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mardi 21 juin 2011

L'HISTOIRE DU SAFRAN ET SES BIENFAITS



Le safran se conserve très bien, pendant des années, au sec et à l'abri de la lumière. Le safran possède de nombreuses vertus; elles sont gastronomiques pharmaceutiques, et cosmétiques. Le safran est une des épices les plus passionnantes  en terme  d'applications dans de nombreux domaines. Depuis des siècles, on  l'utilise antispasmodique, antidépresseur. Et ça, marche, j'ai toujours, le sourire !!!
Dans chacun de ces secteurs, le safran excelle particulièrement lorsque sa qualité est élevée.


LE SAFRAN ÉTAIT UTILISE EN IRAKDes pigments de safran ont été retrouvés dans les peintures préhistoriques servant au dessin d'animaux sauvages dans de l'art rupestre, âgé de 50 000 ans découvert en Irak. Ils se servaient de fleurs sauvages.
Tous les safrans du monde partagent le même patrimoine génétique, et sont issus d’un bulbe originaire de Crête et non de Mongolie, du cachemire, où d'ailleurs.
Et cela fut , dernièrement, prouvé scientifiquement, par des biologistes qui se posaient la question.



LE SAFRAN CHEZ LES MINOENS
Les premières cultures médicinales du safran  grec  remontent  à l'âge du Bronze.
Une récolte de safran est présente sur une des fresques de la Crête Minoenne au palais de knossos.
En particulier à Santorin ( grec ancien Théra). Certaines fresques  ont 3700 ans, et d'autres sont plus anciennes et auraient entre 4000 et 5000 ans,étant donné l'état des peintures la datation est plus difficile. 
Elles représentent une déesse grec, supervisant la cueillette de fleurs et la sélection de stigmates utilisés dans la fabrication des médicaments.
Une fresque au même endroit représente également une femme utilisant du safran pour soigner son pied en sang. Ces fresques de Théra sont les premières représentations picturales exactes d'un point de vue botanique de l'utilisation du safran, en tant que plante médicinale.
Les  cultures minoennes de safran  ont été  détruites par un terrible tremblement de terre et une éruption volcanique , Il y a 3645 ans. Les cendres volcaniques ensevelirent les fresques du safran, permettant leur conservation.
Les Minoens, furent les premiers à développer la culture du safran. Ils  ont approfondi leurs connaissances. Plus tard, chaque peuple les enrichira, par ses découvertes




LE SAFRAN A FAIT LE TOUR DU MONDE
Les Phéniciens étaient des marins nomades en quête d'une terre. Lors d'un séjour, ils emporteront de Crête des bulbes qu'ils plantèrent en terre cananéenne, après avoir combattu et perdu face aux Égyptiens. Ils s'installèrent, selon les lois Égyptiennes  sur les terres, qui deviendront la  Palestine, où, ils développèrent la culture du safran et en firent commerce.
Le safran fut très apprécié des Egyptiens qui l'adoptèrent complètement au fil des ans.
Il fut rependu en Assyrie .Le safran fut pour la première fois, répertorié comme plante médicinale, par les Assyriens, il y a 2300 ans, rédigée sous  Assurbanipal.
La documentation rassemblée, sur l'utilisation du safran (s'étend sur plus de 4000 ans d'étude) dans le traitement de quelques 90 maladies découvertes.

Il fut exporté en Perse, en Inde, au Cachemire, Népal et au Pakistan, et en Chine...Certainement, par les Phéniciens, grands marins et commerçants et peut-être par les Égyptiens qui commerçaient également, avec l'Asie orientale. 

Les Phéniciens n'exportèrent également en Tunisie, puis il s'est rependu en Algérie et au  Maroc. Mais les Berbères qui vivaient à l'époque également, aux portes de l'Egypte, aujourd'hui, la Libye, n'ont pas attendu l'arrivée des Phéniciens en Tunisie, pour découvrir, le safran.
Les Maures, ou berbères l'importèrent en  Espagne.Puis ils le ramenèrent dans le sud de la France ou, la culture s'était éteinte après les romains, et enfin, le reste de l'Europe.


UNE VIEILLE LÉGENDE INDIENNE
Deux maîtres soufis Orientaux et nomades, Khwaja Masood Wali et Hazrat Sheikh Sharifuddin, qui voyageaient à travers le Cachemire :  malades, ils quémandèrent des soins auprès du chef d'une tribu locale, qui les remis sur pieds.
En remerciement et récompense pour l'aide de ce chef, ils lui ont  offert des bulbes de fleurs de safran. Depuis ce jour, on adresse à ces deux saints des prières reconnaissantes lors de la saison de récolte du safran à la fin de l'automne. Une chapelle et un tombeau en or leur sont consacrés à Pampore, village indien célèbre pour ses champs de safran.

