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mardi 2 août 2011

LES TURCS VIENNENT DU CAUCASE, CONDUITS PAR ATTILA


L'histoire des Turcs commence dans les steppes d'Asie centrale et du Caucase : des tribus nomades d'éleveurs et de guerriers talentueux  y fondent au VIe siècle le premier Empire Turc, jadis nommé les HUNS.
Les Huns, partis de l'Altaï, au coeur de l'Asie,(au nord-ouest de la Mongolie actuelle), s'en prirent, et avec une violence restée légendaire, à deux grands empires, chinois et romain qui devenaient envahissants, en empiétant sur leur territoire. 
Il est donc, normal que, ni les Romains ni les Chinois n'en donnent une image favorable.
En revanche, l'ambassadeur byzantin Priscus, qui, lui, se rendit en 449, au camp d'Attila, dans l'actuelle Hongrie découvrit un État structuré pas plus sauvage qu'un autre.
On pourrait dire que cette double vision, avec ce qu'elle a de schématique et de réducteur, a duré jusqu'à nos jours, ou presque : aujourd'hui, ils sont perçus comme un  fléau de Dieu, de l'autre ils sont reconnus comme des gestionnaires organisés (méthode et enseignement d'Attila ). 
L'Empire Hun se disloqua, dans les querelles de succession, après la mort d'Attila en 453, laissant la place aux Seldjoukides. 
En 1071, les Seldjoukides battant les armées byzantines à Mentzikert (situé aujourd’hui, aux confins de la Turquie et du Caucase) ont pu pénétrer en Anatolie.
Des Turcs, de différentes tribus et de diverses origines, sont arrivés par vagues successives, au cours des siècles suivant, sur le territoire Arménien.
Ces populations nouvelles ont cohabité avec les autochtones. Ce n’est qu’entre 1915 et 1923 précisément, que les autochtones ont disparu de la Turquie actuelle. Soit ils furent chassés, soit massacrés, comme le génocide scandaleux Arménien, que les Turcs refusent de reconnaitre, pour s'être emparés de l'Anatolie illégalement. La cause, était que les Arméniens étaient chrétiens et n'ont jamais accepter de renier leur religion pour l'Islam. Les Turcs intolérants les ont dénigré, puis accusé de tous les maux puis ont fini par les massacrer en masse. 
Avant l'apparition de l'Islam, les Turcs s’étaient largement mélangés aux populations autochtones. Comme quoi la religion n'a jamais relié les hommes. Elle les divise.
Dès le XIème siècle, de nombreux ''chrétiens'' sans foi et opportunistes, se sont convertis à l’islam, pour échapper aux tracasseries de l’administration byzantine, à la justice et au reste. Aujourd'hui, beaucoup de gens se disent musulmans, sans l'être réellement. On retrouve le même phénomène chez les catholiques qui massacraient tous ceux qui refusaient d'adhérer à leur vision du monde.


Plus tard, quand le pouvoir turc a contrôlé toute la péninsule Anatolienne, la conversion à l’islam était une façon de s’intégrer à la population la plus favorisée et la plus aisée, en payant moins d’impôts, ou de pouvoir accéder à un poste enviable dans l’administration ou dans l’armée,…
Cette stratégie opportuniste a concerné tous les territoires occupés par les Turcs à l’époque de l’empire Ottoman, en particulier les Balkans.
Mais lorsque, les Ottomans ont perdu ces territoires, entre le XIXème et  XXème siècle, des populations musulmanes et turcophones ont été chassées, vers l’actuelle Turquie, sans pour autant être d’origine turc, juste pour avoir adhéré à la loi du plus fort.
Les Turcs d'aujourd'hui, sont un mélange de plusieurs éthnies issue également  des multiples invasions Arabes, Romaines, Byzantine, Grèc, Françaises, Italiennes...


LES TURCS VENUS D'AILLEURS
Les Albanais se sont massivement convertis à l’islam et ont activement collaboré avec le pouvoir ottoman. Il y a aujourd’hui autant d’Albanais en Turquie que dans leur pays d’origine (environ 3 millions ) d’où les liens étroits qui unissent ces deux pays.

Les Turcs de Bulgarie, ont quitté ce pays en plusieurs vagues. La première vague était constituée de plusieurs milliers d'individus au moment de l’indépendance de la Bulgarie en1877.
Entre 1950 et 1968 ce sont quelques 300 000 ''Turcs'' qui sont transférés en Turquie avec l’accord des deux gouvernements Turko-Bulgare.
Entre 1989 et 1992, ils sont encore 300 000 à fuir la politique nationaliste du gouvernement bulgare. La moitié des migrants de la dernière vague a aujourd’hui, regagné la Bulgarie ou émigré plus à l’Ouest, mais la communauté turc originaire de Bulgarie, est néanmoins très importante.

