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mercredi 25 janvier 2012

JORDANIE: LE ROYAUME DES NABATEENS




Un voyage à faire au moins une fois dans sa vie avec celui ou ceux que l'on aime car le désert Jordanien est magnifique à contempler. C'est un espace fantastique pour méditer et tout oublier, c'est un bon dans le temps qui ne peut que faire du bien à l'âme. Il est dommage que les bédouins se sédentarisent peu à peu pour entrer dans le giron de l'homme dit moderne, prisonnier d'un système plus destructeur que constructeur, troquant leur liberté contre une dépendance assurée par le même système uniformateur.

La capitale de Jordanie est  Amman  qui a abrité plusieurs civilisations : c'est une ville sans charme, comme l'on en voit un peu partout, qui n'attirerait pas grand monde sans les ruines romaines et nabatéennes entre autre.
Au XIIIème siècle avjc. Amman avait pour nom Rabbath Ammon, et cette cité était la capitale des Ammonites. Elle a ensuite été envahie par les Assyriens, les Perse puis les  Grecs.Ptolémée ll,  la renomma Philadelphia. La ville fit partie du royaume Nabatéen, jusqu'en 106 apjc, où elle passa sous la domination de Rome.
Philadelphia fut renommée Amman pendant l'ère Ghassanide et fut  détruite par plusieurs tremblements de terre et catastrophes naturelles. Elle resta un petit village ruiné jusqu'à l'arrivée des Circassiens en 1887. Les Circassiens, majoritairement musulmans, ont quitté le Caucase annexé par les Russes sous les Tsars.  Certains se sont installés en Turquie et d'autres en Jordanie.

Amman resta une petite ville jusqu'en 1948, quand la population augmenta considérablement à cause de l'afflux de réfugiés Palestiniens fuyant l'occupation des sionistes et des juifs déportés. Amman se développa rapidement à partir de 1952.
La population de la ville continue à augmenter au fil des différentes immigrations des populations fuyant les guerres ou les territoires occupés : Palestiniens, Irakiens, et Koweïtiens. La ville recèle encore de superbes vestiges romains et, c'est bien les plus belles choses à contempler, car le reste ne vaut pas le déplacement. Autrement en Jordanie, la plus belle chose à voir en dehors des sites romains et Nabatéens, c'est bien le désert, le sable doré et les montagnes rocheuses aux couleurs chatoyantes. Un paysage grandiose à perte de vue et les nomades dont j'adore écouter nous conter leurs épopées passées
C’est dans le désert de Jordanie qu’est située l’ancienne citée de Pétra, jadis capitale des Nabatéens.

Aujourd’hui gardée et habitée par les Bédouins. On peut y admirer les ruines de temples et de tombeaux parmi les plus belles et les plus impressionnantes de tout le Proche-Orient. C’est le fait d'avoir était taillé dans le granit rose, une roche dur qui a valu à cette fabuleuse cité le nom de Pétra dont le nom signifie Roche en grec.
Plusieurs monuments magnifiques ont été taillés à même les rochers, comme le monument dit "Trésor du pharaon".
Le
Trésor du pharaon est sans doute le monument de Pétra le plus célèbre. 
C’est le premier monument qu’on aperçoit, lorsque l'on commence la visite de Pétra ,car il est situé au bout de l’étroit canyon par lequel on accède au site.
Le Trésor du pharaon doit son nom à la légende selon laquelle des pirates y auraient caché leurs trésors. En fait, ce n'est rien d'autre que le tombeau d’un roi nabatéen.

LES NABATEENS
À l’origine les Nabatéens étaient des nomades en provenance du désert d’Arabie, dont l’économie reposait principalement sur le pillage de caravanes. À partir du IV ème siècle avant notre ère, ils ont exercé progressivement le contrôle sur les routes commerciales, où passaient les caravanes, et c’est ainsi que leur territoire s’est étendu.

Le royaume qu’ils ont fini par constituer était parsemé de routes caravanières contrôlé par les Nabatéens où circuler l'encens, la myrrhe, les bois précieux, les épices et les aromates,  de Damas à Alexandrie, en passant par Gaza et le Sinaï.
Le site de Pétra, situé à l’intersection de routes commerciales importantes, était une forteresse naturelle. C’est là, que les Nabatéens ont établit leur capitale, il y a plus de 300 ansPétra n’était pas simplement une nécropole, mais une cité très bien organisée, comportant des habitations, des bâtiments publics, des marchés et un système d’aqueducs très ingénieux.

LES NABATEENS ET LA RELIGION
Les Nabatéens étaient polythéistes, comme la grande majorité des peuples. Ils empruntaient les divinités
des tribus voisines, comme celles des grecs et des romains.
Leur dieu principal, assimilé à Zeus, se nommait Dushârâ (celui qui vient de Shârâ), c'est à dire de la montagne de shârâ qui domine Pétra.
Les Nabatéens divinisaient aussi leurs rois. Pour honorer leurs dieux, ils leur offraient des sacrifices d’animaux, suivis d’un banquet rituel. Plusieurs temples ont été retrouvés
à Pétra. Un des plus gros monuments de Pétra est d’ailleurs un monument cultuel. C’était vraisemblablement un lieu de pèlerinage, bien que sa fonction précise soit incertaine. Les Arabes de la région ont nommé ce gros monument El Deir, le Monastère , en raison de l’utilisation qu’en ont fait les chrétiens  dés l'an 500.