En Chine et en Inde, le safran a traditionnellement été utilisé comme plante tinctoriale. La couleur safran (jaune orangé) a été synonyme de spiritualité, de richesse, de noblesse, conférant une connotation hiérarchique et rituelle aux vêtements. (Moines hindous bouddhistes, robes de mariées de Tyr et Sidon).



LES SUMÉRIENS ET LE SAFRAN SAUVAGE
Les Sumériens ne cultivaient pas le safran, ils préféraient le récolter sur des fleurs sauvages, considérant que seule l'intervention divine octroyait les propriétés médicinales du safran. De tels témoignages corroborent le fait que le safran est un produit qui a été en usage, bien avant que sa culture débute, dans les palais minoens de Crête


LE SAFRAN A BABYLONE
On le retrouvera, le safran à  Babylone, où l'on rendait un culte spécial au safran. Il symbolisait la pureté Dans la nuit où commençait la floraison, une procession emmenait une jeune vierge cueillir la première fleur sortie de terre, sous la conduite des grands prêtres.
Les prêtres assyriens de Ninive interprétaient les dessins colorés, composés par les stigmates du safran flottant à la surface de l’eau.Ils parvenaient ainsi à lire l’avenir..
Le safran est également loué depuis 3000 ans dans les textes Hébreux, pour son parfum suave : vieux souvenirs Sumériens, pour y avoir vécu.
Tu as la fraîcheur d'un verger de paradis planté de grenadiers, aux fruits exquis. S'y croisent les parfums de henné , du nard et du safran, du laurier et de la cannelle avec ceux de tous les bois odorants.
Cantique des Cantiques




LE SAFRAN EN EGYPTE
En Egypte, il est mentionné dans un papyrus médical,dit d’Ebers (plus ancien Traité Médical) dans lequel il possède son propre hiéroglyphe.

Cléopâtre utilisait le safran pour préserver la beauté de sa peau, mais également pour fabriquer la première véritable eau de toilette, le Kyphi.
La bandelette des momies étaient teintes au safran. Pour les Orientaux, le safran est un aphrodisiaque qui aide également à lutter contre les états dépressifs. Le khol contient du safran afin de se protéger des infections oculaires, souvent provoquées par le sable.



LES PHÉNICIENS ET LE SAFRAN
Les Phéniciens en feront commerce, et le transportèrent également en Afrique du Nord, où ils avaient des comptoirs en Tunisie. Il fut ensuite dés le IX ème siècle,  adopté par les Berbères Marocains et les berbères Algériens ou Kabyle qui le reprendront au Maroc, puis en Espagne. Il le ramenèrent  dans le Sud de la France, puis dans le reste de l' Europe.


LES GRECS ET LES ROMAINSLes Grecs et les Romains apprécient le safran pour son usage, en tant que parfum et déodorant. Ils le répandent dans les espaces publics tels que des halls et cours royaux ou les des amphithéâtres. Quand l'empereur Néron est entré dans Rome, on a répandu du safran dans les rues, les riches Romains prennent tous les jours des bains de safran. Ils emploient le safran comme mascara, mélangent des fils de safran dans leurs vins, l'éparpillent dans les halls et les rues en pot-pourri, et l'offrent à leurs dieux. Les Romains y voyaient le symbole de la joie spirituelle née de l’ascèse et du renoncement ; il le brûlaient comme de l’encens lors des cérémonies religieuses, et pour purifier les lieux sacrés et les temples.

Les colons romains ont emporté du safran avec eux lorsqu'ils s'établirent dans le sud de la Gaule. Il y fut cultivé de manière intensive jusqu'aux invasions barbares de 271 avNE.
Le retour du safran en France, est lié à  l'arrivée des Maures au VIII ème siècle. Les Romains y voyaient le symbole de la joie spirituelle née du renoncement et de l’ascèse. Ils le brûlaient comme de l’encens, lors de leurs cérémonies religieuses. Les Romains utilisaient le safran, lors de leurs fameux banquets, pour atténuer les effets de l’alcool, et pour amener les convives à davantage de joie et de sensualité.


En Grèce : c’est Krokos, l’ami d’Hermès, qui a donné son nom au Crocus. Il jouait avec lui à lancer le disque, et fut frappé mortellement au front. Le sang qui s’écoulait de sa blessure entra dans la terre, et la féconda. A cette place même, plus tard, sortit la première fleur bleu violet dont les trois stigmates rouge symbolisent désormais pour les Grecs la résurrection et la puissance vitale. Le nom même de Krokos est associé à la racine grecque qui veut dire « filaments ». Il a donné son nom au curcuma, un autre crocus souvent utilisé comme faux safran.
En Grèce, les voiles des jeunes mariées sont teints en jaune safran, couleur qui symbolise la beauté et la volupté.