On peut aussi citer les nombreux musulmans bosniaques installés en Turquie, depuis 100 ans
Les Turcs venus de Macédoine,
Les 650 000 Turcs de Grèce chassés en 1923,
Les 120 000 Turcs de Yougoslavie arrivés en 1945, des Valachophones de Thessalie, les dizaines de milliers de Grecs musulmans de Crète chassés vers la Turquie…
La Turquie, au cours des XVIIIe et XIXe siècle, a aussi accueilli des Tatars de Crimée (environs un million entre 1783 et 1914), des musulmans du Caucase par centaines de milliers : mais aussi des milliers de Circassiens et Tcherkesses fuyant la Russie dans les années 1859-1864 ainsi  1,5 million de Tchétchènes, plus nombreux aujourd’hui, en Turquie qu’en république de Tchétchénie… On a même vu arriver des Turcs du Xinjiang (Chine), installés en Anatolie, par le gouvernement turc dans les années 1950.


LES DERNIERS VRAIS TURCS
Les seuls à prétendre descendre directement des tribus turques arrivées en Anatolie, au moyen âge sont les 300 000 Yürük, littéralement "ceux qui marchent", ces nomades  parcourent toujours les routes de Turquie. On peut aussi ajouter les Turkmènes du Turkistan…

La Turquie d’aujourd’hui, est un pot-pourri d'hommes,   turcophones originaires de régions qui furent occupées par les Ottomans… Auxquels il faut ajouter ce qui reste des populations autochtones : soit 60000 Arméniens, 4000 Grecs, quelques Arabes et bien sûr, 12 millions de Kurdes, dont aimerait bien se débarrasser le gouvernement minoritaire, dont une partie vivant à l’ouest, s’est fondue dans le creuset turc.

La Turquie est une mosaïque de peuples, l’écrivain Yachar Kemal en compte plus de 30 peuples.
Déjà au XIXe siècle, un courant "ottomaniste" voulait fondre toutes ces populations en une citoyenneté unique.
Il faudra attendre les années 1920-1930 et le pouvoir de Mustapha Kemal (Atatürk) pour y parvenir en partie.
Mais cette nation turc n’a pu se construire, qu’après la soustraction des minorités chrétiennes Arméniens, Grecs et Juives, et l’oubli des populations dit "Turcs des montagnes", sont des Kurdes qui ont refusé de s'intégrer, pour protéger  leur identité et leurs valeurs millénaires, dans cette nation turque qu’Atatürk et ses successeurs, voulaient moderne et laïque en éliminant, bien évidemment les mauvais élèves comme les Chrétiens et les Juifs qui refusaient de se convertir à l'Islam. Un état démocratique et musulman.

UN TRAUMATISME MARQUE
La république mise en place par Atatürk est encore marquée par le traumatisme de l’empire Ottoman, massacre suite à la révolte des populations, dominées par les Turcs ,mais aussi, par le massacre des Arméniens qu'il leur est interdit de dénoncer, sous peine de mort.
L’idée subsiste toujours,au sommet de l’État parano, que si l’on donne trop de liberté aux minorités, elles finiront par se retourner contre l’État et par reprendre son térritoire et ses droits, d’où la politique de répression actuelle, de la seule minorité importante qui tient bon et  qui ose affirmer son identité : les Kurdes, bien décidés de pas se laisser faire, comme les Arméniens tolérants qui furent pris de vitesse et par surprise.

QUI HABITAIT JADIS L'ACTUELLE TURKIE
Les Arméniens, le peuple chrétien, le plus ancien du monde, que les Turcs ont chassé, déportés et massacrés, par crainte de se voir dépossédés des biens mal acquis, ainsi que les Kurdes peuple millénaire, qui réclame son indépendance. Mais le gouvernement Turc s'y refuse pour une question, géopolitique. Les Kurdes sont venus jadis, de la Mésopotamie et en particulier de la Perse.



MAIS D'OU, VIENT LA LANGUE
Le Turc appartient à la famille des langues "ouralo-altaïques", tout comme le Japonais et le Hongrois.
Elle est apparentée au Mongol et se trouve être, de fait, une langue asiatique. Elle s’est enrichie de mots Perses et Arabes au fil des événements historiques, des invasions et des mouvements des populations.
Depuis 1928, le Turc s'écrit à l'aide de l'alphabet latin. Cette réforme est due à l'initiative de Mustafa Kemal, qui a voulu l’occidentaliser, ce qui démontre leur attirance pour l’Europe.

UNE LANGUE CONSTRUITE EN TROIS MOIS
Au delà de l’alphabet, c’est toute la langue qui a été refondue. L'empire ottoman comportait 5 langues officielles. Coexistaient notamment dans l'empire Juifs venus d’Espagne, Grecs orthodoxes, Perses, Arabes, Levantins d’origine Française et Italienne, et bien sûr Turcs d’Asie Centrale.
C’est de ce peuple éclectique qu’Atatürk a voulu faire une nation, et pour fédérer ses citoyens, il a fallu réinventer une langue unique et homogène.
Le changement a été décrété en 3 mois, mais la population a mis du temps pour s’habituer à la langue nouvelle d’Atatürk. C’est ainsi que les mots arabes furent balayés de leur vocabulaire au profit de mots turcs et de 5000 mots Français qui composent cette nouvelle langue ''Franco-Turc''. Aujourd’hui, 60 millions de personnes parlent cette langue Turc. Mais en fait, 120 millions d'êtres humains le parlent dans les Balkans, l'Asie Mineure, au nord de l'Iran, toute l'Asie centrale ex-soviétique, la Sibérie et le nord-est de la Chine. Le turc est au 11ème rang mondial, des langues les plus parlées dans le monde.