Curieusement, la ville de Pétra n'a jamais été mentionnée dans la bible. Il est possible que les Juifs ne connaissaient pas l'existence de cette citée.
Par contre les Nabatéens sont mentionnés dans l’Ancien Testament. Ils font l’objet de quelques mentions. Par exemple en 169 avjc, les Nabatéens emprisonnèrent Jason, et 3 ans plus tard, ils reçoivent favorablement Judas Maccabée, meneur de la révolte juive contre l’empire Séleucide . Pour la peite histoire :

L’armée de Judas fut attaquée par des Arabes qu'ils nomment Nabatéens , mais l’épisode se solda par un traité de paix et les Nabatéens seront perçus par les juifs comme des amis. Selon l'histoire juive.
Pourtant, les relations ultérieures entre Nabatéens et juifs, seront loin d’être de nature pacifique selon les écrits de Flavius Josèphe, historien juif ayant vécu en l'an 1 apjc.
L’âge d’or de Pétra correspond à l’époque au cours de laquelle a vécu Issâ dit Jésus, au temps du roi nabatéen Arétas IV, qui régna de l’an 9 avjc, jusqu’en l’an 40.
Ce roi fut un grand bâtisseur et un excellent politicien. Il créait des liens diplomatiques avec les souverains des régions voisines, afin de régner dans une atmosphère de bon voisinage. Ainsi avait-il offert sa fille à Hérode Antipas, qui gouvernait la Galilée et qui aurait jugé Issâ favorablement.
Flavius Josèphe indique que Hérode Antipas avait divorcé de la fille d’Arétas IV, afin d' épouser la célèbre Hérodiade, la femme de son frère.
Jean Baptiste avait critiqué les agissements d’Hérode Antipas et son comportement envers Arétas, ce qui lui valût d'être assassiné. Quelques années plus tard, Arétas IV, et Hérode Antipas se livrèrent bataille, afin de régler leurs comptes.
Les Nabatéens qui contrôlaient le territoire (Syrien),jadis, sous protectorat Romain, capturent Paul qui prêchait au nom de Issâ, ce que les Nabatéens n'ont pas apprécié. Paul se serait évadé de sa geôle dans une nasse vers l'an 40.
30 ans plus-tard, les Nabatéens combattront aux côtés des Romains, face à la révolte juive (66-70).

JERASH LA SOMPTUEUSE
Si je n'ai pas été particulièrement séduite par Pétra et Hégra, malgré leurs constructions imposantes, j'ai aimé Jerash pour sa beauté et son gigantisme. 
Les premiers vestiges remontent au II ème siècle avjc, soit la période des Séleucides, les descendants d'Alexandre Le grand, alors maîtres de la Syrie.
Jerash est une immense cité grec, puis Romaine la mieux conservé au monde, pour avoir était enfoui dans les sables pendant des siècles. Jadis cette cité majestueuse se nommait Gérasa pour avoir été construite, selon la légende par les Gérontes, anciens guerriers d' Alexandre.

Soumise un temps à la pression des Nabatéens, puis des Juifs, la cité de  Gerasa sera remaniée et développée grâce à la conquête romaine.
En 63 avjc, vaincue par Pompée, la ville tombe aux mains des Romains et deviendra, avec la Confédération de la Décapole, l'une des dix principales cités de l'empire. Puis, en 106 apjc, l'empereur Trajan crée la Province Romaine d'Arabie et conquiert le royaume nabatéen .
Jerash se développe alors grâce à son commerce et son agriculture méditerranéenne et va connaître son apogée au IIème siècle, sous l'empereur Hadrien qui séjournera à Jerash en 129, entreprendra de nouvelles constructions : comme la porte Sud, l'arc de triomphe ou le temple d'Artémis, et faira de Jerash la deuxième ville de la province.
L'essor du christianisme, à partir du IVème siècle, donne un nouveau visage  à Jerash avec la construction d'églises et la création, au VIème siècle, sous l'empereur Justinien, d'un grand ensemble qui regroupe une cathédrale et des églises à proximité du temple d'Artémis.

Le déclin de Jerash commence avec les invasions Perse et Arabe et  Omeyyades, puis  se poursuit avec les tremblements de terre du VIIIème siècle pour s'achèver au XIIème siècle, à la fin des croisades. Puis les habitants abandonneront peu à peu la ville qui tomba en ruine, et finira ensevelie par les sables et disparue du regard durant des siècles, préservée ainsi des outrages du temps et des vandales.

LE SPECTACLE DE JERASHA Jerash, il faut voir le magnifique spectacle dont le thème change chaque année. En 2008, c'était un fabuleux spectacle caucasien avec des danseurs de grand talent , ainsi que les courses de chars romains qui se déroulent toujours dans le théâtre et les arènes. Et lorsque l'on voit les arabes manier les chars avec dextérité, on ne peut que dire, s'ils ne sont pas plus romain qu'arabe. Et comme le dit si bien un ami Jordanien : nous ne sommes ni Phénicien, ni arabe, ni juif, ni romain ni grec, nous sommes seulement Mésopotamiens ! ", Voilà, une formule qui a l'avantage d'être claire.