Une légende raconte qu'Alexandre le Grand fut arrêté par cette humble fleur. Alors que son armée se trouvait sur les plateaux du Cachemire, il planta son camp dans une grande prairie verte… qui se trouvait être une safranière. Entouré de fleurs écloses dans la nuit, au petit matin, il crut à un sortilège, un signe des Dieux, et tourna bride.





LE SAFRAN, OBJET DE TOUTES LES CONVOITISES
Depuis l’antiquité, les différentes propriétés du safran ont été évoquées par Salomon, Homère, Pline l’ancien, mais également Virgile, Quinte Curce et Avicenne.Au XII ème siècle les Croisés en ramenaient d'Orient. Au moyen âge, les moines enluminaient avec de l’encre composée d’or et de safran dilué. Les auréoles des saints étaient éclairées de cette manière.

A partir du XIII ème siècle, le safran est cultivé partout en Europe (Espagne, Allemagne, Autriche, Angleterre, Suède, Suisse). 
Le commerce du safran au XIVème siècle est le sujet de toutes les convoitises, piratages des bateaux de commerce, et vols massifs chez les producteurs et revendeurs. 
Les pirates sillonnant les eaux méditerranéennes, délaissant les chargements d'or, pour leur préférer le safran Vénitien et Gênois, très recherchés, en route pour l'Europe.Du XV au XVII ème siècle, le safran est répertorié comme une production importante, obligeant les autorités à constituer un cadre légal à son exploitation.
La révolution du XVIII ème siècle a mis un terme à la culture du safran en France. Les autres grands pays producteurs ont également délaissé peu à peu, cette culture au fil des siècles, à cause des guerres, de la peste noire, des pillages,... malgré une demande constante de la part des consommateurs et ce au niveau mondial.


LE SAFRAN EN AMÉRIQUE DU NORDLe safran arrive aux USA avec les milliers d'Alsaciens, d'Allemands, de Suisses Anapaptistes, et autres qui ont fui les persécutions religieuses en Europe. Ils se sont installés pour la plupart en Pennsylvanie. Vers 1730, ces colons, cultiveront le safran dont les bulbes ont traversé l'Atlantique pour la première fois dans les malles de chrétiens allemands 



LE SAFRAN AU MAROC : L'OR D'ORIENTContrairement à de nombreux pays, les Berbères n'ont jamais abandonné la culture depuis 2000 ans.
Mais sa qualité est indiscutable, pour être toujours, cultivé et récolté à l'ancienne.Les fleurs de safran sont cultivées avec soin et les cultures se transmettent de génération en génération. Le Safran d'Askaoune qui affiche un taux de crocine de 246 est certainement la composante essentielle la plus précieuse dans de nombreux domaines d'application très diversifiés




LE SAFRAN D'ASKOUANE
C'est  l'un des meilleurs safrans du monde; Il est 100% pur et millésimé. Produit au Maroc dans la région du Siroua, ce safran est une des épices les plus précieuses. Fruit d'une tradition ancestrale et de conditions de culture particulières à ce village berbère, la production totale du"Crocus Sativus", dont les trois stigmates sont séchés pour donner le Safran d'Askaoune, ne génère chaque année que 45 kilos de cette épice exceptionnelle
Les proses de culture et de production sont entièrement manuels; ils sont accomplis par des hommes et des femmes empreints d'amour pour cette plante.
Il faut compter 20€ les 5grs, autant dire qu'il ne faut pas louper son plat !

Au Maroc sa culture gagne l’intérieur du pays, et les montagnes du Sirwa.
Aujourd'hui, il occupe des petites parcelles à Debdou et à Tilouine village montagnard de l'atlas à 1200 m d'altitude relié au reste du monde par le col du Tisintest, la vallée de l'Ourika l'acceuille depuis peu mais avec bonheur.
Ce petit crocus d'automne dont les stigmates fournissent le safran a traversé les siècles grâce à ses vertus médicinales et à sa saveur exquise.


LE SAFRAN EN TEINTURE MURALE
Le safran présente de grandes qualités tinctoriales. Sa couleur jaune orangé est d'une telle intensité qu'elle a inspiré de nombreux usages...
Au Maroc, comme au temps préhistorique, le safran a été utilisé comme une teinte naturelle pour peindre les plafonds des casbahs et autre palais du sud marocain. La bonne tenue du jaune obtenu, permet d’admirer de nos jours, ces ouvrages somptueux, réalisés il y a plusieurs siècles.



LE THÉ AU SAFRANOn boit ce thé dans le sud du Maroc. Il suffit de remplacer les feuilles de menthe par du safran : c'est un vrai délice !!