, écorce de grenades et tannin).
Enfin, les étapes de teinture et assouplissement donnent au cuir les qualités appréciées pour la fabrication de babouches, sacs, poufs et portes monnaie.



L'ART DU THE A LA MENTHE FRAICHE
J'adore le thé à la menthe et j'en bois tous les jours, pour avoir de la menthe fraîche à ma porté.
Le thé à la menthe, d’origine Arabe, fut introduit au début du XXème siècle par les arabes, et il est aujourd'hui, la boisson traditionnelle des pays du Maghreb.
Boisson de l'hospitalité, il n’est pas seulement à la fin des repas, mais tout au long de la journée. À la différence de la cuisine, faite par les femmes, le thé est traditionnellement préparé et servi par les hommes. Et c'est vraiment agréable d'être servi pour une fois ! 

Préparé par le chef de famille, il est servi à l'invité, et ne se refuse pas car cela serait perçu comme un manque de respect, de savoir vivre , de politesse.Et suite à cela, vous êtes fichés ou mal vus !
Ce thé servi très chaud, est obtenu grâce à l'infusion de feuilles de thé vert et de menthe vert fraîche, et plus ou moins de sucre . Parfois on l'accompagne de pignons de pin, mais c'est assez rare. On verse l'eau chaude en tenant la théière à une certaine hauteur, non sans raison : c'est une question d'oxygénation, et on ne laisse pas le thé infuser indéfiniment dans la thèire, mais jusqu'à obtenir une couleur mordorée.
Ce breuvage à un grand nombre de vertus, notamment toniques et digestives, connu depuis l'antiquité.

Il accompagne souvent les couscous et les tagines, pour améliorer la digestion.

LES TROIS THES : Le thé est servi trois fois et on ne fait pas la fine bouche, c'est ainsi et mieux vaut s'y plier. Et tant pis si vous n'aimez pas la menthe,le thé chaud ou si vous n'avez pas soif,  il ne fallait pas y aller !

Chaque verre de thé à un sens : on ne fait rien sans raison .

Le premier thé est amer comme la vie,
Le second est fort comme l'amour
Le  troisième est doux comme la mort.


Après à chacun son opinion : pour moi le premier est doux, le deuxième est fort et le troisème est amère pour être resté trop longtemps dans la thèïre !



LA MENARA
Le bassin de la Ménara à Marrakech, fut crée au XIIème siècle par les Almohades et servait de réserve d'eau.
Il mesure 200 mètres de long et 150 mètres de large. Grâce à un ingénieux système de canalisations, il permet l'irrigation des jardins de la Ménara composés d'une centaine d'hectares.
A côté du bassin se dresse un petit pavillon saadien restauré en 1869. En arrière plan de celui-ci, on peut voir par beau temps les montagnes enneigées de l'Atlas et une immense oliveraie, où jadis, j'aimais me ballader.
La légende dit que le sultan Moulay Ismal recevait ses courtisanes dans le pavillon et après ses ébats se débarrassait d'elles en les noyant dans le bassin. Mais ce n'est qu'une légende : quoi que !
Le tourisme s'étant développé, des gradins ont été aménagés , ainsi qu'une scène amovible qui sort de l'eau, afin d'accueillir des artistes pour des soirées musicales très sympas. J'aime les améliorations quant elles sont modérées !



LES CASCADES D'OUZOUD
Que de merveilleux souvenirs. Aujourd'hui, ce lieu est devenu trop touristique, trop mercantile, pour moi. C'est toujours un problème, quant on a connu l'avant et l'après et quant on aime les espaces sauvages !
Mais les chutes d'eau sont toujours aussi fabuleuses et restent parmi les plus beaux sites du Sud  qui méritent le détours.
Situées à environ 200 km au nord-est de Marrakech. Ces carcades constituent, aujourd'hui, une attraction touristique importante. Jadis, elles étaient sauvages et nous y campions en famille, lors de grandes réunions familliales: pêche, ballades, baignades et barbecue à volonté et pas un seul touriste à l'horizon, le pied ! 
Les chutes d’eaux  mesurent 110 mètres de hauteur. Ses eaux rebondissent sur plusieurs paliers, projettent dans l’air de fines gouttelettes, soulignées très souvent par un bel arc en ciel.
Aujourd'hui, la traversée de la rivière que l'on faisait jadis en nageant, se fait en empruntant de petites barques baptisées avec humour , Le France, Phocéa ou encore Titanic . 
En longeant une magnifique oliveraie sur 2 Km, on peut observer le manège des singes magots  dépasser un ancien pressoir à huile, avant de rejoindre les sources d’Ouzoud situées à 6 Km.
Voir aussi IMINIFRI : les orages souvent violents ont creusé un pont naturel dans la roche.


TAFRAOUT : à 6km, il faut voir les rochers peints , des peintures réalisaient en 1984 par un peintre suréaliste Belge. Cette idée de génie fit couler beaucoup d'encre à l'époque pour avoir été perçu comme un fou ! Du jamais vu pour des Arabes qui le prenaient pour un maboul.Pour l'époque c'était très avangardiste. Mais aujourd'hui, ils le bénissent et les entretiennent. Elles viennent recemment d'être repeintes et ça pet dans la garrigue orientale !

LES JARDINS MAJORELLE DE MARRAKECH...................
Si Marrakech fut toujours une belle ville les jardins de Majorelle fut mon jardin d'Eden.
Lorsque je sortais du lycée, j'aimais traîner dans ce jardin  que je trouvais splendide et qui après notre départ,  tomba en déssuétude dés 1970 pendant de longues années , avant d'être restauré par Yves Saint Laurent et qui redora le blason de la ville par la même occasion.

Si jadis j'aimais ce jardin pour sa beauté, je l'aimais pour son espace. Il est vrai que ses couleurs étaient délavées et plutôt tristounettes, mais la végétation ne se portait pas mal. Aujourd'hui, il a retrouvé ses couleurs, mais Saint Laurent a eu, tout de même la main un peu lourde sur la végétation, à un tel point que j'étouffe, tant il y en a de trop.
Quant au bleu, c'est un peu exagéré, Majorelle n'en avait pas mis partout ou alors, la peinture avait vraiment passé au soleil !. Enfin, c'est mieux que rien !

Je trouvais ce jardin fabuleux et j'adorais y révasser ou retouver mes amies au pied d'un kiosque qui n'était pas bleu mais vert bronze.
Le bleu majorelle a marqué ma vie et par la suite ma déco.
Au point d'en écoeurer ma famille et d'être obligée de changer de couleur, pour varier les plaisirs et, avoir la paix !



LE TAGUELMOUST EST UNE VERTABLE CARTE DE VISITE...................................................................................
Les Imazighens portent souvent un vétement nommé Takakat et un chèche, appelé Taguelmoust .
Le Taguelmoust est un turban qui mesure 3, 4 ou 5 mètres de long, selon le rang de l'Amazigh qui le porte.
Plus le chèche est long plus un touareg est de haut rang ou, très important ?.
Le Taguelmoust est donc une carte de visite dont chaque plis a une signification précise, qui est déchiffrée par les personnes initiées, en plus de les protéger contre les caprices de la nature et c'est ce qui explique, qu'ils le quittent  rarement en dehors de leur habitation.

Il peut être de différentes couleurs: noir,beige, rouge,vert amande,orange ou jaune. Il peut être de deux couleurs également.(Photo ci-contre, represente un homme Kabyle de haut rang : craquant ! )
 Mais il existe deux couleurs qui ont une signification très spéciale comme par exemple, le Taguelmoust blanc qui est porté lors d'un jours important ou pour imposer ou montrer un signe de respect.
Le Tamalgoust bleu indigo est composé d'un tissu très particulier, celui-ci est porté les jours de fête ,et les jours de froid car il est plus chaud que le chèche en coton. L'ennui c'est qu'il déteint sur la peau à cause de la transpiration et cela fini par en  imprégner l'épiderme . A un tel point, que jadis, cette couleur de peau leur valu le surnom "d'homme bleu ".
Les touaregs, portent le tamelgoust de manière à ne montrer que leur regard, qu'ils estiment être le miroir de l'âme. Le regard est plus important que les mots.
Les femmes touaregs ne se voilent jamais : c'est ce qui les différencie des berbères classiques ou arabo-musulmanes, l'Islam oui, mais à petite dose, et si certaines le font c'est qu'elles sont mariées à des Islamistes. A mes yeux, ce ne sont plus des berbères, mais des arabes.

Voilà, j'ai fais de mon mieux, pour vous parler du Sud du Maroc. Il est évident que  ce pays est bien plus que cela. Mais à chacun de faire le reste du chemin et d'avoir la chance de rencontrer des êtres qui vous ressemblent et qui ont tant à raconter, si vous vous passionnés pour leur histoire aussi mouvementée soit elle. Et si j'aime autant ce pays et ce peuple, c'est parce qu'il fut un jour le mien.